CHANT SI-PTIKMH. .{HT
a point là de pla<'e jxtiir un combat. Il n'\ a en réalité, roninie le dit ()f]di|)e, (pi^nn choit passacjc.
Dans un chemin étroit je Icouvai deux guerriers Sur un char éclatant que traînaient deux coursiers. 11 fallut disputer, dans cet étroit passage. Des vains honneurs du p;is le frivole avantage.
f/ini des chemins , (|ni suit un torrent profond, \ient de Corinthe, l'autre vient de Delphes, le troisième de Daulis et de Thèhes. C/est par ce dernier chemin , (jui suit aussi le bord d"nn torrent, que Lains arrivait ([uand Œdipe, qui venait de Delphes, le rencontra. Le tond)eaii de Laïus fut élevé au lieu même. Il v a des ijeiis qui prétendent en retrouver sous les broussailles ([uehpies pierres dispersées. Ce lieu est solitaire et sauvaire, et convient mer\eilleusomenl a l'action.
XOTL 80, PAGL 151.
Fontana. Vailotzi, Kiégna sont prêts à naître. Karpenitzé conçoit tui trépas inunorfel.
Au combat de Valtetzi , cinci mille Tiuks, que connnandait le Kiaia-bev, furent \aincus |)ar les (Irecs, et par Colocotroni et Apnanostara. C'était la première fois ([ue les Grecs et les Turks se trou\ aient en prt'sence. La destinée de la Grèce dépendait |)eut-ètre (le cette première journée. Le villaire de Valtet/i est peu distant de rri|)oiitza.
La victoire de Fontana , renq)ortée sur l'armée turque de l-arisse, n'a pas eu moins dimportance par son résultat inoi-al , et en a eu da\aulaii(' |>ar ses ri'sultats militaiies. (■duras s'v est illustré.
388 NOTKS Dr POEMK I)K LA (iRECE.
Klégiia est le nom de la plaine sur laquelle débouche, du côté de Corinthe , ce défilé fameux qui sépare la Corinthie de l'Argolide, et au fond duquel trente mille Turks, commandés par huit pachas et le \isir de ]\(orée , Dramali , ont été défaits et exterminés dans leur reti^aite par les Grecs , embusqués sur toutes les hauteurs. Cest là que Nikitas, neveu de Colocotroni, a gagné son surnom de Tuikophage. (Voyez les Mémoires sur la Grèce, par ^laxime Raybaud. )
Quant à Karpenitzé , il n'y a pas de heu de la Grèce antique qui rappelle un plus héroïque souvenir : on sait que c'est là qu'est tombé 3Iarc Botzaris. Cette mort , aussi belle que la mort de Léonidas , ne sera point oubliée dans la suite de ces chants.
Le tombeau de Marc Botzaris est à Missoloughi auprès de ceux qu'on y a élevés à Kiriacouli, à Normann, et à lord Byron.
Vieux Colocotroni, beau Mavro-.Michalisl
« Le sort n'accorda point à ces noms de la veille a De ceux des anciens temps la sonore douceur. « Qu'importe?... 11 est toujours assez doux à l'oreille « Le nom qui fait battre le cœur ! »
(M"" Amable Tastu.)
Avant que la cloche chrétienne Ait fait taire, le soir, le chant des minarets.
Au premier abord , il pourra sembler aux lecteurs in-
struits des usages de l'Orient , que ces vers manquent d'exactitude : car l'ézan appel à la prière} ne se fait pas seulement entendre le soir, mais cinq l'ois par jour : avant Taulie, a midi, ail coucher du soleil, deux heures avant, et deux heures après. Le muezzin est même ainsi comme une horloge vivante , une espèce de ivatch-mun ; et c'est sou appel qui établit en quelque sorte pour les Turks la division du temps. Je crois toutefois que les vers qui fout l'objet de cette note sont plus vrais que s"ils étaient plus exacts. C'est moins un fait qu'ils reproduisent qu'une impression qu'ils veulent rendre. La plupart du temps, a moins qu'on ne soit un dévot sectateur du prophète , les occupations et les bruits du jom* empêchent de faire attention a la voix du nuiezzin ; juais le soir, lorsque la journée est liuie, et que les bruits de la ville ont cessé , cette voLx qui s'élève seule au milieu du silence attire inN inciblemeut l'oreiUe. Pour moi je n'ai jamais entendu l'ézan que le soir. 11 est difficile de l'entendre sans émotion , quand l'atmosphère est pure , et que la voix du muezzùi est belle. Lorsque j'avais le bonheur d'habiter Athènes, l'appel a la prière du soir était un de mes plaisirs. Quelquefois il me surprenait dans la campagne , j'écoutais son avertissement , et je hâtais le pas vers la ville, afin d*y rentrer avant l'heure où le guet turk bàtonnc ceux qu'il rencontre dans les rues sans lanterne.
Presque tous les soirs, à Athènes, durant mon séjour, quand le muezzin avait quitté la galerie du minaret , un derviche y paraissait et venait y donuer une parodie • ou entendait sa forte voix retentir alors dans toute la ville; il disait chaque soir la même chose : «Donnez-moi du riz, « donnez-moi des loubiers, donnez-moi une robe, donnez-
(f moi des femiues, etc. » La litanie était longue; ce derviche était un fou, comme ils le sont tous ^ , ou du moins feignent de Tètre. La folie semble au\ musulmans venir d'une source sacrée ; les derviches ne négligent pas ce moyen de puissance et d'impunité , il leur est permis de tout dire et de tout l'aire : plus ils sont singuliers et bizarres , et font d'extravagances, plus ils sont en vénération.
C'est ainsi qu'on a pu \oh' un liomjne de cette sorte entrer chez .\li-pacha , passer, sans être arrêté , au miheu de ses gardes , pénétrer jusqu'à lui, aller s'asseoir à ses côtés sur son divan, et lui dire, à l'aide de sa prétendue fohe, des vérités qu'aucun homme ne lui eût fait entendre impimément. Le terrible \isir qui donnait des hommes à dévorer à son tigre gardait le silence , et laissait sortir sans représailles celui qui venait de l'accabler d'outrages , et de lui prédire une fin inallieui-euse.
>'OTi: 8'.), PAGE ir)i.
Où Fabvier, un Kranrais . prêt à iiioiirir pour eux.
Je personnifie ici en quelque sorte, sous un seul nom , ces généreux officiers français qui les premiers ont été prètei* a la Grèce le secours de leur com'age et de leiu- ex])érience, bien avant que l'insurrection grecque se consolidât en révolution , et prit une consistance européenne.
Le colonel i'ab\ier, si digue de les représenter, occupera
{') Il y a d'autres derviches soumis à une règle, et habitant des couvents. 11 est ici ([ueslion seulement des derviches errants , qui sont en Purquie ce que les faquirs sont dans l'Inde.
CHANT SKPTIKMK. 391
sans doute une des plus honorables places dans l'histoire de la ré<;énération de la (irèce. Parmi les défenseurs de l'indépendance helléniffue, il en est peu qui aient droit de nous intéresser davantatic, et qui méritent des Grecs plus de reconnaissance que lui , ([uel qu'ait été le résultat de ses efforts.
Il n'est personne en France qui ne rende justice à son beau dévouement pour une cause lonsitemps malheureuse et abandonnée. On ne saurait trop admirer cette singulière constance qu'il a déployée a\ec tant d'abnégation de luimême pendant quatre années si difficiles , cette persévérance opiniâtre qu'il a mise à vouloir donner aux Grecs , presqu'en dépit d'eux-mêmes , une armée disciphnée et régulière, sans moyens matériels, et malgré tous les obstacles que lui suscitaient sans cesse , de la part des chefs grecs , les défiances, les jalousies, les préjugés, les intérêts.
On n'oubliera pas le dernier siège d'Athènes et la conduite tout héroïque qu'il y a tenue. La France a reconnu là un des siens.
La pione encore, autour de son antique place. Fait palpiter le cœur de l'étranger qui passe.
Le lion de Chéronée est un lion ciMiché. 11 était formé de plusieurs vastes pierres , maintenant disjointes , mais qui sont encore là tout entières et dans toute leur forme primitive : ce serait chose facile de les replacer : les (irecs y auront peut-être songé. Ce trophée, élevé par les Thébains a leurs morts, était reste oublie sous la lerrc jusqu'à ces der-
niers temps. Ce n'est qu'en 1818 qu'il a été exhumé , et c'est à Odvssée, alors commandant en Livadie, qu'est due cette découverte. Il avait entendu dire qu'il y avait à cet endroit un trésor caché, et il occupa ses pallikars à y faire des fouilles. La destinée l'employait à son insu à ramener au jour ces débris ensevelis de la gloire antique de la Grèce.
Cette noble ruine est au miheu de la plaine On voit de là sur la montagne des restes de la ^ille antique, et entre auti'es les gradins d'un curieux théâtre , encore entiers et taillés dans le roc. De (ïhéronée, et mieux encore de la plaine de Panope qui en est voisine, on aperçoit le Parnasse, dont la cime se montre toute l'année couverte de neige.
C'est dans quelque coin de cette plaine que Proraéthée a pris le limon dont il a pétri son homme : les cailloux du torrent de Panope ont même encore l'odeur de chair humaine , Pausanias le dit ; et Ton ne manque point , en passant là , d'en faire l'épreuve. L'antiquité est une vénérable vieille dont on aime à faire semblant de croire un peu les contes. En Grèce , de même que les enfants , qui se créent en animant les moindres objets des illusions si faciles, on joue a croire.
NOTES
Chios nous demeure infidèle; Mais l'absence d'une hirondelle Ne fait pas manquer le printemps.
Vers qui rappellent un proverbe grec. — L'amiral Tonibasis, en quittant H\dra avec la flotte, se présenta devant Chios pour l'engager à se réunir aux autres îles : ses efforts furent impuissants.
NOTE 9-2, PAGE IGO.
Hydre n'a point de champs , mais elle a des vaisseaux. Ses laboureurs sont sur les eaox.
Pris d'une ancieiuie clianson h vdriote. La chanson ajoute : A \ec ses vaisseaux , Hvdia moissonne en Égvpte, et \endange en Grèce.
NOTE 9:i, pa(;e UÎI.
Suivez tous la croix tricolore.
Vovcz an sixii'iiic cliaiit la iiolc Ci.
39i NUTES DL POÈME DE LA GRÈCE.
Mon beau Thémistocle , est-ce toi Qui d'Hydra sur ces mers conduis la ûolte immense V
Voyez au premier chant la note 7.
C'est lui , j"ai reconnu la hauteur de ses mâts , Où la nuit dormait l'aigle au milieu des étoiles.
En mer, les oiseaux qui se trouvent, à l'arrivée de la nuit, trop éloignés des terres , se reposent souvent sur les mâts des vaisseaux qu'ils rencontrent. Un soii", sur le Thémistocle, pendant que nous soupions, nous entendîmes un grand bruit d'ailes au-dessus des barreaux qui laissent descendra le jour dans la chambre de poupe ; c'était le bruit d'uii aigle que les matelots venaient de prendre; ils nous l'apportèrent. Cet aigle était fort beau. Le pauvre oiseau, fatigué de son vol au milieu de la Méditerranée , était venu , à la nuit , se reposer sur un de nos mâts, et dormir au sommet de l'arbre dépouillé pour continuer avec le jour son voyage.
Ses vergues, ses hunieis. ses étages de voiles. Qui sur le bleu du ciel imitaient les frimas.
Les voiles, dans tout l'archipel, sont en coton, et paraissent au soleil hlaiiches ccmime la neige.
CHANT HUITIÈMK. 39r,
NOTE 97, PAC.i: U)l.
Arnié du cas(^ue antique ou la croix éliiu*ell(v
Les chefs de la iiiariiie gi'e('(|iie [joileiit le casque antique surmonté d'une croix.
>OTK 98, PAGE \{\:\.
Tombasis a vers nous fait voguer son \ole. Salut, ma Néréide....
La yole est un petit canot fort léger, le plus petit d'un \ aisseau, et (|ui va à voile et à rames. La Néréide est, ainsi (pfil a été dit , le nom que portait la yole de Tomi)asis.
NOTK 99, PACE Kii.
Ces canons (jui, muets, se contentaient aloi's De parer les rouges sabords , Et de porter des noms d'étoiles.
Voyez au preniier chant la lin de la note 1 .
La danse romaïque et le luth ont cessé, Et vos jeux, matelots, qui, si pleins décourage, Des vergues à la mer aimiez à vous plonger, Et ceux du jeune entanl....
Quand arrivait Theure où la chaleur est moins grande, cl où la fraiclieur ramène dans un vaisseau «rec le mouvement
et la gaieté, lorsque la mer était tranquille, que le vent soufflait bien, qu'enfin les matelots du Thémistoele n'avaient rien à faire , le spectacle des travaux de leur récréation , de leurs amusements , de leurs danses si vives , de leurs hardis plongeons du haut des vergues dans la mer, était aussi varié que pittoresque.
Les matelots grecs sont en général fort animés et fort gais, excepté toutefois pendant leurs repas, car alors ils deviennent tout à coup amusants de gravité. Dès qu'ils sont assis par groupes et les jambes croisées autour de la planche sur laquelle on place la terrine de riz, de viande ou de poisson salé , alors ils rentrent dans le silence , ils prennent du sérieux, et ils baissent avec respect les yeux sur le verre en buvant, comme s'ils remphssaient une fonction sainte.
On voit de l'horizon un navire descendre Qui porte autour du màt son pavillon roulé.
C'est ce qu'on appelle porter le pavillon en berne , signal de malheur. La nouvelle de la mort du patriarche Grégoire fut apportée eu effet par un bâtiment d'Hydra ou de Spetzia à la flotte grecque, qui était alors devant Tiie de Tine.
A tant d'atrocité Les Turkri jamais encor n'avaient prcMé d'exemple.
Les Turks prétendent que si. Les diplomates de Péra avaient représenh' à la Sublime Poile (juc le meurtre du pa-
CHANT liriTIEMK. 397
triarehe Grégoire était iiue chose inouïe et sans antécédents. La Suhlime Porte a répondu an baron de Strogonoff qu'il y avait des antécédents, et qu'au temps de Louis XIV, sous le règne de Mahomet iV, un i)atiiarche avait été puhhquement pendu : alors on n'a plus rien eu à dire.
Les ministres de toutes les puissances, la Russie exceptée, reconnurent et avouèrent que la Porte avait eu raison d'agir (le la sorte; le grand \isir l'assure officiellement au comte de Nesselrode. Quant au ministre de Russie, M. de Strogonoff, il se faisait un, système de ne se convaincre /'arnais de rien; il ne» voulait pas comprendre que la Porte avait le droit d'user de toute sa colère et d'extertniner généralement toute la nation grecque qui se tiouvait sous les griffes de sa puissance.
Le grand visir prétend au reste, dans la même noie olficieUe, que la Russie, en lui écrivant qu'«7 était sans exemple qu^un patriarche d'Orient eût subi un affreux supplice, oubliait sa propre histoire, et qu'en 1715 le czar Pierre fit mettre à mort le ])atriarche de Russie, et supprima même le patriarcat ; de sorte que la Porte n'aurait fait qu'imiter son amie intime et sa voisine.
Le jour où l'on chantait le Christ ressuscité.
C'est le jour de Pâques que, sous le vain prétexte d'avoir laissé échapper la princesse Mourousi , confiée à sa garde , et comme suspect d'être en secret complice de l'émancipation des Grecs , le patriarche Giégoire fut saisi au sortir de la métropole, et pendu, la couronne en tète, devant son église même.
39H NOTES DU POK-MK DE LA (iRÈCE.
Je suis ici la version des histoires publiées en Vrance. D'autres disent qu'il fut déposé et remplacé par le métropolite Euirène , avant ([ue d'être envové au supplice. Le srand visir se porta sm* le lieu même de l'exécution , et a été vu tranquillement assis et fumant sa ]iipe devant le cadavre. C'était ce Jîenderli- Ali-pacha qui ne ^rarda les sceaux que huit jours, et qui, arrivé au pouvoir la veille de Pâques, était déjà renversé le dimanche suivant parle favori Rhalet, destiné lui-même à tomber bientôt à son tour.
Le patriarche Grégoire était Arcadien comme l'archevêque Germanos, et né à Ralavrita. Klevé au trône de l'EgU^e orientale sous Sélim III, son amour pour les lettres, et ses réformes dans le synode , le firent accuser, à l'époque de notre expédition en Egypte, d'être favorable aux Frauks; et il fut alors déposé et envoyé en exil dans un couvent de Alonte-Santo, l'ancien Athos. Là il se mit à apprendre la typograpliie; et, aju'ès sa restauration, il s'occupa a Constantinople de l'impression des évangiles, ce qui le fit accuser de favoriser /es idées révolutioniHiircs. Déposé de nouveau connue partisan des Uusses , il fut , à l'avènement du sultan actuel, rappelé encore au trône de son église, pour y mourir enfin niartu' , a l'âge de quatre-vingtquatre ans.
Son cor|)s. livré aux .Init's et aux Bohémiens, et jeté dans le Bosphore, a été retronxé par Us Grecs et trans])orté en secret à Odessa, où ou l'a enseveli avec les plus grands bonneiu's par l'ordre de l'empereur Alexandre.
CHANT iirrriKMi;. :{<)o
INOTI-: lO'i, PACK KM). \.c sultan dont Khnlet envenime la rage.
Khalet, ou Halet-Effendi, alois favori du sultan Mahmoud. Cet homme adroit a eu une grande iufluenee dans les affaires de la Porte , depuis la déposition de Sélim ÏIl , dont il avait été en 1800 l'amhassadeur près Napoléon : il passe pour avoir été le plus violent instiijateur de revteruiiiiation du peuple ;[,'rec. 11 n'en était pas moins Tohjet de la haine des janissaires et du peuple turk , qui l'a fait enfin tomher. Lorsque j'étais à Constantinople , j ai pu être témoin de cette haine f(ue le peuple exhalait à tout propos contre le favori. En passant sur le Bosphore , devant sa maison , voisine du palais d'été du sultan, j'ai entendu plus d'une fois les rameurs mêmes qui nous conduisaient lui lancer leurs malédictions.
Le peuple turk exprime souvent son mécontentement avec plus d'énergjie qu'on ne se l'imaj^ine ici , et ce n'est pas longtemps en vain. Les sultans ont le hon esprit de sacrifier hien vite les ministres dont on ne veut décidémeut pas, et on les pend quand cela peut faire plaisir au peuple; témoin ce Khalet-Llïcnch qui tira vainement de sa poche, contre l'exécuteur des ordres du sultan, la lettre par laquelle le sultan lui-même lui garantissait sa tête.
NOTE lOT), PAC.E 170.
.le l'apemis à Tanere . entre les deux cliàleaux.
Les château \ dos Dardanelles.
Tous ceux que chaque année , Sur la flotte en tribut fixait leur destinée.
On se rappelle qu'Hydra fournissait à la flotte ottomane un tribut annuel de 500 marins. Lorsque lesTurks apprirent le soulèvement de la Grèce, on assure qu'ils pendirent tous les Hydriotes qui se trouvèrent à bord de leurs vaisseaux.
Qui n'a pas à venger quelque perte bien chère? Presque tous, des parents; l'un un fils, l'autre un frère.
L'événement qui fait le sujet de la note précédente devait frapper de deuil toutes les familles d'Hydra. Les Hydriotes, et ceci n'est point une exagération poétique , sont en effet presque tous parents. Le dernier matelot d'un vaisseau est souvent de la maison du capitaine , ainsi que le dernier membre d'un clan montagnard d'Ecosse est parent du chef et porte son nom. Je suis venu de Constantinople à Athènes sur un bâtiment bydriote ([ui était servi par une seule famille. Le père était le capitaine ; les enfants, les neveux et les cousins étaient les matelots. C'est même là , pour le dire en passant , une des causes qui souvent rendent , à bord des bdtiments grecs , la subordination si difficile à obtenir. Le vaisseau de ce brave ^liaoulis, qui commande depuis plusieurs années avec gloire la flotte grecque, oftVe un exemple encore plus frappant et plus singulier : presque tous les gens de son équi|)age , composé environ de quatre-vingt-dix
hommes, sont parents de l'amiral. Aussi le malheur. qui arrive à un \aisseau hydriote est pleuré souvent par toute File. Lors de la déplorahle allaire de Sphactérie , devant Navarin , quand le vaisseau de Psammadô , après s'èti-e fait jour à travers la flotte turque , rentra sans son brave maître, comme un cheval qu'on voit revenir seul du champ de bataille , toutes les femmes d'Hydra étaient sur les rochers à l'attendre, et la nouvelle qu'il apporta les fit toutes pleurer : qiiatre-vinf?t-dix Hydriotes étaient morts; l'île entière prit le deuil. '
Psammadô, Santa-Rosa, et tous les braves tombés dans cette malheureuse journée qui livra Navarin à la flotte éiïyptienne , viennent du moins d'être glorieusement et terriblement vengés ; et leur défaite est assez consolée pai- la subite victoire qui vient d'étonner l'Europe , et d'ouvrir pour la Grèce une ère nouvelle. Les femmes d'Hydra peuvent sécher leurs larmes. Grâce à l'amiral de Rigny , la France a pris enfin part à la déhvrance de la Grèce autrement que par ses vœux.
Khfindjéris? Mourousi? les princes du Fanal?
Le prince Constantin ^fourousi , récemment nommé drogman de la Porte, fut décapité pour avoir reçu une lettre d'Alexandre Y[)silantis : il l'avait été porter au reis-effendi , dans la craiiife que cette dépêche, qui lui avait été remise par nue maiu iuconiuie, ne fût un piège de la Porte.