PROLOGUE
La froide politique alors serait ma loi ; Je sentirais s'éteindre en moi Toutes mes généreuses flammes Ah ! je ne veux pas être roi !
Mais le poète aussi n'a-t-il pas sa puissance? N"est-il pas à son tour le roi des nations? N'est-il pas souverain de leurs émotions? . Ne peut il de la Grèce aider l'indépendance?
Il parle : à sa voix agité,
Le noble cœur a palpité-, Le regard généreux étincelle de larmes; L'impatiente main semble presser des armes; Et les rois même ont peur, sur leurs trônes puissants,
De cette lyre solitaire
Qui, d'un coin secret de la terre.
Émeut les nations à ses libres accents.
Grèce ! ah ! s'il reste un peuple à sa gloire infidèle, Ingrat à tes bienfaits , à tes maux étranger, Fais sortir des tombeaux qu'il hésite à venger
De tes fils la foule immortelle !
Venez, ô morts fameux, tout î\ coup ranimés, Vous tous à qui l'Europe un jour dut sa lumière, Démoslhènes, Platon, Sophocle, Eschyle, Homère,