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CONDUCTIBILITÉ MAGNÉTIQUE

MAGNETISME LIBRK.

Bulletin des séances de la Société française de Physique, année 189^, p. 76. Journal de Physique. 3° série, t. III, 189^, p. 4iJ-

Le parallélisme des phénomènes électriques et magnétiques nous amène naturellement à nous demander si cette analogie est plus complète. Est-il absurde de supposer qu'il existe des corps conducteurs du maguétisme, des courants magnétiques ( ' ), du magnétisme libre?

Il convient d'examiner si des phénomènes de ce genre ne seraient pas en contradiction avec les principes de l'Energétique ou avec les conditions de symétrie. On constate qu'il n'y aurait aucune contradiction. Un courant magnétique dégagerait de la chaleur; il aurait la symétrie du champ magnétique qui lui a donné naissance et jouirait de la curieuse propriété pour un courant d'être symétrique par rapport à un plan normal à sa direction. Le courant de magnétisme créerait un champ électrique comme le courant électrique crée un champ magnétique et suivant les mêmes lois.

Une sphère isolée dans l'espace et chargée de magnétisme libre

(') M. Vasch}- a déjà posé ceUe question {Traité d'Électricité et de Magnétisme).

coxnrcTiBiLiTH: magnétique. i43

serait caractérisée par le groupe spliérique (i8) ooL^, énantiomorphe, c'est-à-dire une infinité d'axes disotropie doublés passant par le centre de la sphère dans toutes les directions; mais pas de centre et aucun plan de symétrie. En elVet, la sphère est entourée de champs magnétiques tous orientés suivant les rayons et tous dirigés vers l'extérieur, si la sphère est chargée de magnétisme austral, ou vers lintérieui-, si elle est chargée de magnétisme boréal. 11 ne peut y avoir de plan de symétrie passant par un rayon, puisque l'existence d'un champ magnétique n'est pas couqjatible avec celle d un plan de symétrie passant j)ar sa direction. Au contraire, rien ne soppose à Texistence des axes disotropie, on a donc le groupe (i 8 i.

Si l'on pouvait |)lacer une sphère chargée de magnétisme libre dans un champ magnétique, on aurait une force, et ceci semble à première vue en contradiction avec l'existence du plan de symétrie normal au champ. La disparition du plan de symétrie est précisément due à la dissymélrie caractéristique du magnétisme libre. La

symétrie du champ magnétique est (t/) ' C, celle de la sphère

chargée (i8) ooL^; en superposant les dissymétries, il reste seulement (L„/^) groupe (e), qui est un intergroupe de la symétrie d'une force, groupe (c) (L„, aoP).

Un corps chargé de magnétisme libre serait donc nécessairement dissymétrique énantiomorphe, c'est-à-dire non superposable à son image olitenue par mirage. Deux sphères chargées res|)ectivement de quantités égales de magnétisme austral et boréal seraient symétriques l'une de l'autre. On voit qu'il n'y aurait rien d'absurde, au point de vue de la symétrie, à supposer que les molécules dissymétriques douées de pouvoir rotatoire soient naturellement chargées de magnétisme libre ( ' ).

(') Si la conductibilité magnétique existait, un transformateur analogue aux transformateurs à courant alternatif mais à noyau annulaire conducteur du magnétisme, transformerait un courant continu en un autre courant continu. J'ai essayé si ie fer donnait un phénomène de ce genre, mais je n'ai obtenu aucun effet. Un tore de fer doux était recouvert de quelques couches de fil qui faisait partie du circuit d'un galvanomètre très sensible. On faisait circuler un fort courant constant dans une autre série de couches de fils. Les deux circuits étaient séparés par un tube de plomb enroulé sur le premier circuit et dans lequel passait un courant d'eau, de façon à éviter réchauffement du premier circuit par

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Ainsi, au point de vue de l'énergélique, au point de vue de la symétrie, on peut concevoir sans absurdité les courants de magnétisme et les charges de magnétisme libre. Il serait certes téméraire d'induire de là que ces phénomènes existent réellement. Si cependant il en était ainsi, ils devraient satisfaire aux conditions que nous avons énoncées.

le courant du second. l'ant que le fer n'est pas saturé, on a des déviations au galvanomètre dues visiblement aux trépidations inévitables qui facilitent l'aimantation du fer. Quand le courant est assez intense pour que le fer soit déjà fortement aimanté, on n'a plus rien de sensible. Il convient de remarquer que cette méthode, fondée sur l'observation d'un effet dynamique, ne permettrait pas d'apprécier une très faible conductibilité magnétique.

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