‹ ŒuvresChapitre 44 sur 58 · COLOSS. I · texte numérisé non relu

COLOSS. I

de J.-C. ne continuait, en quelque sorte, découler par les veines de ses apôtres , de ses martyrs , de ses confesseurs, de tous ceux qui croient en lui, jusqu'à ce qu'enfin l'Eglise tout entière ait passé de l'état de souffrances et de combats dans la possession de la gloire !

Mais si à ce titre de chrétiens , qui suffit à lui seul pour nous persuader la nécessité de la pénitence, nous joignons notre triste condition de pécheurs; si en regard des maximes de cet Evangile qui prescrit la mortification et le sacrifice à l'innocence ellemême, nous plaçons la multitude et l'énormité de nos fautes , coniî)ien cette sainte loi ne nous paraîtrat-elle pas d'une obligation plus étroite et plus rigoureuse? Je n'entrerai point ici dans le détail de toutes les transgressions qui nous rendent débiteurs de la justice divine , et débiteurs insolvables sans aucun doute , si le Seigneur ne daignait agréer nos faibles satisfactions , en considération des mérites surabondants de son Fils. Je ne veux en appeler qu'à vos consciences sur la nécessité de châtier une chair rebelle , qui a été si souvent l'occasion et l'instrument de vos chutes; puisqu'il est peu de pécheurs assez désespérés , assez abandonnés de Dieu et d'euxmêmes , pour ne pas sentir le besoin de l'expiation , pour ne pas nourrir un secret désir de satisfaire à

leur juge avant de paraître deVant son tribunal , pour ne pas Irémir à l'idée d'être surpris par la mort, avant d'avoir fait de dignes fruits de pénitence. Mais cette pénitence dont nous reconnaissons l'indispensable nécessité , soit pour nous rendre conformes à V image du Fils de Dieu\ soit pour expier nos prévarications sans nombre ; cette pénitence sans laquelle nous n'espérons pas le salut , la faisonsnous, N. T. c. F., et quand la faisons-nous? Ne ressemblons-nous point ici à ces débiteurs négligents qui , pressés do s'acquitter , tout en avouant la légitimité d'une créance , ont recours à mille prétextes pour en éluder ou en ajourner le paiement , sans prendre garde que les intérêts s'accumulent par ces délais réitérés , et qu'ils finiront par être écrasés sous le poids d'une dette toujours croissante? Hélas! il faut bien le dire, notre temps est toujours prêt'^, comme le Sauveur le reprocliait aux Juifs : je veux dire le temps de nos plaisirs, de nos affaires, le temps du péché : mais le temps de Jésus-Christ ^ le temps de la pénitence n'est jamais prêt; on le renvoie , on le diffère , on attend toujours que le moment arrive, et ce moment n'arrive jamais. Tantôt

« Conformes lieri imagini lilii sui. rom. viu. 29. * Tempus meum nondùm advenit , tempus vestrum semper est paratuin. joan. vu. 6.

228 LA PËMIKNCF.

l'est une exeuse, et tantôt c'est une autre. Aujourd'hui e>st la santé dont il faut profiter, tandis qu'elle est prospère , pour hâter son avancement , fonder son étahlissement ; demain c'est la maladie qui ne permet plus d'emhrasser les riguems de la loi ; c'est la jeunesse qui se repose dn soin de l'accomplir, sur les longs jours qu'elle se promet ; c'est la vieillesse , qui demande grâce, au nom de ses infirmités : nous voulons et nous ne voulons pas ; nous désirons même, mais de ce désir imparfait , qui ne va point à l'action, de ce désir dont parle l'Esprit- Saint , qui tue le paresseux \ parce qu'il le flatte , au lieu de l'amender ; et voilà comment , avec tous nos beaux semblants de bonne volonté , les jours , les mois , les années , noti'e vie entière s'écoulerait , sans que nous eussions mis la main au travail de la pénitence , si nous attendions , pour l'entreprendre , que la détermination en vînt de nous-mêmes , que l'initiative de ce beau mouvement fut prise par notre ])ropre cœur.

Or, que fait l'Eglise , >. t. c. f., j)our nous préserver d'une négligence si préjudicable k notie salut? Ce précepte de la pénitence que nos préoccupations oublient, que notre indifférence néglige , dont notre mollesse et notre lâcheté ajournent éternellement le

' Desideria occidunt pigium. vr.ov. xxi. 2.>.

terme, elle nous l'intime chaque année avec une nouvelle force ; elle le publie au son de la trompette avec un éclat si retentissant que les oreilles même les plus dures en sont émues. A un signal donné , de toutes les chaires qui s'élèvent au milieu des diverses églises du monde chrétien , une voix se fait entendre ! Voix à l'Orient , voix à l'Occident , voix au Midi , voix au Septentrion qui crie à tous : Si vous ne faites pénitence , vous périrez \ Non contente de nous intimer ce grand précepte , elle va audevant des inconstances et de l'indécision de notre volonté mobile et changeante , en déterminant l'époque où il nous oblige avec plus de rigueur; elle nous force , pour ainsi dire , à''entrer dans cette voie de pénitence en joignant à l'autorité de Dieu sa propre autorité. Pour que nous ne puissions échapper aux poursuites de la justice de notre Dieu, elle nous enferme , s'il est permis de parler ainsi , dans un cercle de quarante jours , d'oii elle ne nous laisse point sortir que nous n'ayons donné à des droits si sacrés une juste satisfaction. Cette loi générale, qui ne serait jamais ou presque jamais observée , si l'accomplissement en était laissé à notre discrétion , elle la sauve du mépris par sa vigilance, elle la rend exécutoire par une distnpline réglementaire , par des

» Nisi pœnitcntiam ci^eritis, oranes simililcr peiibilis. luc. xiii. 3ô.

ordonnances qu'on peut appeler d'application. Sans nous dispenser précisément de toute obligation de sanctifier les autres temps par la pénitence , elle prélève sur toute la suite de l'année comme une taxe de jours , au prolit des œuvres satisfactoires : sorte de redevance et de tribut annuel que le Souverain du Ciel exige de ses sujets, pour constater son haut domaine sur le temps et sur l'homme , et qui n'entre dans ses trésors que pour reihier avec im accroissement de richesses sur la société chrétienne , par la communication qui se fait à chacun des membres , des mérites de la communauté des Saints.

Dans sa charité et sa prévoyance maternelles, l'Eglise fait plus encore que de nous assigner le temps de la pénitence. Elle nous indique la manière dont nous devons garder cette loi sainte , pour recueillir en plus grande abondance les fruits attachés à son observation; elle nous prescrit les pratiques que Dieu a pour agréables , et qui sont les plus propres à désarmer sa justice et à loucher sa bonté : le jeûne consacré de temps immémorial par l'exemple des plus grands personnages de la loi ancienne , observé par Jean-Baptiste , sanctifié par Jésus-Christ, et pratiqué dans l'Eglise avec tant de perfection par les Saints les plus illustres de tous les siècles , qui le regardaient comme la nourriture la plus substan-

LA I'I<N1TENCK. 231

tielle de la vertu ^ : l'abstinence des viandes, compagne naturelle du jeûne , dont elle est , pour ainsi parler l'assaisonnement, et qui a comme lui pour objet de dompter la chair au profit de l'esprit; et joignant à ces deux grandes observances la recommandation d'une prière plus assidue, d'une charité plus abondante , elle nous dit : Avec ces pratiques , d'ailleurs si mitigées par la dureté de vos cœurs , et les condescendances d'une discipline plus indulgente , vous n'égalerez pas vos pères qui entendaient si bien la loi de la pénitence , et l'observaient avec une si scrupuleuse rigidité; mais enfin, si vous animez ces œuvres de l'esprit de la foi, vous satisferez, selon votre mesure, au Seigneur, qui veut bien se contenter de ces faibles expiations ; et si vous n'êJes pas des saints, vous serez du moins des chrétiens.

Maintenant, n. t. c. f., serions-nous excusables si , hors le cas d'une dispense légitime , nous transgressions ces règles saintes? Si, au lieu de les accepter des mains de l'Eglise , avec un respect et une soumission filiale, avec les sentiments de reconnaissance que méritent ses pieuses sollicitudes, ses aimables et prévoyantes attentions , nous faisions en-

' Scmper virtuti cibiis jejunium fuit. s. leo. Senn. de Jejunio decimi mensis.

■ùô'i LA PEMTENCt.

tendre le murmure de la plainte , le cri de la révolte? iSe serait-ce pas repousser la main d'une mère , qui , dan? la crainte que ses enfants n'oublient le remède, leur apprête et leur offre elle-même , en temps convenable , le breuvage amer , mais efticace , qui peut les sauver? No serait-ce i)as vous mettre en contradiction avec vous-mêmes , désavoner ces projets de pénitence que je vons supposais tout-à -l'heure en présumant trop favorablement peut-être de vos secrètes dispositions , et ajouter au tort de la négligence le tort plus grave de la mauvaise foi? Quoi! vous reconnaissez la nécessité des œuvres de la pénitence , et vous reculez dès que l'occasion vous est offerte de satisfaire à cette obligation? Est-ce la circonstance du temps que vous jugez moins opportune? Mais pouvez-vous raisonnablement et chrétiennement en attendre de plus favorable? Sont-ce les œuvres de la pénitence quadragésimale qui vous rebutent? En préfère riez-vous d'autres qui seraient plus de votre goût et de votre choix? Mais peut-il y en avoir de plus méritoires que celles qui vous sont proposées par l'Eglise, dirigée elle-même par l' Esprit-Saint? Dans nos satisfactions volontaires , nous pouvons craindre l'erreur, l'excès, la témérité, une recherche d'amour-propre qui n'est pas exempte de péché. Une grâce très-précieuse d'obéissance et de fidélité est

attachée à l'observation des lois de l'Eglise. Tout est mérite , tout est or pur dans la soumission , comme tout est sagesse dans l'autorité qui la commande. Mais non , avou(!z-lc de bonne foi , il vaut mieux dire que vous renoncez à tout désir, à toute volonté sincère de pénitence , et par conséquent à tout espoir de salut ; ou reconnaître que le Carême a été trèssagement institué par l'Eglise pour nous ôter tout prétexte d'éluder la loi de la mortification chrétienne. Un second motif que s'est proposé l'Eglise dans l'institution du saint temps de Carême , est d'appeler nos méditations sur les souffrances et la Passion du Sauveur. La mortification des sens est insuffisante pour notre salut, si elle n'est accompagnée de la componction du cœur; les pratiques extérieures de pénitence sont à la pénitence véritable , ce qu'étaient les sacrifices anciens des boucs et des génisses, comparés au sacrifice d'un cœur contrit et humilié. Or, N. T. c. F., quoi de plus propre à l'exciter, à l'entretenir, cette componction du cœur, cet attendrissement de l'àme , que la méditation du mystère tondre et terrible de notre rédemption? Je ne prétends pas qu'on ne puisse absolument l'obtenir par d'autres considérations tirées de la grandeur de Dieu, de sa puissance, de sa justice, de sa perfection souveraine ; mais la vraie source des larmes , de

ces larmes qui coulent du cœur plus que des yeux, de ces larmes douces dans leur amertume , qui ont la vertu de purifier l'ànie , de la fortifier, de la transformer, de créer en elle l'homme nouveau, la vraie source de ces larmes est dans la Croix ; dans la Croix où éclatent aussi toutes les perfections divines, mais avec un tempérament si bien ménagé, que la bonté les domine et les absorbe , et que tous les rayons de cette grande gloire viennent se fondre et s'effacer dans l'unique rayon de l'amour. Dans l'Eglise de J.-C, tous ne sont pas des sages ' , tous ne sont pas des savants capables de s'élever à l'amour du beau et du vrai , sans le secours des images sensibles ; il faut au peuple fidèle un livre à la portée de tous , où les commençants comme les parfaits puissent lire : la Croix est ce livre ouvert à tous les yeux et intelligible à tous les esprits : là ne sont point tracés des caractères , là ne sont point écrites des paroles dont le sens ne soit pas entendu^. Les plus simples n'ont besoin que d'y jeter les yeux pour apprendre la vraie sagesse , et les savants eux-mêmes n'ont rien de mieux à faire que de l'étudier sans cesse , à l'exemple de l'Apôtre , et les plus habiles

' Non multi sapientes, etc. 1. cor. i. 2G.

2 Non sunt loquelae neque sermones quorum non audiantur voces eorum. PS. xvui. 3.

LA PÉNITENCE. 23o

sans doute seraient ceux qui ne sauraient que ce seul livre , et qui le sauraient bien !

Voilà pourquoi, n. t. c. f., l'Eglise en déroule à nos regards les pages sanglantes durant les saints exercices du Carême : elle veut que ce grand mystère de notre rédemption nous soit représenté , du moins une fois chaque année , dans un appareil de tristesse et de terreur , pour nous empêcher d'oublier par quel sang nous avons été rachetés , de quelle pierre nous avons été tirés ' pour entrer dans la construction de la cité de Dieu. Non-seulement elle nous rappelle le souvenir , elle le rend en quelque sorte présent et sensible , par la vivacité et la vérité des images , comme une action qui se passerait sous nos yeux ; elle se couvre de cendres ; elle échange ses vêtements de joie et ses habits de fête contre des voiles lugubres ; elle chante encore , mais comme chante une voix pleine de larmes; elle semble craindre la solitude dans une si grande douleur, et invite plus souvent ses enfants à la prière commune , au sacritice , aux assemblées saintes , comme une famille en deuil réunit tous ses membres pour pleurer en commun la perte d'un fils unique et bien-aitné'. Toutes ses prières, ses lectures, ses

' AUendilc ad pelram undè excisi estis. Ps. li. 1.

' Plangent eiim planctu quasi super unigenitum. zach. xii. 10.

cérémonies ont pour objet les travaux de J.-C, ses jeûnes , ses tentations dans le désert , puis ses douleurs , ses tourments , sa mort. Dès que s'ouvre le temps du Carême , on sent qu'on entre dans un temps à part, et les plus indifférents en ressentent une émotion , un saisissement involontaire ; on avance dans cette carrière , le cœur toujours plus serré de tristesse , comme il arrive à ces voyageurs qui visitent les sanctuaires consacrés par les souffrances et l'agonie de J.-C. A mesure qu'on approche du dénouement , la représentation devient plus vive ; et l'impression de la mort de l'Hom nie-Dieu se fait sentir à tout le peuple chrétien , et le silence même de son tombeau semble régner dans le temple, à ces derniers jours de la sainte et grande semaine où les autels dépouillés , les tabernacles ouverts et vides, ne laissent voir à la foi désolée que la Croix toute nue , la Croix qu'elle adore seule , qu'elle salue seule dans ses chants plaintifs , comme une dernière et unique espérance ! Laissons-nous toucher, n. t. c. f., et pénétrer de ces impressions saintes, si nous voulons répondre aux intentions de l'Eglise : sortons de la ville et suivons hors du camp la divine Victime, portant et partageant avec elle son humiliation * et le

1 Exeamus igilur ati eura extra castra, Improperiuin cjns portantes.

HEB. Xlll. 13.

poids de ses immenses douleurs ; que notre foi nous fasse assister à chacune de ces scènes tragiques dont se compose le drame terrible de notre rédemption ; recueillons avec amour les gouttes de la sueur sanglante de Jésus défaillant au jardin des Oliviers; appliquons nos lèvres à chaque empreinte de ce Sang précieux dont il a rougi la route du Calvaire , à chacune de ces plaies d'où sont sorties les eaux vives de la vie éternelle : accompagnons de nos gémissements et de nos larmes , avec les filles de Jérusalem , ce nouvel Isaac jusqu'au sommet du Calvaire , et ne redescendons de cette sainte montagne , où s'est accompli le plus grand des sacrifices , qu'en nous frappant la poitrine avec le Centenier; ou plutôt , ne quittons point cette montagne , demeurons-y crucifiés avec J.-C. ; clouons à cette Croix, non pas nos pieds et nos mains , mais nos vices et nos convoitises pour lesquels le Sauveur est mort ; car en vain serait-il mort pour nos péchés , si nous n'y mourions nous-mêmes , pour ressusciter avec lui à une vie nouvelle.

Et voilà, N. T. c. F., la troisième fin que s'est proposée l'Eglise dans l'institution de la loi du Carême. En faisant précéder de quarante jours de pénitence la solennité de la Résurrection , elle a voulu nous préparer à la célébration de la Fàque , et nous

faire accomplir dans nos personnes tout le mystère de J.-C; car, de même que Jésus -Christ a dû souffrir pour entrer dans 'sa gloire * , de même qu'il a dû passer par les ombres de la mort pour renaître à nue vie glorieuse et immortelle ; ainsi l'Eglise n'entend nous admettre à la joie de la Résurrection , qu'autant que nous aurons été comme morts et ensevelis par la pénitence. Oui , n. t. c. f., morts à la ^ie du péché, à la \ie des passions, àla vie du vieil homme ; ensevelis dans un tombeau scellé, d'uii le corps du péché, une fois détruit % ne se relève plus du coup qui l'aura frappé. Ce n'est qu'après cette épreuve qu'elle nous initiera aux félicités de la Pàque ; elle nous l'indique assez par ces piscines salutaires , où elle nous invite à laisser la dépouille , à déposer les souillures de nos anciennes mœurs , et à nous revêtir de la robe nuptiale pour nous asseoir à la table du festin. C'est aussi à la sueur de notre visage que nous devons manger ' ce pain eucharistique , non moins nécessaire à la .vie de nos âmes , que le pain matériel l'est à la vie de nos corps. L'Apôtre l'a dit , en parlant de cet aliment céleste : Que celui qui ne veut point travailler

' Oportuit pâli Cluislum et ità intiare in gioriam suam. lv. xxiv. 2G. ^ Ut dcstruatur corpus peccati. rom. vi. 6. 3 In sudore vultùs tui vesceris. ces. ai. 19.

ne mange point \ Châtiment terrible , quand on songe que celui qui ne mange pas de ce pain vivant et vivifiant, demeure dans la mort. Non, n. t. c. f., que celui qui n'a point partagé avec ses frères les travaux et les fatigues de la pénitence , qui a passé les jours de la sainte quarantaine comme des jours communs et ordinaires, que celui-là n'approche point du banquet divin. I^'Hostie sainte apparaît et brille au bout de la carrière comme le prix de la course , la récompense du combat : c'est au seul vainqueur que l'Agneau a promis de donner à goûter du fruit de l'arbre de vie ^

* Qui non viilt operari non manducct. 2. thess. ui. 10. 2 Vincenti dabo cdere de liuno vita*. ai'OO. ii. T.

INSTRUCTION PASTORALE

A l'occasion

DE LA CIiNQUIÈME VISITE PASTORALE DE SON DIOCÈSE.

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