PETRI. II
ESPRIT DE I;a PÉiNlTENCE. 265
i"idée, priant le Seigneur de vous donner le sentiment et l'intelligence pour suppléer à l'impuissance de notre langage.
J'appelle donc esprit de pénitence cette componction du cœur , à la fois triste et tendre , qui nous tient humiliés en la présence de Dieu et en la pré sence de notre péché ; qui nous met sans cesse notre iniquité sous les yeux , et couvre notre visage d'une salutaire confusion , en même temps qu'elle remplit notre âme d'une profonde et inconsolable douleur : componction qui s'attache à nos pas, qui nous accompagne dans toutes nos démarches , que nous portons partout avec nous-mêmes comme im sceau appliqué sur notre cœur ' : qui mêle son amertume à toutes les douceurs de la vie , même les plus innocentes , nous avertissant par un instinct secret que nous ne sommes plus dignes de les goûter ; qui fait mourir en nous tout sentiment de vaine gloire , ferme notre ame à tout épanouissement de vaine joie , et nous maintient constamment dans une humble dépendance de Dieu , dans une respectueuse crainte de ses jugements. C'est de cette sainte impression qu'était touché le Roi prophète ; écoutez-le parler lui-même , et vous raconter ce deuil et ces souffrances d'une àme pénitente, qui sont écrits pour notre
' Poiie me ut signaculum super cor tuum. cant. viii. 0.
instruction : il se nourrit d'un pain amer , il mêle ses pleurs avec son breuvage, il baigne sa couche de ses larmes; son œil n'a plus de repos, ses os et sa chair ont perdu la paix; il veille nuit et jour sous un toit désert comme le pélican de la solitude ; son pcché comme sa douleur est toujours devant sa face; il en est affligé et humilié au delà de ce qu'il en peut dire ; il se tourne et se retourne dans son angoisse; mais l'épine cruelle qui l'a blessé lui fait toujours sentir sa pointe déchirante. Aftlictus suni et humiliatus suninimis; dolor meus in conspectu meo semper '.
Qu'est-ce encore que l'esprit de pénitence ? Ah ! N. T. c. F., c'est ce regret vif et intime de ne pouvoir égaler la satisfaction à la grandeur de l'offense , de donner si peu pour se racheter, quand on est écrasé sous le poids d'une dette immense ; de n'avoir à offrir que de légères privations pour des péchés qui mériteiment des larmes éternelles ^ ; regret qui se fait sentir avec plus d'amertume encore, si l'on se voit contraint , pour des causes d'ailleurs légitimes, de recourir à la dispense. Donnez-moi une àme éprise de l'amour de son Dieu et de la haine du péché , pouvons-nous répéter ici , après