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ficence plus que royale? Ne voyez-vous pas le sol (le l'Europe couvert encore , inalgré l'action du temps et l'action des hommes plus meurtrière que le temps , des monuments élevés par son génie au culte du savoir et de la vertu? iN 'est-ce pas elle qui a fait refleurir le goût des études et l'émulation des lettres di>ines et humaines? Elle, qui a sauvé les sciences du nauirage dont les mena«;aient les inondations des barbares, en leur ouvrant un asile dans ses cloîtres et ses monastères , et qui les préserve encore de la corruption , comme un parfum divin ', selon la hclic expression d'un de nos plus grands philosophes? Elle, qui a sauvé le feu sacré de la ciNilisation , alors qu'il était prêt à s'éteindre dans les ténèbres du moyen-àge? Fdle enfin qui , par la multitude des grands hommes qu'elle a formés et inspirés, a porté si haut la gloire littéraire de notre patrie , que cette gloire est un objet d'envie et d'admiration pour l'univers? Ah I génération distraite et présomptueuse , nouveaux-venus sur la scène du monde, qui vous croyez les créatures de votre fortune , parce que vous l'avez trouvée toute faite et préparée de longue main par un génie bienfaisant , quand vous avez pris possession de l'héritage ; on ne vous demande pas d'être généreux , pas même
' Uoliuio aroma gcietitiaruui. flacon.
d'être reconnaissants , on ne vous demande que d'être justes ! Maintenant que la Religion vous a délié la langue , qu'elle a familiarisé vos yeux avec la lumière, qu'elle a soufflé à votre oreille la parole de vérité, qu'elle a ouvert devant vous la voie de )a science , marchez dans cette voie , allez de progrès en progrès; courez, si ^ous le pouvez, à de nou-r velles conquêtes ; mais ne maudissez pas les entrailles qui vous ont portés , le sein qui vous a nourris , la main qui a dirigé et afTermi vos premiers pas dans la carrière î
En accusant le clergé d'être ennemi de l'instruction, veut-on parler de ces écoles plus modestes , où le pain de l'intelligence est rompu aux pauvres et aux petits? Mais qui, plus que le clergé, s'est montré soigneux de l'instruction de l'enfance? Il n'a eu besoin pour exciter et entretenir dans son cœur ce zèle pieux , que de consulter l'esprit de l'Evangile. N'est-ce pas, en effet, l'Evangile qui a réhabilité l'enfance , comme il a relevé le pauvre de l'humiliation où il était tombé , et qui s'est le premier occupé a\ec amour et jalousie de cette portion si intéressante de la race humaine? N'est-ce pas l'Evangile qui a rendu diserte la langue des' enfants % et qui a tiré de ces bouches innocentes une louange parfaite»
» Linsuas infaulium fecil diseitas. sap. x. 21.
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pour l'honneur de Dieu et la confusion de ses ennemis^? N'est-co pas rKvangile qui a fait entendre les sourds et parler les muets * , jo veux dire ces classes infortunées , qui . avant que le christianisme eût fait connaître leur valeur, n'étaient comptées que pour mémoire dans les sociétés antiques qui les traitaient comme un vil bétail? Depuis que Jésus-Christ a prononcé cettî; parole : Bienheureux sont les pauvres! depuis qu'il a dit : Laissez venir à moi les enfants"^, et seulement à dater de cette époque, éternellement digne d'être bénie par l'humanité , les pauvres et les enfants ont revêtu aux yeux du monde un nouveau caractère. Celles des sociétés païennes qui se piquaient de savoir et de bel esprit, avaient bien ouvert des écoles, des prytanées , des gymnases , des académies pour la jeunesse élégante et polie ; encore avaient-elles exclu tout un sexe du priAilège de l'éducation; mais l'enfant du pauvre était abandonné à la double dégradation de son corps et de son àme , comme il l'est encore aujourd'hui chez les peuples malheureux que le soleil de la foi n'a pas éclairés. Personne n'avait songé à l'évangéliscr , à lui annoncer la bonne nouvelle , selon
' Kx oie iul'antiiiiii Pt Ijiflentiiiiit pcrfei'isii laudcni propter ini-. micos tiios. lîAL. vin. :i.
* Et surdos fecit aiulire Pt niiitos loqui. marc. vu. •'57. ^ Sinite paivulo.« venue ad me. marc. x. j4.
r>.in i.r:s Kc.oLts.
la douce parole du Sauveur des hommes. Les enfants, coumie les femmes, comme les pauvres, tout ce qui était faible et souffrant , a\ait été oublié par une sagesse superbe et brutale. Un de ces sages avait dit , il est vrai , qu'un grand respect est dû à i enfance^; mais c'était une parole isolée, sans portée, sans écho, parce qu'elle était dépour\ue de sanction. Jésus-Christ n'a pas déployé ce ^ain appareil de sentences : niais il a inspiré pour cet âge un sentiment })lus tendre , plus dévoué et qui ressemble à une sorte de culte, en disant à ses disciples avec une adorable simplicité : Gardez-vous de mipriser un seul de ces pelils , parce que leurs anges voient sans cesse dans le ciel la face de mon Pere'\
Cet esprit de zèle et de religieuse sollicitude pour l'enfance , qui appelle tous les dévouements au service de ses ignorances comme de ses faiblesses , cet esprit s'<'st perpétué dans l'Eglise , et \ a porté tous les fruits qu'il promettait à la terre. On peut dire avec vérité que c'est l'Eglise qui a conçu le premier dessein et jeté les premiers fondements des écoles d'enseignement primaire. Les conciles avaient voulu que dans chaque diocèse une école pour les
' Maxima debelur puero reverentia Sénèqae. =* Videte ue conteinnatis uniim ex his pusillis, ijuia aiiyeli eoium iii ca'lis sempiT vkleni faciem Pafris niei. matth. xviii. 10.
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enfants lût établie auprès de révêque ; et l'un des premiers dignitaires de chaque église , chargé de surveiller leur instruction , s'honorait du titre à^Ecolâtre , attribué à ses modestes et nobles fonctions'. Les pasteurs secondaires se réglaient naturellement sur cet exemple dans les diverses résidences où les attachait leur ministère , en sorte que dans tous les lieux où la Religion donnait un pasteur au peuple fidèle , elle assurait en même temps un instituteur à l'enfance. Et ce catéchisme qui s'enseigne publiquement dans toutes les paroisses , et depuis des temps si reculés qu'on ne peut assigner l'époque où cette pratique a pris naissance , qu'est-il autre chose qu'un témoignage toujours subsistant de l'intérêt que porte l'Eglise à l'instruction des enfants ? Avant donc que les législateurs eussent pensé à leur donner des maîtres, la Religion avait déjà pourvu à ce besoin par un enseignement permanent, universel , aussi élevé dans son objet que populaire dans ses formes; enseignement modèle , essentiel , fondamental , que nul autre ne saurait suppléer , mais qui peut suppléer tous les autres , et qui , pour être moins complet que nos cours d'instruction élémentaire et supérieure , n'en suffisait pas moins aux
* Conc. Vasense. can. \. an. 529. — Concil. Carbon, can. 11. an. 589. — Concil. Lateran. can. 18. an. 1179.
nécessités réelles et perpétuelles des sociétés, puisqu'il apprend à riiomme ce qui lui importe le plus de sa>oir, son origine, ses devoirs et ses destinées !
Les prêtres ennemis de l'instruction! Mais les législateurs et les sages eux-mêmes, où ont-ils puisé l'idée mère de leurs écoles , et leurs meilleurs règlements de discipline , si ce n'est dans ce même esprit de l'Eglise , et dans les sages dispositions qu'elle avait déjà consacrées? Nous avons beau nous en défendre, et présenter nos œuvres comme des créations et des découvertes , les préconiser comme l'heureux résultat de nos progrès et de la supériorité de nos lumières, notre société est toute pénétrée , et , si l'on peut parler ainsi , toute imbibée de christianisme. Nous croyons être neufs , quand nous ne faisons que retourner , combiner et mettre en œuvre l'élément chrétien , déposé au fond de nos mœurs et de notre constitution sociale. Et ce que nous disons ici des écoles , on peut le dire avec la même justesse de notre législation des fabriques , des mariages , des décès , des naissances , toute calquée dans ce qu'elle a de plus sage, sur les anciennes ordonnances de l'Eglise. Il est beau sans doute de réglementer les Ecoles , de multiplier les sources de l'instruction ; mais , au dix-neuvième siècle , après que l'Evangile a étendu
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son' influence et communiqué sa vertu ;i toutes les institutions généreuses ; après qu'il a proclamé toutes les vérités utiles, et semé tous les germes du bonheur de l'humanité, on ne doit pas oublier la grande part qui lui revient dans les perfectionnements que l'on ne tente , et dans le bien que l'on n'embrasse, qu'en obéissant à son esprit.
Les prêtres ennemis de l'instruction ! Eh! qui mieux que le prêtre peut en sentir le prix , lui qui a consacré tant d'années à s'instruire , dont la vie est une vie d'étude , (juand elle n'est pas employée à la charité ou à la prière? Ennemis de l'instruction et de l'instruction du peuple ! Mais le peuple peut-il avoir de meilleurs amis que le prêtre, né dans son sein , sorti de ses rangs , confident de ses misères, consolateur de ses peines, conseiller de ses voies , qui vit de sa vie , souffre de ses douleurs , et s'endort enfin avec lui dans la même tombe, après avoir veillé avec lui et pour lui sous le même chauftie? Pourquoi refuserait-il de partager avec le pauvre le fruit de la science , comme il partage avec lui son pain de chaque jour? — Ennemis de l'instruction ! Et quel intérêt pouvons-nous avoir de la repousser? L'intérêt de la Religion, peut-être? Mais est-ce que la Religion redoute les lumières? Elle ne se plaint au contraire que de n'être pas
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assez connue , assez étudiée , assez approfondie. Car, si , comme l'a dit un grand homme , peu de philosophie (loiijne de la foi , beaucoup de philosophie y ramène. (Bacon). En quoi a-t-elle souffert du progrès de nos connaissances , des découvertes de l'esprit humain dans le domaine de l'histoire et dans celui de la nature , dans le vaste champ de l'antiquité et des origines des nations? Plus la science s'étend , plus nous voyons la Religion s'élever et grandir, et chacune des conquêtes de l'intelligence est un hommage à sa divinité, .\ssise sur des fondements impérissables, le front dansletliel, et la main étendue sur la terre pour bénir les hommes, la foi chrétienne regarde passer devant elle , courant à leurs études , à leurs investigations , à leurs expériences , à leurs laboratoires, la multitude de savants, dont quelques-uns l'aiment et l'adorent, dont le grand nombre ne s'informe point d'elle , dont quelques autres la méprisent et l'insultent : mais après qu'ils se sont fatigués à remuer la terre , à interroger les astres, à explorer les phénomènes de la vie dans les corps organisés , à fouiller dans les archives des peuples , et à déchiffrer les énigmes de leurs monuments , elle les voit venir à ses pieds, apportant l'un après l'autre comme un tribut à cette reine de toute science et de toute vérité, le glorieux
témoignage qu'ils ne peuvent rien contre elle , et que sans elle aucun des mystères de l'homme et de la nature ne peut être expliqué ! Et il ne faut pas s'en étonner ; la Religion est une vérité complète. Comme elle porte sa justification en elle-même \ elle doit la recevoir aussi de tous les faits qui sont en contact avec elle. La science, par cela même qu'elle est susceptible de progrès , reste toujours dans une sorte d'enfance , et ne découvre la raison des choses que par degrés et après de longs tâtonnements.
Le prêtre ennemi de l'instruction et des lumières ! — Peut-être; mais il faut s'entendre. Ennemi de l'instruction ! Oui , de cette instruction qui n'aurait pas Dieu , la Religion , la vertu pour fondement , et pour fm la perfection et le bonheur de l'homme par l'accomplissement des devoirs. Oui , de cette instruction fausse et systématiquement perverse , dont les leçons empoisonnent les générations dans leur fleur, qui sème les doutes, insinue l'erreur, accrédite le mensonge , dénature les faits pour les interpréter au profit des passions , amène la corruption du cœur par celle de l'esprit, et ébranle, en se jouant, les croyances les plus saintes. Oui, de ce demi-savoir , si commun de nos jours, qui trompe les simples , et s'impose à la crédulité , en
' Judicia Domini vera. justificata in semetipsa. fSAL. xvui. lO.
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affectant les dehors et l'autorité de la science véritable ; demi-savoir, pire encore que l'ignorance ellemême , parce que ne voyant rien au delà de son étroite sphère , il se moque et méprise ; tandis que l'ignorance sait du moins douter quelquefois, et écouter un plus sage. — Ennemis des lumières! Non de ces lumières douces et pures qui réjouissent et fortitient les yeux sains, et guérissent les yeux malades ; mais de ces lumières qui aveuglent ; non de ces lumières bienfaisantes qui éclairent les esprits , et allument dans les âmes la sainte flamme de la vertu ; mais de ces lumières qui brûlent et dévorent comme des torches homicides; non de ces lumières qui embellissent la vie et colorent d'un jour doux l'horizon de l'intelligence ; mais de ces lueurs trompeuses , de ces feux sinistres , tels qu'on en voit errer autour des abîmes et sur les tombeaux ! Et voilà pourquoi le clergé a pu manifester d'abord quelque détiance pour certains systèmes d'enseignement , prônés avec un engouement qui ne contribuait pas moins que leur nouveauté et leur origine à les rendre suspects , et transplantés de loin à grands frais sur un sol déjà fécond en méthodes que le temps avait éprouvées. Voilà pourquoi il n'a dû accueillir d'abord , qu'avec une sorte de réserve et d'hésitation , et comme soiia bénéfice d'inventaire ^ des projets
(l'extension , de perfectionnement de l'instruction des classes populaires : projets louables , sans doute , mais qui ne semblaient pas offrir des garanties suffisantes aux principes inséparables de tout bon enseignement. Mais dès qu'ils ont pu se rassurer sur ces grands intérêts, dès qu'ils ont pu liie au frontispice de la loi que la Religion et la morale seraient la base de l'instruction élémentaire , et reconnaître que ces promesses n'étaient pas de vaines formules , mais l'expression d'une volonté sincère ; dès que leur coopération a été demandée , les prêtres n'ont-ils pas été les premiers à prêter leur concours à l'administration , à mettre à sa disposition leur légitime influence , à accepter la pfirt telle quelle , qui leur était faite dans la législation des petites Ecoles , sans trop examiner si cette part était plus ou moins proportionnée à la supériorité de leur instruction , et à la considération que réclame leur ministère? Et ces humbles et respectables Frères des écoles chrétiennes , dont nous voyons avec tant de joie les établissements se multiplier dans notre diocèse * ; ces bons Frères qui s'étaient modestement voués ù bégayer avec l'enfance les premiers rudiments de la Religion et de la grammaire , ne se sont-ils pas eni-
' De nouvelles écoles de l'rères vont être prochainemeiit établies à Saint-ÂHrique et à Saint-Geniez.
pressés d'eux-mêmes d'étendre le cercle de leur enseignement? Ne les a-t-on pas vus ouvrir spontanément dans la capitale , et au centre de nos grandes cités , des écoles spéciales pour les adultes et les classes ouvrières , par condescendance pour des besoins nouveaux , qu'il vaut mieux en effet satisfaire avec discrétion et mesure , qu'irriter par d'imprudentes résistances?
Tel est, N. T. G. F., le véritable esprit de la Religion , aussi bien que de ses ministres. Elle applaudira toujours aux efforts qui seront faits , aux essais qui seront tentés pour l'amélioration de la condition des hommes. Elle prévenait noblement à cet égard les vœux de l'humanité , quand elle avait le pouvoir et la fortune. Maintenant elle s'y associera , elle les bénira, elle les fécondera de sa divine influence. A la vérité , elle attache plus de prix à la science des devoirs qui forment et règlent le cœur , qu'à la science des droits qui exalto et peut égarer les esprits. Elle tient moins à créer un peuple de savants , qu'un peuple de chrétiens vertueux et honnêtes , qu'un peuple de frères liés par une douce communauté de tendresse et de services. Mais , de cette instruction religieuse avant tout , et même sagement libérale , qui élève la pensée , adoucit les mœurs , développe et dirige le sentiment , et vient en aide à
la pratique des vertus , nous n'en sommes pas les ennemis. Ce n'est pas du moins parmi nous que cette plainte pourrait être élevée avec quelqu'ombre de justice. Quel que soit le rang que nous assigne l'économie sociale dans ses statistiques , au paragraphe de l'enseignement primaire , on ne dira pas que le clergé de notre diocèse ait contrarié la propagation de cet enseignement. Quel est le pasteur qui ne se montre jaloux d'obtenir de bons maîtres , de zélées et pieuses institutrices pour auxiliaires de ses saintes fonctions ; qui ne porte un religieux intérêt à la création , à la bonne tenue , à la prospérité des Ecoles? Nous avons recueilli à cet égard les témoignages les plus expressifs de la bouche des personnes les mieux placées pour en connaître , et nous aimons à nous en prévaloir pour l'honneur de nos dignes et chers Coopérateurs. Si quelquefois ils ont jeté le cri d'alarme , c'est l'homme que repoussait leur zèle dans l'intérêt du troupeau , et non l'instruction , qui ne peut être dans aucun cas responsable des torts et des imperfections de celui qui la dispense. Mais l'instituteur qui honore ses fonctions par l'intégrité de ses principes et la régularité de ses mœurs, ah ! ils l'ont jugé digne de toute estime et de toute confiance. Quel n'est pas , en effet , le mérite d'un bon instituteur , et quel bien ne peut-il pas
opérer dans une paroisse? Il instruit par ses leçons, il édifie par ses exemples; il assiste le pasteur dans les cérémonies saintes , le seconde dans la direction de la psalmodie et du cliant sacré , dans les soins et la décoration du sanctuaire. Il accoutume la jeunesse à porter le joug du Seigneur, lui enseigne la crainte de Dieu , commencement de la sagesse \ et le respect dû à la maison de la prière et du sacrifice. 11 prépare le bonheur des familles , les triomphes de la Religion , le repos des sociétés , en formant pour l'état des citoyens honnêtes , pour TEglise des enfants soumis et fidèles, et des élus pour l'éternité. Il a droit à cette double couronne que le grand Apôtre décerne à ceux qui s'emploient au travail de la parole et de l' instructions Le monde le considère , mais la Religion lui garde une plus belle et plus riche récompense. C'est par la foi qu'on arrive au Ciel; mais la foi venant de l'ouie^y c'est par l'enseignement qu'elle se communique aux honmies. Or, l'Esprit-Saint qui promet aux justes instruits de la loi , une gloire égale à la clarté du firmament , nous déclare que les maîtres qui leur auront enseigné la justice,, brilleront
' Inilium sapieulicf tinior Uumini. psal. ex. 10. - Duplici honore digni habeatur, maxime qui lajjoraiit in verbo et (loctrinà. 1. tim. v. iT.
3 Fides ex audilu. Rom. x. 17.
éternellement au Ciel d'un éclat plus vif, comme les étoiles qui l'illuminent et le décorent *.
Les instituteurs chrétiens qui comprennent l'importance de leurs fonctions , et qui savent les envisager par le côté qui les relève davantage , et le nombre en est grand , nous en avons la confiance , ne s'offenseront point ici de nos justes sollicitudes, et ne nous accuseront point de porter la faux dans une moisson qui n'est pas la nôtre. Ils nous écouteront comme leur père , comme leur docteur , comme leur premier supérieur, du moins dans tout ce qui se rapporte à l'instruction chrétienne, et au choix des livres où ils doivent puiser les eaux de la véritable sagesse, et recueillir le pur froment de la vie et de l' intelligence ^ Les enfants qui leur sont confiés sont nos enfants, les enfants que le Père céleste et l'Eglise , notre épouse , nous ont donnés; la doctrine qu'ils enseignent, c'est la doctrine de celui qui nous a envoyé \ Ils aimeront à reconnaître que s'ils reçoivent d'autres mains l'investiture de leurs attributions, ils ne peuvent tenir
' Qui clocli fiierint tïilgebiiiit quasi splenilor iirmamenti ; et qui ad juslitiam eruiliuut niultos, quasi stellœ in perpétuas œlernitates.