‹ ŒuvresChapitre 55 sur 58 · DANIEL. XII · texte numérisé non relu

DANIEL. XII

- Cibavit ilium pane vitœ et inteliectùs , et aquà sapientiœ salutaris potavit illum. eccl. xv. 3-

^ Mea (iucliina non est niea, scd ejus qui uiisil me palris. joan. MI. 10.

ZHZ LES ÉCOLES.

que de nous seul la mission de catéchiser, qu'ils ne la peuvent légitimement exercer que sous notre autorité , et plus immédiatement sous la surveillance de leurs pasteurs; qu'ils doivent compte à l'Eglise , aux évéques , juges et gardiens de la foi , de la manière dont ils s'acquittent de cette mission sainte ; et qu'ici , à défaut de toute autre loi , ils restent toujours liés par la loi de la conscience. Cette dépendance , toute filiale et toute chrétienne , loin de la décliner comme un joug fâcheux , ils l'accepteront comme leur plus beau titre et leur plus glorieux privilège; et en échange de celte déférence à nos recommandations paternelles , nous leur dirons : Opus fac Evangelistœ. Faites l'œuvre d'un évangéliste. Partagez avec nous l'honneur de l'apostolat. Nous vous envions ces fonctions , obscures aux yeux des hommes , mais éminentes devant Dieu , que le poids de notre charge ne nous permet pas de remplir nousmême. Soyez auprès de nous, auprès de vos pasteurs , comme ces catéchistes attachés aux ouvriers évangéliques dans les missions lointaines , pour les aider dans leurs travaux et les suppléer dans leur absence ; et que les peuples vous respectent comme les délégués de notre autorité , et les représentants de notre ministère !

Pères et mères, ce serait le vœu de la Religion

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comme de la nature , que vous fussiez vous-mêmes les maîtres et les précepteurs de vos enfants. C'était par cette tradition domestique, par cet enseignement héréditaire , que les oracles de la Religion , les préceptes de la morale, les faits importants de l'histoire , et même la connaissance des arts utiles se transmettaient autrefois de génération en génération dans les familles patriarcales. Aujourd'hui que le temps vous manque , et souvent aussi les lumières pour l'accomplissement de ce grand devoir, la société vient à votre aide; : une pensée bienveillante ouvre à vos enfants les sources du savoir et de la sagesse. Profitez de ce bienfait , en les envoyant aux écoles. Vous ne pouvez , pour la plupart, leur laisser les biens de la fortune : assurezleur , pour héritage , le trésor de l'instruction ; trésor d'autant plus précieux que ce n'est qu'en le possédant qu'ils pourront un jour soutenir une concurrence honorable avec leurs égaux , quelle que soit la carrière qu'ils endirassent , dans une société où l'émulation du talent devient de plus en plus le ressort le plus puissant dt; l'activité humaine , et le gage le plus certain des succès. N'ayez point de regret à la perte de ces quelques heures de travail que vous coûte la culture de leur esprit ; ces heures que vous croyez perdues , employées à de studieux

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loisirs , vous rapporteront avec usure le prix du sncritiie que \ous vous serez imposé. Ou'une économie du temps peu réfléchie n'interrompe point le cours de leur instruction , (piand vient la saison des récoltes et des tiaNaux des champs; de peur cpfen vous aidant à recueillir vos fruits et vos moissons , ils ne perdent eux-mêmes par cette interruption le fruit des leçons semées dans leurs jeunes et mobiles intelligences. Assurez-vous vous-même de leurs progrès , en leur servant , pour ainsi parler, de répétiteurs, en leur faisant redire ce qu'ils ont appris dans les longues veillées de l'hiver, et dans les jours saints que la Religion accorde à votre repos; mais que toujours surtout votre conduite et vos exemples soient une application sensible et une démonstration vivante des leçons de piété et de vertu qu'ils ont reçues de leurs maîtres. Et cpiant au choix des maîtres eux-mêmes , gardez-vous d'engager inconsidérément votre conliance. Accordez-la sans réserve h ces dignes instituteurs qui ressemblent au portrait que nous en avons tracé , sains dans la foi * , irréprochables dans leiu's mœurs , fidèles dispensateurs de la doctrine de vérité. Mais, s'il s'en trouvait, ce qu'à Dieu no plaise, qui marchassent dans la voie des impies , qui osassent s'asseoir

> Sani in fide. tim. i. 9.

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dans une chaire de pcstileuce , et distribuer des poisons à la j)lace du })nin (|u<' nos enfants ont droit de leur demander , il vous appartient , pères et mères , de faire bonne justice à ces maîtres corrupteurs, et de lenr donner une salutaire leçon. Que leur habitation reste déserte\ que leurs écoles ne soient plus IVéquentées , et que la solitude qui se fera tout autoiu- d'eux leur apprenne, pour leur bonté et pour l'bonneur de votre foi , que l'impiété ne lèvera pas impunément son étendard au sein de vos religieuses populations ! Et vous , enfants , si vous voulez que Dieu vous bénisse , bonorez ces hommes de dévouement à (jui sa grâce a inspiré le zèle de votre instruction. Respectez-les comme des pères, écoutez-les comme des maîtres, aimezles comme des bienfaiteurs. N'estimez , ne recbercbez les connaissances bumaines que comme un moyen de devenir meilleurs , et n'appréciez votre avancement dans la science, que par les |>rogrès qu'elle vous aura fait faire dans la vertu.

Pour vous , nos très-cbers Coopérateurs , vous aurez aussi \otre paît de «bnoirs dans cette œuvre dont le succès dépend de la direction qui lui sera donnée, et nous savons que vous les remplirez tous.

' Fiat liabilatio l'oruui tlcseila , el in tahernaciilis eorum non sit qui inhabitct. ps. i.xvm. 26.

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