‹ ŒuvresChapitre 6 sur 58 · MATH. XX · texte numérisé non relu

MATH. XX

18 ENÏRËE

les hommes , et non pas seulement pour lui-même , (juil est élabli juge en ee qui regarde les choses de Dieu '. Recevez tlone aussi nos salutations affectueuses et nos sincères protestations de dévouement à tous les services que réclament vos besoins spirituels , ô vous tous , habitants du vaste diocèse qui nous est échu en partage , peuple bon et religieux , cher et bien-aimé troupeau que le Seigneur Jésus , le grand pasteur des brebis , a remis à notre garde ' ; nous serons sans peine naturalisé au milieu de vous; nous venons à vous d'une province voisine et amie , que dès les siècles les plus reculés l'histoire nous représente comme liée et mêlée à la vôtre par une généreuse confraternité de périls et de gloire , dans les derniers efforts de la Gaule contre Tascendant qui achevait de la réduire ; alliance politique et toute guerrière , que notre ministère de paix ne nous permettrait pas de rappeler ici , si la religion ne l'eût cimentée et consacrée elle-même , quand elle donna pour premier pasteur à l'église d'Auvergne un pontife saint ^ , qui avait été le vôtre. Venez donc , reuouyelons cette antique et mutuelle alliance de nos pères, et quelque désavantage qu'il y ait pour vous

' HEB. V. 1. - IIEB. Xlll. 20.

3 S. Quintieii, d'ahoiil évëq. fie Rodez, puis de Clemioiil, inorl en 527.

dans cet échange de pasteurs , qui ne vous rend pas ce que vou? avez donné , recevez-nous pourtant comme l'un de vous; nous ne croirons point avoir changé de patrie , quand nous retrouverons parmi vous, a^ec la même nature et le même ciel, avec les mêmes accidents de sol, de température, et presque de langage , cette même simplicité de mœurs , ce même respect des anciennes traditions , qui honorent plus un peuple et lui procurent plus de bonheur, que ces nouveautés audacieuses et tous ces perfectionnements si vantés , qui lui coûtent le plus souvent la perte de sa foi sincère et de ses naïves vertus.

Oui , N. T. c. F. , nous savons que si vous connaissez moins les jouissances que donne le luxe , vous ne (connaissez pas non plus les besoins qu'il fait naître et les vices qu'il enfante ; que si vous êtes plus étrangers au mouvement du siècle , dont on s'inquiète peu quelle route il suit , ni sur quel écueil il peut se briser, pourvu qu'il marche , vous avez pour règle et pour guide la lumière de tous les siècles et la sagesse des ancêtres, qui n'a pas besoin d'avancer, puisqu'elle est complète dès le commencement ; et que pour être plus en arrière de cette perfection des arts et de ces progrès de l'induslric , (|ni Irop souvent amollissent et corronq^enl,

TOUS n'en ètos que mieux afFermis dans les principes conservateurs , qui font les âmes fortes , les cœurs droits et les grands caractères. Heureux dans vos montagnes et dans vos paisibles vallées , que le vieil arbre de la foi cbrétienne couvre de son ombre tntélairo, préservés par votre isolement de la contagion des fausses doctrines, soumis aux enseignements et à l'autorité de vos pasteurs , dévoués aux pratiques saintes de cette religion d'amour qui bénit votre berceau , vous assiste et vous suit comme une fidèle compagne , dans tous les jours mauvais ou prospères de votre pèlerinage , et ne vous quitte enfin qu'après a^oir jeté sur votre tombe dos paroles de résurrection et des promesses d'immortalité. Attacbés de cœur et de conviction au centre de l'unité catholique , à cette Eglise romaine , mère et maîtresse de toutes les autres , d'où vous est venu le rayon de l'Evangile , on peut dire de vous ce que l'apôtre saint Paul écrivait des iidèles de Thessalonique , que ht réputation de votre foi et de votre docilité est si bien établie par toute hi terre, qu'il peut même paraître superflu de vous en rendre le témoignage \

Aussi N. T. c. F. , avec quelle édification nous jouirons du spectacle de votre religion et de votre

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