M. Loyal, l'huissier de Tartufe
4. Il y a ici une inexactitude. Ce n'est point 10,000, mais 1 1,250 francs qu'on m'a fait payer, grâce au dixième de guen-e et aux frais judiciaires.
DP, RKRANGER. 24^
LE JLIF-ERRANT.
Am du Chasseur rouge, (I'Amkdée de Beaiti.an.
Chrétien, au voyageur souiïranL
Tends un verre d'eau sur ta porte :
Je suis, je suis le Juif-Errant,
Qu'un tourbillon toujours emporte. (Bis.)
Sans vieillir, accablé de jours,
La fin du monde est mon seul rêve.
Chaque soir j'espère toujours :
Mais toujours le soleil se lève.
Toujours, toujours, [Dis) j
Tourne la terre où moi je cours, \ Toujours, toujours, toujours, toujours.
Depuis dix-huit siècles, hélas!
Sur la cendre grecque et romaine, Sur les débris de mille États, L'affreux tourbillon me promène :
J'ai vu sans fruit germer le bien, Vu des calamités fécondes; Et, pour survivre au monde ancien, Des flots j'ai vu sortir deux mondes.
Toujours, toujours.
Tourne la terre où moi je cours, Toujours, toujours, toujours, toujours.
Dieu m'a changé pour me punir:
A tout ce qui meurt je m'attache.
Mais du toit pnH à me bénir
Le tourbillon soudain m'arrache.
Plus d'un pauvre vient implorer
Le denier que je puis répandre, *
Qui n'a pas le temps de serrer
La main qu'en passant j'aime à tendre.
Toujours, toujours, Tourne la terre où moi je cours, Toujours, toujours, toujours, toujours.
Seul, au pied d'arbustes en fleurs, Sur le gazon, au bord de l'onde, Si je repose mes douleurs.
J'entends le tourbillon qui gronde.
Eh! qu'importe au ciel irrité Cet instant passé sous l'ombrage?
Faut-il moins que l'éternité Pour délasser d'un tel voyage?
'i'oujours, toujours, Tourne la terre oiî moi je cours, Toujours, toujours, toujours, toujours,
Que des enfants vifs et joyeux Des mères retracent l'image ; Si j'en veux repaître mes yeux.
Le tourbillon souftle avec rage.
Vieillards, osez-vous à tout prix M'envier ma longue carrière?
Ces enfants à qui je souris.
Mon pied balaiera leur poussière.
Toujours, toujours,
DR RlCllANGEIl, Ô45
Tourno la (orro où moi je cours, Toujours, toujours, toujours, toujours.
Des murs où je suis né jadis Rcirouvé-je encore quelque trace*?
Pour m'arrètor je me roidis; Mais le tourbillon me dit: « Passe!
Passe ! » Kt la voix me crie aussi : « Reste debout quand tout succombe, Tes aïeux ne t'ont point ici Gardé de place dans leur tomb?. »
Toujours, toujours.
Tourne la terre où moi je cours, Toujours, toujours, toujours, toujours.
J'outrageai d'un rire inhumain L'Homme-Dieu respirant à peine...
Mais sous mes pieds fuit le chemin...
Adieu, le tourbillon m'entraîne. {Bis.) Vous qui manquez de charité, Tremblez à mon supplice étrange ; Ce n'est point sa divinité. C'est l'humanité que Dieu venge.
Toujours, toujours, (Bis.) J „.
Tourne la terre où moi je cours, ( Toujours, toujours, toujo.irs, toujours.
COUPLET
Air : Trouvorez-vous un parlement?
Notre siècle, penseur brutal, Contre Delille s'évertue, Tel vécut sur un piédestal.
Qui n'aura jamais de statue.
Artiste, poëte, savant, A la gloire en vain on s'attache :
C'est un linceul que trop souvent La postérité nous arrache.