‹ ŒuvresChapitre 126 sur 165 · DEVENUS MINISTRES · texte numérisé non relu

DEVENUS MINISTRES

Air :

Non, mes amis, non, je ne veux rien être; Semez ailleurs places, titres et croix.

Non, pour les cours Dieu ne m'a pas fait naître ; Oiseau craintif, je fuis la glu des rois. Que me faut-il? maîtresse à fine taille, Petit repas et joyeux entretien.

De mon berceau près de bénir la paille. En me créant Dieu m'a dit : Ne sois rien.

Un sort brillant serait chose importune Pour moi, rimeur, qui vis de temps perdu, M'est-il tombé des miettes de fortune,

Tout bas je dis : Ce pain ne m'est pas dû. Ouol artisan, pauvre, liôlas! quoi qu'il fasse, N'a plus que moi droit à ce peu de bien ? Sans trop rougir fouillons dans ma besace, lin me créant Dieu m'a dit : Ne sois rien.

Au ciel, un jour, une extase profonde

Vient me ravir, et je regarde en bas.

De là, mon œil confond dans notre monde

Rois et sujets, généraux et soldats.

Un bruit m'arrive : est-ce un bruit de victoire ?

On crie un nom; je ne l'entends pas bien.

Grands, dont là-bas je vois ramper la gloire.

En me créani Dieu m'a dit : Ne sois rien.

Sachez pourtant, pilotes du royaume, Combien j'admire un homme de vertu, Qui, regrettant "son hôtel ou son chaume ', Monte au vaisseau par tous les vents battu. De loin ma voix lui crie : Heureux voyage ! Priant de cœur pour tout grand citoyen. Mais au soleil je m'endors sur la plage. En me créant Dieu m'a dit : Ne sois rien.

Votre tombeau sera pompeux, sans doute; .l'aurai, sous l'herbe, une fosse à l'écart. Un peuple en deuil vous fait cortège en route; Du pauvre, moi, j'attends le corbillard. En vain on court où votre étoile tombe,

1. A répoque où cotte chanson fut faite, MM. Laffitte Dupont (de l'Eure') faisaient encore partie du ministère.

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Ou'iniporlo iilors votre i;île ou le mien? L;i (liirércnee est, (oiijoiirs une tombe. lin me créant Dieu m'a dit: Ne sois rien.

De ee palais souffrez donc que je sor le. A vos grandeurs je devais un sahit.

Amis, adieu J'ai derrière la porte Laissé tantôt mes sabots et mon luth.

Sous ces lambris près de vous accourue, La Liberté s'offre à vous pour soutien. Je vais chanter ses bienfails dans la rue. En me créant Dieu m'a dit : Ne sois rien.

GOTTON.

Air dos Cancans.

Deux vieilles disaient tous bas Belzébuth prend ses ébats.

Voyez en robe, en manteau, Gotton, servante au château.

C'est par-ci, c'est par-là, Trala, trala, tralala ;

C'est par-ci, c'est par-là.

C'est le diable en falbala.

Son maître est jouet d'un sort, Oui, de l'enfer elle sort.

Gageons que son brodequin Nous cache un pied de bou(juin.

C'est par-ci, c'est par-là, Trala, trala, tralala;

C'est par-ci, c'est par-là, C'est le diable en falbala.

Au vieux baron dès qu'elle eut Fait adjurer son salut, Gotton, rouge de bonheur, Se créa dame d'honneur.

C'est par-ci, c'est par-là, Trala, trala, tralala;

C'est par-ci, c'est par-là, C'est le diable en falbala.

Bien que le chemin soit long De la cuisine au salon, Je viens, dit-elle, à mes fins ; Dormons tard dans les draps fins.

C'est par-ci, c'est par-là, Trala, trala, tralala;

C'est par-ci, c'est par-là.

C'est le diable en falbala.

Depuis lors, certain valet, N'ouvrant qu'un coin du volet.

Au lit, d'un air échauffé.

Porte à Gotton son café.

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C'est par-ci, c/est par-là Trahi, Irala, (lalala ;

C'est j)ar-ci, c'est |)ar-lci, C'est le diable en falbala.

Au château tous empâtés, Oue d'ànes elle a bàlés !

Notre maire, qui l'a fait ?

Gotlon et le sous-préfet.

C'est par-ci, c'est par-là, Trala, trala, tralala;

C'est par-ci, c'est par-là, C'est le diable en falbala.

A l'église. Dieu ! quel ton !

Suisse, au banc menez Golton, Pour lorgner le sacripant Qu'elle-même a fait ser[)ent.

C'est par-ci, c'est par-là, Trala, trala, tralala ;

C'est par-ci, c'est par là, C'est le diable en falbala.

Mais quoi ! l'infâme, aux jours gras, ])u beau curé prend le bras ; L'iippelle petit coquin.

Et l'habille en Arlequin,

C'est par-ci, c'est par-là, Trala, trala, tralala ;

C'est par-ci, c'est par-là, C'est le diable en falbala.

Elle a tout : meubles, chevaux.

Bals, festins, atours nouveaux; Riche on l'accueille on tout lien, Puis courez donc prier Dieu !

C'est par-ci, c'est par-bi, Trala, (râla, Iralala;

C'est par-ci, c'est par-là, C'est le diable en falbala.

L'enfer donne à ses suppôts Trésors plaisirs et repos :

J'en conclus qu'il est écrit Oue Gotton est l'Antéchrist.

C'est par-ci, c'est par-la, Trala, trala, Iralala ;

C'est par-ci, c'est par-là, C'est le diable en falbala.

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