‹ ŒuvresChapitre 45 sur 165 · LA VERTU DE LISETTE · texte numérisé non relu

LA VERTU DE LISETTE

AïK : Jo lo^'o ;ui quatrième étage.

Quoi I de la vertu de Lisoltc Vous plaisantez, dames de cour !

Eh bien, d'accord : elle est grisette; C'est de la noblesse en amour. [iHs.) Le barreau, l'Église et les armes De ses yeux noirs font très- grand cas. Lise ne dit rien de vos charmes; / De sa vertu ne parlons pas. )

D'avoir fait de riches conquêtes L'osez-vous bien railler encor, Quand le peuple hébreu dans ses fêtes Vous voit adorer son veau d'or?

L'Empire a, pour plus d'un service.

Longtemps soudoyé vos appas.

Lise est mal avec la police ; De sa vertu ne parlons pas.

Point de cendre si bien éteinte Qu'elle n'y retrouve du feu ; Un marquis dont la vie est sainte Veut à la cour la mettre en jeu.

Par elle illustrant son mérite, Sur les ducs il aura le pas.

Lisette sera favorite :

De sa vertu ne parlons pas.

Çà, mesdames les dénigrantes, Si cet honneur vient la trouver, Vous vous direz de ses parentes.

Vous ferez cercle à son lever.

Mais, dût son triomphe et ses suites De joie enfler tous les rabats, Se confessàt-elle aux jésuites.

De sa vertu ne parlons pas.

Croyez-moi, beautés monarchiques, Le mot vertu, dans vos caquets.

Ressemble aux grands noms historiques, Que devant vous crie un laquais. {Bis.) Les échasses de l'étiquette Guindent bien haut des cœurs bien bas : ,Dela cour Dieu garde Lisette!

De sa vertu ne parlons pas.

Bis.

LE VOYAGEUR

Air : Plus on est de fous, plus on rit {aans la reprise final LE VIEILLARD.

Voyageur, dont l'âge intéresse, Quel chagrin flétrit tes beaux jours?

LE VOYAGEUR

Bon vieillard, plaignez ma jeunesse, Ln butte aux orages des cours.

LE VIEILLARD

Le sort est injuste sans doute,

Di'i m; R A N(i i;ii. d7

Mais n'est |)as toujours rigoureux.

Dieu, (|ui m'a \)\m'v sur ta roule, Dieu l'ullVe un ami (/^/.s), sois lieureux.

Lli VOVAGKUR.

Mes maux sont de (risles exemples Du pouvoir des dieux d'ici-bas.

Bienlôl le crime aura des temples; Des palais il doit être las.

LE VIEILLAIID.

Piends mon bras, car un long voyage Endolorit tes pieds poudreux.

Comme toi j'errais à ton âge.

Dieu t'offre un ami {bis}^ sois heureux.

LE VOYAGEUR

Quand j'invoquai dans la lempôle Ce Dieu qu'on dit si consolant, Les poignards levés sur ma tête Portaient gravés son nom sanglant.

LE VIEILLARD

Te voici dans mon ermitage, Yersons-nous d'un vin généreux.

Hélas! mon fils aurait ton âge.

Dieu t'offre un ami [bis)^ sois heureux.

LE VOYAGEUR

Non, il n'est point d'Être suprême Qui seul peuple l'immensité; Et cet univers n'est lui-môme Qu'une grande inutilité.

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