‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 102 sur 189 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

" Souffrez, Evandre, que je ne tienne pas votre esprit plus lon^-tenips attentif sur tout régarement de mes pensées.

«Les quarante jours d'épreuves étaient expirés, et j'étais en quelque sorte décidé à ne point me présenter devant les prêtres des saints mystères. Mais le sentiment de honte qui me tourmentait avait été facilement aperçu , et l'on avait connu ce qui se passait en moi. Un Egyptien vient m'engager à retourner dans le temple. Je lui dis que je n'avais rien fait de ce qui m avait été prescrit, et que je n'oserais paraître en présence des prêtres augustes. «C'est bien, me répondit -il; toutefois « votre anie est dans le trouble. Vous êtes mécon- « tent de vous , et votre affaissement vous pèse ; « un tel état est meilleur que vous ne croyez, Au- «jourd'hui l'initié ne tuera point l'initiateur. Allez «« du moins demander des conseils et des consola- « tions. »

« Je retournai donc au temple , mais plein de confusion. Je heurte à la porte.

«< Que demandez-vous? »

« A me réconcilier avec la sagesse. »

« Entrez dans le vestibule. »

« J'entre en tremblant.

« Ecoutez , Thamyris , vous n'avez été si faible <> que parceque vous avez trop présumé de vos for-

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>^ CVS. Vous ave/ rlv (li'cii ; nous avio/. cm, dans Noirc orjjiicilloiiso pi'csomplioii , ([nc tons les ob- '< stades allaioiit s abaisser devant vos simples désirs, " t|iie vos ennemis n'oseiaient se mcsnrer avec vons, ' et vous ne vons êtes point armé ponr le combat. «Toujours la vicîoire s'achète, et quelquefois c'est « à de liants prix, puiscpie souvent c'estau prix du «repos, du bonheur, de la vie. Ce n'est pas tout: «les dieux immortels aiment à humilier les super- « bes.Nons portons tous au-dedans de nous une juste « Némésis. Mais vous vous repentez, et vous méritez « la réconciliation. »

«Vous ne m'avez pas reçu avant que j'eusse snc- «corabé, et vous me recevez à présent. Vous avez " voulu savoir si j'étais fort, et je vous ai appris que «j'étais faible. Vous m'avez prescrit de méditer, et «j'ai vécu dans la dissipation. Qu'anriez-vous donc «fait pour moi, si je n'eusse pas été faible, et si « j'eusse été exact à chercher au fond de mon cœur « les enseifjnenients qu'il m'avait été ordonné d'y « chercher? "

« Qui ta donné le droit d'interrojjer les prêtres « des saints mystères? Nous donnons gratuitement, « quand , et à qui nous voulons; et, pour te le prou- « ver, nous allons t'enseigner plusieurs grands se- "crets: un pour faire de for, un pour prolonger «la vie, un pour exalter rimagination, et lui faire

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