‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 103 sur 189 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

« produire des choses qui excitent l'admiration des " hommes. »

« Le secret de faire de l'or, rcpondis-je , c'est de « vivre exempt de hcsoins; celui de prolonger la vie, « c'est de bien employer le temps qui nous est ac- « cordé par les dieux immortels ; celui d'exciter l'ad- « miration des hommes, c'est de leur donner de " bons exemples. »

i< Comment ! tu n'es pas tenté au moins d'avoir « le moyen d'être plus utile aux hommes? avec de «l'or, tu pourrais venir au secours de l'indigence, « élever des monuments qui feraient la gloire de " ta patrie, ou exécuter des travaux qui ajouteraient « à sa prospérité. "

« Orphée a su faire du bien aux hommes, sans le « secret de faire de l'or. "

« Tu pourrais attendre avant de te comparer à « Orphée. »

« Je l'avoue ; mais en refusant t(||it , j'accepte tout; i< car je sais que c'est un moyen d'obtenir. »

'< Parles-tu ainsi pour te jouer des saints niys- « tères ? »

« Non ; je me plains de ce que vous m'éprouvez " comme un enfant. Ai-je donc fait naître en vous « un si grand mépris? Sans doute les secrets que u vous m'offrez sont la vaine pâture de ceux que « vous destinez à rester dans le vestibule du temple. "

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.< ].c picVre sourit (l'iiu somiiv tic [)i(i(', (|in me rappclii aiissitôl Viiiili;ili«»ii cxUriciirc, et ](' sentis une vive roufifeiir couvrir mon visajje.

« Tu peux te retirer, dit le prêtre; lorjTfneil et la .< curiosité t'ont conduit ici. Tu es sans force et sans « docilité, ce qui est la pire condition. »

u Je ne puis pas promettre d'être fort, mais je i< serai docile. »

« Alors, attends un instant. »

«J'attendis, et Ton me fit entrer dans une salle tendue de noir, éclairée par une lampe sépulcrale. Une musi({ue luj^ubre prolon{i;e ses tristes accents sous cette voûte funèbre. Un jeune homme nu est attaché sur une table de fer. Le prêtre s'arme d'un poignard ; il m'en donne un , cjue je saisis en frémissant. Une sueur froide glace mon front. Le prêtre dédaigna mon effroi.

« Suis tous mes mouvements. Nous allons im- " molcr cette victipie , car ce n'est que par un tel « lien que nous pouvons être sûrs de toi. Nous frap- « perons ensemble. »

« Je ne veux point tuer l'innocent, et je vois que n toi-même tu ne le veux pas. »

« Ne parle point de moi ; dis seulement que tu ne « veux pas. Qui t'a appris, au reste, que cet homme « fût innocent? Sais-tu s'il n'a point trahi les saints "mystères? sais-tu s'il ne s'est point rendu cou-

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