‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 105 sur 189 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

'< pour te révéler à toi-même les arrêts de ta propre «conscience; mais que la peur du supplice ne te " fasse pas trahir la vérité. Au reste, nous nous en " apercevrions bien. »

« Que le juge m'interroge. »

«Thamyris, Thamyris,je n'aime point que tu « demandes à être interrogé, car il y a en toi une « sorte de confiance pour ta cause, ou peut-être je « ne sais quelle mauvaise foi dans le secret de ta « pensée. Aucun nuage ne doit rester entre toi et « nous , et le moindre voile que tu voudrais retenir « autour de toi , serait un mur d'airain qui nous sé- « parerait à jamais. Nous ne sommes pas des dieux; « nous ne voulons pénétrer que dans les cœurs qui « nous sont ouverts ; et qu'avons-nous affaire de « chercher à pénétrer dans ceux qu'on veut nous « tenir fermés? Thamyris, nous aurons de la peine " à faire de toi un disciple de la sagesse. Ah ! ce n'est « point ainsi qu'Orphée nous apparut. Il ne fut << soumis à aucune épreuve, parcequ'il allait de lui- « même au-devant de la sagesse et de la vérité. Il « avait été illuminé par sa conscience sublime. Dès « le premier moment, il nous raconta sa noble vie. « Le désir de faire le bien , le désir de se conscrvei- " pur et exempt de toute faute, tourmentaient seuls « sa grande ame. Crois-tu qu'à Orphée nous eussions « proposé des secrets merveilleux? crois-tu que nous

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• eussions |iii lui oilrii ciili'c mous cl lui le lien <• (lu nicmfre et du san;;? crois-tii (jiic nous l'ayons . liiir cliarccr de cliaîncs, et atfaclier sur re(t(^ roue, << inia(^c d'une conscience peu sûre d'elle-même? Au " reste, ce n'est point potir te découraj^er que nous " le citons rexenipli; (rOi])liéc. S'il a viv dispensé '< par nous des épreuves, c est que les dieux s'étaient " ehar|;és eux-mêmes de ce soin. Eurydice, Éri.<;on(;, " la sibylle, les douleurs de lame, furent les éj)reu- " ves choisies par les dieux pour Ihomme de leur « providentielle préférence. En outre, ils lui étaient ;< apparus dans les son{jes de la nuit; ils l'avaient '< visité dans les heures de la solitude; pouraccom- « plir d'insondables desseins, ils avaient rendu son " oreille propre à entendre la parole divine. Ne « crois pas cependant que la foule soit abandonnée " à de méprisables hasards, à une dédaigneuse fata- " lité. Je dois te le dire, les épreuves sont accordées « à tous les hommes, et ce n'est pas seulement dans <' le temple d Isis (pi'elles sont dispensées. Toutes les «choses humaines sont de hautes, d'inexplicables " épreuves. Les uns en profitent, les autres en sau- " ront profiter à leur tour. Des mortels privilé^ofiés « s élèvent au-tlessus du niveau général pour hâter « un but marqué par la sagesse des dieux. Quant à « nous, nous ne sommes que les ministres du pou- "voir suprême; nous ne parlons que lors([u'il se

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