LIVRE SIXIÈME
«chants; mais, dès aujourd'hui, sois certain qu'il « ne faut point en désespérer ni la mépriser. Nulle « barrière n'est insurmontable; la doctrine vaste et « consolante des épreuves établit des grades pro- « gressifs, et non des classes immobiles. Tu sauras « l'unité de l'espèce humaine , grand et magnifique «problème qu'Orphée vint nous proposer, et que « des traditions inaltérées peuvent seules résoudre. « Tu comprendras alors que tous sont appelés à se « rendre dignes d'un glorieux époptisme.
« Nous ne te ferons point subir les épreuves de « l'eau, de l'air et du feu ; tu n'es pas marqué pour " défricher la terre, ou pour dompter des monstres. " Nous ne lèverons point devant tes yeux le rideau " des sciences secrètes ; tu n'es pas appelé à être « théocrate parmi les peuples. Nous ne te ferons « point voyager dans le Tartare et dans l'Elysée; tu « n'es revêtu d'aucun sacerdoce.
« Toutefois il ne faut pas que tu ignores la pen- « sée fondamentale de toute société.
« Écoute. Le prêtre, c'est l'homme même.
« Le poëte, c'est Ihomme sym^Dathique.
« Le roi, c'est le peuple.
«Thamyris, tu n'es pas l'homme, tu n'es pas le « poëte, tu n'es pas le peuple, tu n'es qu'un poëte.
«Un aliment n'est bon qu'autant qu'il devient
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