LIVRE SIXIÈME
« En effet, l'homme doit achever de fonder le " monde.
« Ailleurs les Titans ont exécuté cet ouvrage; en " Egypte, c'est l'homme : chez nous, la fable n'a pas " précédé l'histoire.
'> Que les limites de la propriété soient placées « dans le ciel, que les signes du culte soient égale- " ment placés dans le ciel ; enfin que les fastes civils « et les cérémonies religieuses soient écrits dans le « ciel : c'est toujours la même idée primitive , née «dans l'homme, et non acquise par lui, celle de " fixer dans le ciel impérissable l'image des choses « périssables de la terre, de faire que la terre, de- « venue le domaine temporaire de l'homme, parti- « cipe de la durée du ciel , que l'homme doit con- " quérir.
« Tj'Egypte est l'abrégé de l'univers ; l'Egypte est " une représentation du ciel.
« Nos cérémonies et nos chants sont un reflet et « un retentissement des sphères étoilées.
« I^es animaux terribles du planisphère sont des u hiéroglyphes qui racontent à-la-fois les cycles asu tronomiques et les cycles sociaux.
.(Tu sais déjà ce qu'est l'union des sexes , dans « l'humanité, lors({ue la lutte des éléments est finie, » lorsque la parole a fécondé le chaos. L'initiation «sur la(|uelle repose cette union sacrée, principe
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.' tlt; (oui ordre, jjajjc siicccssil (le loiilc li;ii iiioiiic, «est mit' iiol)lc évocation do la |)rciniri"(' science « cosnio[;(^ni(juc. C'est poiir<|iioi les eéiéiiionies (|iii «la conslitiient, ({iii la sanctilieiit, sont an.j;ustes et " redoutai )les à Tép^al des mystères d'ïsis.
<< Le respect pour les morts est un sentiment «|iii « se confond avec une pensée éternelle, la restitution « de l'être .
« Mais, Tliamy ris, la pensée de la restitution de « Têtre, et celle de la perpétuité de l'être, ne sont- « elles point identiques l'une à Vautre? ne ténioi- « gnent-elles pas l'une et l'autre, par leur identité " même, d'un antique brisement de l'être, prand et « profond mystère, caché sous mille voiles tliéo(>oi« niques et cosmo|;oni([ues?
«De plus, Thamyris, rassimilation de la terre « avec 1 homme, par les travaux de la culture, as- « similation qui est le fondement réel de la pro- «priété, ne raconte-t-elle pas que l'homme, sorti « de la terre, est appelé à la transformer?
«N'est-ce pas à une telle profondeur qu'il faut « chercher la raison des lois sociales, raison iden- « tique aussi avec les lois générales de l'univers?
« Les choses ([ue je viens de te dire sont des ger- « mes que je dépose dans le champ défriché de ton « esprit. Il faut que ces germes se développent eux « mêmes.
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" Maintenant donc nous te livrons à tes propres '« méditations. »
- Après cet entretien préparatoire, je me sentais en quelque sorte plus lé^ç^er. Il me semblait que des lueurs perçaient tant de nuages. Prenais -je mes éblouissements pour des clartés? Quoi qu'il en soit, la partie la plus pénible des épreuves était terminée, mais ce n'était pas la plus difficile; les véritables initiations allaient commencer.
«Roi pasteur, permettez que j'interrompe un iustant mon récit pour prendre quelque repos. »
FliN DU LIVRE SIXIEME.
ORPHÉE