LIVRE SEPTIEME
« trent dans le sanctuaire; et là, cette énigme leur « est proposée :
« Y a-t-il sur la terre un être qui réunisse les qua- « lités bonnes et mauvaises de tous les animaux, « dont le regard plonge dans le soleil comme celui « de l'aigle, dont la poitrine généreuse méprise le « danger comme fait le lion , qui ait la férocité du «tigre, le dévouement du chien, la ruse du ser- «pent, l'industrie de l'abeille, la prudence de l'é- '< léphant, la patience du chameau , l'innocence de « la blanche colombe, la prévoyance de la fourmi? « y a-t-il un être qui marche tantôt sur quatre « pieds, tantôt sur deux, tantôt sur trois, et qui soit "d'autant moins assuré dans sa démarche, qu'il " semble être mieux appuyé? y a-t-il un être qui i< n'ait qu'une voix, qui ne prononce qu'un cri, « et qui se fasse entendre de tous les animaux, qui '< soit compris en même temps de tous ses sem- « blables , s'il en a ? Un tel être rampe-t-il sur la « terre, s'agite-t-il au sein des eaux, ou vole-t-il dans « les airs? »
« Le prêtre s'arrêta pour m'interroger des yeux, et savoir si j'avais saisi le sens de l'énigme qui avait été proposée aux enfants d'Uranus ; puis, me voyant perdu dans la méditation , il continua en ces mots :
« Tous les fils d'Uranus restèrent dans le silence.
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•' liii seul, ce lui Hcliis, prciiiiiK In j);ii()l(', »li(: "Le j;r;iiul - pii'trc vient de iairc; 1 liistoiicî de '. riiomiiic. Clliacim dos iiniinaux scmidc contenir K II ne (hanclio de Hiomnie dans ses orf;anes cxté- << rieurs, comme leurs instincts divers semblent être '< une éhanche de notre intelligence et de nos senti- " ments. Le f^rand-prêtre nous a présenté llionnne - dans son inlance, dans son âge mûi-, dans sa vieil- " lesse; et le phénix nous le jirésentera anjoiird'lini " dans sa mort. L'honime na «{u'une voix; et cette « voix est entendue non seulement par ses send)la- " blés, mais encore par les animaux; et cette voix, « qui n'est le plus souvent que celle du gémisse- « ment, passe de {vénération en {génération, et re- « tentit dans les siècles. Qui sait s'il ne parviendra « pas à être en rapport avec les intelligences supé- «rieures; et si déjà il n'en est pas entendu? Il ne " vole pas dans les airs, il ne descend point dans les « abymes des mers; mais il mesure les cieux, mais « les mers ne sont point un obstacle à ses con([uêtes. « Son esprit embrasse l'univers. "
" A ces mots le prêtre qui me faisait le récit que vous entendez, sage Evandre, s'arrêta encore pour ni'interroger par son regard.
«Je vous ai compris, lui dis-je, et je crois coni- « prendre en même temps les discours de l'iré- «sias, biéioj)liante de la (iadmée; j'ai reconnu lé-
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" iiijjmc célèbre du mont Phicéus, ({ui est à-la-fois « le mystère de rhomme et le mystère des races « royales, chargées par les dieux de diriger les des- « tinées des peuples, en s identifiant à elles; enfin «je retrouve la doctrine prescrite à tous de se con- « naître soi-même pour pouvoir entrer dans la voie « du progrès. Sans doute que Bélus, qui avait si "bien deviné l'énigme de l'homme, ne demanda «point à voir le phénix sur la montagne sacrée, « car le phénix n'existe point. C'est une allégorie « de l'immortalité promise à l'homme. »
« Tu as compris, me répondit le prêtre, et toute- « fois ton intelligence n'est pas grande. Nos sym- « boles n'ont pas un sens aussi restreint que tu pa- « rais le supposer. On peut considérer, il est vrai, « l'instinct des animaux comme une sorte de voile « qui enveloppe toute la création , et qui rend plus <i mystérieux encore les profonds mystères des fa- « cultes humaines. La simple vue des caractères sa- « crés qui couvrent tous nos monuments a frappe « ta pensée, mais c'est une vue vulgaire. Il faudra « que tu t'accoutumes parmi nous à porter tes re- « gards un peu au-delà de ce qui est autour de toi. " L'histoire du phénix contient bien des enseigne- « ments que tu parviendras à découvrir. Quand tu « auras davantage médité, tu y trouveras peut-être " un emblème des révolutions célestes. Ija science
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« (l( riiilltit''iice des astres, (IcHjjmée \r>\\' les lioiii- « mes <(ui ne Vont pas comprise, a produit mille u siijiorstitioris: tant il est daii{;creiix de répaiidic la " science sans discernement, de la ré])andre avaiM «d'y avoir préparé les esprits! Sémc-t-on le [jrain '( dans une terre ([ni n a ])as été défrichée et labon- X rée? La volonté de Ihominc marche dépendante, « mais non esclave de l'harmonie nniverselle, qu'on .< a appelée destin : elle est une puissance ellc- « mênicj et cette puissance lait partie des lois qui «gouvernent le monde. Quand tu auras médité « plus de temps, médité dans la solitude de ton « ame, et par notre secours, tu trouveras'peut-être « aussi dans cette histoire l'explication hiérographi- « ([ue des révolutions qui arrivent dans les sociétés « humaines. Les peuples sont successivement sau- '< vages, nomades, chasseurs, pasteurs, laboureurs, « commerçants. Tous ces états différents et succes- « sifs demandent des lois différentes et successives, « émanées des lois générales (pii s appliquent à « tous. Ainsi les sociétés humaines meurent et re- « naissent comme le phénix. Mais c'est le phénix « qui construit son propre bûcher, parcecju'il veut « trouver dans les cléments intimes d'un principe « devenu stationnaire le germe d'un nouveau j)rin- « cipe progressif; c est lui (jui rassemble le cinna- « morne, le safran , les autres plantes odoriférantes