LIVRE SEPTIEME. 36i
« qui doivent l'entourer de parfums, et il attend que « les rayons du soleil descendent sur ce bûcher mys- " térieux pour Tembraser.
'< On ne peut assister à cette mort merveilleuse, «à cette résurrection plus merveilleuse encore, si « l'on n'a d'abord deviné l'énig^me de l'homme, qui '< est pour les races royales l'énipme de leur iden- " tification avec les destinées futures. Thamyris, " nous touchons à cette époque de fin et de renou- « vellement des sociétés humaines. Le régne des rois " divins ici va finir; là c'est le régne des rois héros; « ailleurs c'est celui des rois pasteurs : le monde de " 1 humanité par-tout commence, ou subit par-tout " une immense transformation. Voici que les funéi' railles immortelles de l'oiseau symbolique vont « commencer. Malheur aux princes qui méconnaî- » traient la nature même de l homme, qui seraient «sans sympathie pour ses destinées successives! il «< ne leur sera pas donné d'assister à la mort mys- " tique du phénix. Ils ne verront point sa résurrec- " tion glorieuse, ils ne pourront plus régner sur les "peuples. Malheur aux hommes trop curieux, ou «trop impatients de l'avenir, qui violeront l'entrée « du bocage sacré, qui voudront voir ce qui ne leur «est pas permis de voir! ce grand acte de la mort « et de la résurrection ne pourra s'accomplir dans « le silence auguste et religieux dont il doit être ac-
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- C()mj);ij;ii(''. }/,\ vio de lOiscan |)aliii(;riu''si(jiio sVî- » toiiit, alors djiiis de criuîls tounnciits; an lieu d'être "eoiisumé par un rayon |)ni dn so1(m1, son l)ùeher " sans jiarlïiins est embrasé parmi feu tout matériel; '< et des cendres stériles sont tout ce ([ui reste du " phénix.
«Ne va pas t'étonner, Thamyris, de ce ffuc nos « end)lèmes ont un sens si étendu ; ils doivent être « une imajyc imparfaite sans doute, mais une iina,fye " vraie de la fécondité de la ])ensée divine. Une " seule loi régit la vie de l'homme , la vie des sociétés «humaines, si semblable à celle de l'honnue; elle « régit encore la terre que nous habitons, les corps " célestes qui nous environnent, et elle s'étend jus- « qu'aux dernières limites de l'univers. «
««Après que cette histoire du phénix eut été racontée, les entretiens se prolongèrent encore longtemps. \n des prêtres me dit : « Néophyte, toi que « la renommée met au nond)re des plus habiles mu- « siciens , sais-tu l'origine et la source de toute " poésie? sais- tu dans quelle région, dans quelle ^
« sphère a été allumé, dès le commencement de la ■%
" race humaine, ce foyer qui échauffe, ce flambeau «qui éclaire, celte lumière éternelle et inextingui- « ble qui se nourrit de son impérissable substance, «qui produit et propage l'inspiration, quelquefois «feu obscur, toujours vivant, quehpicfois flamme