‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 120 sur 189 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

« Evandre, je n'ai point retenu dans ma mémoire ces deux poëmcs célèbres, pleins d'une science si féconde, d'une poésie si vaste et si admirable; je ne pourrai vous en offrir qu'une bien faible idée. Commençons par le poëme de Job. On ne sait pas si cette histoire a été racontée par le grand législateur des Hébreux aux prêtres de l'Egypte, ou s'il la tenait d'eux. On est certain seulement qu'elle est de la plus haute antiquité, et qu'elle remonte audelà du temps où Israël, échappé à la maison de servitude , traversa le désert. Les poètes des labyrinthes ont presque tous traité ce sujet ; ils font regardé comme une des premières révélations de limmortalité de lame.

"Quoi qu'il en soit, les Arabes ont conservé la mémoire d'un homme qui a connu toutes les douceurs et toutes les misères de la condition humaine. Il était du pays de Hutz, et vivait dans l'abondance. Mais la prospérité ne peut pas être durable; un nuage de maux creva sur le juste. L'homme ne saurait trouver son contentement dans les biens de la terre, car ces biens sont périssables. Son cœur veut d'autres plaisirs et d'autres joies. Néanmoins, sans les jours d'épreuves, l'homme deviendrait mauvais, et voudrait être indépendant de son Créateur. La doctrine de l'immortalité de lame sort donc de cette triste hypothèse, l'insuffisance des biens de ce

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iiioiulc, et \cA\v iris(;>l)ili(<'. M.iis il i;illai( , pour ù\v\ ini c'iisci{;n(nnoiil de IMiistoiro do .loi), (jiu' .lob l'ûl reste irrépro( liablc : r;ulvcisitô lui devait faire eoiiiiaîtrc les doutes et les déeoura};enients (|iii ticMineiit à la fraf]filité humaine, et non point les remords de la eonscience. Ceux qui ont chanté les ^^yrandeurs et les misères de Job n'ont pu être étranjjers à cette énerf^ie morale dont fut animée toute la vie du patriarche : ils Tout tous fait passer avec plus ou moins de fruit dans leurs chants inspirés. La dilTérenee entre eux n'est que dans l'expression.

« Le prêtre voulut donc s'en tenir au plus ancien de tous. Mais, pour vous faire comprendre le tumulte d'idées que devait produire ce récit en veis harmonieux , il faut que vous sachiez, roi pasteur, une circonstance faite pour émouvoir vivement lame d'un néophyte. Pendant que le prêtre s'exprimait avec une sorte de mélodie ^rave et solennelle, un joueur d'instruments soutenait par un son continu, doux, plein de charme, la voix de celui qui parlait. De temps en temps, d'autres joueurs d'instruments se jf)i}jnaient à ce concert, pour produire des effets extérieurs, tels que le trouble des éléments ou les bruits de la tempête. Enfin, dans les moments de repos, un personnage, qui s'appelait le chœur, intervenait, et exprimait, comme inspilé par une merveilleuse sym]>athie, les sentiments

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