LIVRE SEPTIÈME
confus du néophyte , transporté dans une région toute poétique.
« Cest bien alors, Évandre, que j'ai pu douter d'une tradition adoptée par nous autres Grecs; celle qui attribue l'invention de riiexamètrc à l'enthousiasme dont furent saisis les peuples lorsqu'ils voulurent célébrer la victoire d'Apollon sur le serpent Python.
« Les émotions que vont réveiller en moi tous mes souvenirs vous feront seules connaître , fils de la Thyade, celles que j'ai dû éprouver; encore ne parviendrai-je à vous en faire connaître qu'une partie.
« L'abondance dans la([uelle Job passait sa noble vie surpasse tout ce que Ton peut imaginer. Il était simple pasteur, mais l'immensité de ses domaines et de ses troupeaux , mais les prospérités de sa florissante famille le faisaient considérer à fégal d'un roi : on le nommait roi d'Idumée; et les peuples s'en remettaient à l'équité de ses j ugements. Il était simple pasteur, et cependant on croyait que des reines de l'Orient l'avaient nourri de leur lait, l'avaient élevé sur leurs genoux ; que des rois savants furent ses pédagogues; qu'il eut des princes pour serviteurs, des princesses pour servantes. Il avait appris la vertu dans le livre des Justes; la sagesse, dans le livre des Proverbes; le courage, dans le livre des Guerres du Seigneur. Ses amis étaient des dieux de la terre;
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voici lents noms: Klij)lins, loi »l<'s '^rlicninnilcs ; r»il(Iiul, roi dos S(jiihites; ^'soplun', loi des iSaliauiititcs; Élilin, fds do Baraclicl, IJnsitc, do la famille do Ram, race éclataiito parmi les races Immaines. Ainsi nul n'eut d'abord des amis ])lns puissants et plus nond)reux, et nul ensuite ne fut pins délaissé.
«Les habitants du pnys de Ilut/- le ro.'jardaieut avec jalousie, et il leur disait: « Vous êtes des in- « sensés, car je ne jouis de ces grandes richesses « que pour vous en faire part. Je répands l'abou- « dancc parmi vous. Les esclaves que j'achète vi- « vent heureux et trancpiillos; et vous, <piand vos «troupeaux périssent, je vous en donne de nou- " veaux. Si vos moissons ne suffisent pas à votre " nourriture, mes greniers vous sont ouverts. Si les « Sabéens ou les Chaldéens vous pillent , je vous « rends ce qu'ils vous ont pris, lorsque mes servii( teurs n'ont pas su vous défendre. Qu'avez- vous "donc à demander? Et mes richesses, que sontbelles? Mes troupeaux ne peu vont -ils pas périr «aussi? Le feu du ciel ne peut -il pas brûler mes « granges et mes greniers? Si les Sabéens et les Ghal- « déens venaient en troupes plus nombreuses, où « trouverais-je des forces pour vous défendre, pour « me défendre moi-même? Mes enfants sont sujets à « la mort comme les vôtres. Et moi , je suis soumis «aux infirmités, à la vieillesse, à la mort, comjne