‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 122 sur 189 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

« le plus indi^jeiit d'entre vous. Au reste, qu'impor- " teiit les biens et les maux! N'y a-t-il pas une autre « vie? Accomplissons la justice selon notre lieu , se- " Ion notre capacité. Dites, lorsque je suis assis sur " mon tribunal comme un jnge ou comme un roi, " lorsque je marche au milieu de vous dans mon " opulence, avez-vous à vous plaindre de moi? Ai-je « chassé le voyageur de mon foyer? ai-je banni le « misérable de ma présence? I^a prière a-t-elle trouvé " mes oreilles insensibles? mes paroles ont-elles été « dures et menaçantes? »

«Pourquoi, murmuraient les indigents, pour- " quoi cette inégale dispensation des biens de la «terre?» «Dieu a voulu, répondait Job, que les « uns méritassent en donnant, et que les autres mé- « ritassent en recevant, mais toujours les bienfaits « viennent de lui. Et c'est lui aussi qui rend la justice « aux peuples. »

« Un jour Job entra dans la maison d'une veuve qui poussait vers le ciel des cris douloureux. Sa fille venait de mourir. Déjà le linceul funèbre était jeté sur le corps de la vierge. «Femme, dit le juste, « vous poussez des hurlements comme si votre fille « n'était plus! » « Dieu! s'écrie la veuve, la vie sub- « sisterait-elle encore dans la vierge que j'ai enfantée « avec douleur, et que j'ai nourrie de mon lait? »

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