‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 124 sur 189 · LIVRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIEME

«s'est envolée vers le séjour éternel. Femme, ré- « jouis-toi. Les habitants du st^our éternel te glo- >< rifient , parceque tu leur as donné une céleste « compagne. »

« La veuve désolée considérait avec étonnement sa fille; et, en considérant le beau visaj^e delà vierge, elle conçut la grande pensée de rimmortalité de lame. Elle dit à Job : « Je te remercie. Je pleurerai « l'absence de ma fille, je soupirerai après l'instant " où je la retrouverai ; je ne pleurerai plus sa mort. «Mais, homme de Dieu, dis-tu vrai? L'ame est-elle «immortelle?" «Femme, s écrie Job, as-tu vu la « prospérité du méchant?» «Oui, répond la veuve, « et j'ai accusé la justice de Dieu. L'époux qui m'a « été donné dans la joie m'a été ravi dans la dé- «< tresse. Ma fille, tendre objet d'amour et de pitié, « n'a point crû sous le soleil de la patrie. Elle n'a « jamais vu les fêtes du sol natal. C'est une plante « étrangère qui s'est épanouie à regret pour se flé- « trir aussitôt. Et cependant notre héritage est dé- « voré par des gens qui savourent les fruits de notre «terre, qui font des noces fortunées, et qui mour- « ront pleins de jours. » « Eh bien ! reprend le juste, « sache que famé est immortelle; et tout sera ex- '( pliqué. Ah! j'en jure les merveilles de la créa- « tion , j'en j ure la grandeur et la bonté de Dieu, «j'en jure la pensée humaine, j'en jure les dou-

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<i leurs cl les nlicclioiis de I Imiimic, riiiiic es! iiii- .. mortelle. >'

u Feiidaiil (|iril p;ul;iit, une lueur divine illiiniiiiait ses yeux, la persuasion sortait de ses lèvres; la sunaniite pleura de nouveau, et fut d<' ii(>ii>(;ui

consolée.

« Le patriarche ne se borna point à ensei{fner à la veuve affligée coniiuent se faisait la restitution de l'être, prodige insondable de la puissance infinie, il ne se borna point à montrer par-tout dans la nature le phénix renaissant de ses cendres, et 1 intelligence échap))ant à la eorrnption qui atteint les corps; il voulut faire connaître à la triste sunaniite la destinée des méchants; « car, disait- elle avec «amertume, si rintclîigence doit échapper à la «destruction, lame des méchants est immortelle «comme celle des bons.» «Oui, répondait Job; « mais sans entrer dans tous les secrets de la justice « éternelle, nous en savons assez pour croire à des « purifications mesurées selon le besoin des âmes. » Doctrine des peines et des récompenses , décret immuable pour la réhabilitation de l'essence humaine, vous ftîtes expliqués à la pauvre sunaniite, qui pleura de nouveau, et fut de nouveau consolée.

«Ainsi Job passait sa vie à faire du bien; mais Dieu voulut éprouver le juste. Il voulut avoir des

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