LIVRE SEPTIÈME
destes vertus plus de ménaj^ement qu'il n'en fut accordé à mes présomptueuses ignorances. Je me hâte donc, pour j^uider votre esprit, de vous rappeler les travaux qui furent imposés au grand Hercule par Eurystliée. Dieu ne refuse rien à l'homme : Dieu a voulu, dès le commencement, que l'homme méritât tout »
Ici l'intelligence de Thamyris s'obscurcit , sa langue hésite, il sent un voile de plus, car il ignore les dogmes identiques de la déchéance et de la réhabilitation.
Cependant il se rassure , et il continue en ces mots : « Le poëme mythique est divisé en trois parties. La première présente Prométhée, issu de la race des Titans, plein de force et de sagesse, habitant des lieux enchantés, et concevant, comme depuis l'a conçu Orphée, un grand désir de perfectionner la race humaine, mais il avait plus de puissance qu'Orphée. Orphée est de la race mortelle; c'est à ses semblables qu'il veut faire du bien. Prométhée, par son origine, touche à la nature divine; par ses facultés et ses affections , il touche à la nature humaine. Et ce mélange incomplet des deux natures comuicncc le tourmcut qui plus tard deviendra sensible par le vautour du Caucase. Mais si Proiué-
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llicc II ;i\;iil pas ravi lo Irii du céleste séjour, Orpliée à sou tour u'aurait pas pu prcudrccu ])itié les des- (iii((\s obscures (l(> I liouiuie vivant des fruits cpie la toire jn'oduit sans culture. Il fallait doue (pic l*i'ouiéthéc ouvrît les j>ortcs de I intelligence à ceux des hoiuuics qui voudraient pai- la suite être les hienlaiteurs de leurs semblables. Va donc, Titan glorieux, nous conquérir la science! Le bonbeur ne sera ni pour toi ui pour nous!
«Vous devinez, Evandre, pourquoi Prouiétbée est dit avoir façonne rhomnic avec une argile grossière. LesTbraces, dont je vous ai raconté les combats sans renommée, vous le savez des à présent, ne sont pas nés du cliêne. Enfin si Prométbée appartint à deux natures distinctes, mais analogues, tout porte à croire qu'Orpbée aussi appartint à deux natures, mais à deux natures bumaines, égales et identiques par leur essence. »
L'intelligence de Tbamyris s'obscurcit de nouveau ; le même mystère inconnu vient le troubler pour la seconde fois.
Evandre attend, non sans ({uelque inquiétude; sa curiosité sera loin d'être satisfaite.
I^cs prêtres d'isis avaient-ils voulu mettre un sceau à une vérité incommunicable, ou le sceau existait-il pour eux-mêmes?