‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 130 sur 189 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

«sable? Prêtres des saints mystères, rinconnu me '< trouble et m'épouvante. Dites-moi la vérité, ou « dites-moi que vous ne la savez pas. Ab ! c'est avec « trop de raison que mon esprit éperdu conçoit en- « fin la pensée de je ne sais quel grand anathème. » «Le prêtre continua. Dans la troisième partie, le poëte a peint la colère de la divinité jalouse, et Prométhée cloué sur les sommets escarpés du Caucase, Rien ne saurait donner une idée de la beauté et de la magnificence du spectacle qui vint alors s offrir à mes regards. Prométhée semble perdu dans les orages et les tempêtes qui entourent le rocher sur lequel il est attaché. Ce bouleversement des éléments conjurés contre une créature vivante, cette solitude d'une grande victime au milieu de ses tourments, ces voix sortant de l'orage pour accuser le fier Titan , ces douleurs de l'angoisse, qui seraient la mort pour tout autre, ces plaintes et ces gémissements du chœur; cette harmonie sombre et terrible d'une musique heurtée, toute semblable aux cris confus du chaos : un ensemble si frémissant de terreur me sortait de moi-même. Je croyais que j'allais me briser et rentrer au sein du néant. Mais j)eut-être ce qu'il y a de plus étonnant dans ce mythe sublime, c'est le calme divin de Prométhée répondant aux voix sorties de l'orage, et se félicitant, nu iiiilien de son supplice, d'avoir fait du bien

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iiii\ liomiiK's. Cle C()iii;i;;(î iii(l()nij»(;il)U' tic rame (|u.iii( uiio (erreur lie peut allcMiitlrc, (jiii ne leriisc j)as de se liiesurer sans espoir avce une Ibrniidable fatalité, a ilû être, entre les choses merveilleuses, la j)lus merveilleuse lie toutes. Mais la nature luimainc, tout aj^rautlie (ju'elle est clans ses facultés les plus éminentes, est toujours la nature luimaine. F/or- (;ucil aussi lutte contre la douleur; et c'est l'oif^ueil sans doute que les dieux veulent punir dans lemancipateur de la race humaine. « Oui, dit l*i'o- « niéthée, j'accepte la douleur pour la jjloire. Voilà « que maintenant les Hiommcs sont en quehpie « sorte devenus mon ouvrage ; ils ont reçu de moi « rintelligence et la science. Les dieux avaient fa- « çonné une argile, j ai donné une ame à cette ar- « gilc. L'homme me devra ses travaux futurs. Que « les dieux laissent à la nature le pouvoir de résister « à Ihomnie; moi, je lègue à l'homme la puissance « de donqjter l'aveugle nature. Tai introduit sur «la terre la loi du progrès. Race humaine, désoru mais c'est à toi de t'aventurer avec courage et «constance dans les voies de l'avancement, c'est à « toi de marcher de concfuéte en conquête. Le desu tin de l'innnobilité et du silence est vaincu par « moi ; par moi , régne sur le monde le destin de la « succession et du progrès. »

«Je sens quelque chose au-delà, m'écriai-je en-

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