LIVRE SEPTIÈME
«core; lîr vérité m'est déniée, et peut-être est-elle « déniée à tous. »
« Le prêtre prononça quelques mots de plus, que le chœur répéta; et ces mots contiennent toute une doctrine, mais une doctrine qui est loin dex- ])liquer une moitié de la destinée humaine : ".t^
« Ainsi l'homme a acquis la capacité du bien et « du mal; ainsi il a acquis l'imputabilité de ses ac- « tions, la responsabilité de sa vie... »
Thamyris, l'esprit toujours offusqué par les lueurs douteuses d'une doctrine trop contenue ou trop insuffisante, et se repliant sur lui-même pour y démêler l'accord de la nature humaine avec les notions indécises qu'il avait reçues , avec les événements dont il av^ été témoin, fit ensuite briller, aux yeux d'Evandre , une lumière qui était une conjecture nouvelle, et qui ne pouvait dég^ager la vérité de son dernier nua^o^e. Voici les paroles qu'il laissa échapper, fruit à-la-fois de son sens intime et de sa science incomplète :
« Lorsque l'on compare cette belle tradition de .< Prométhée à toutes les traditions primitives , on '< pourrait y trouver la première apparition de «l'homme sur la terre; on pourrait y trouver en- " core l'institution du lanjjaffe, ((ui est le don de 'd'intelligence, figuré par le feu céleste. Cette na-
lOMK IV.
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(iii{> iiifiMinccliairc entre la nature divine e( la X natiiri' Ininiaine n'est ]>eut-être (pie le dojiinc diin 'I réparateur île la nature liuniaint; deehue, cl(j|;nie .< enveloppé dans les lan|^es des traditions juives... » Mais arrivé à ce mystère des ujystères, leeulé si avant dans les profondenrs de la science cosnio{joniipie, et dontThaniyris sans doute pouvait à peine entrevoir les iécondes merveilles, Thôte d'Évandre dut chercber en vain la suite de ses pensées. Le poëte d'un ârfc chrétien , (jui a reçu la véritable initiation , et qui s'est imposé la tâche de répeter ces récits antiques , est-il sûr de ne pas s'être involontairement laissé tromper par sa propre inspiration? est-il sûr de ne pas confondre en ce moment la science devenue celle de tous avec la science des vieux sanctuaires? jS'importc. ai»ris(|ue de m'érçarer encore, je vais achever le discotirs de Thamyris, tel qu il semble retentir à mon oreille :
« Gomment dire en effet la volonté humaine deu venue une puissance de ce monde , et pervertie à .< l'instant même où elle se manifeste pour la preu mière fois? comment dire le secours qui fut né- " cessaire pour réveiller les facultés endormies de «l'homme, le secours qui sera nécessaire encore " pour les rehausser, pour les épurer, pour les ren- .< dre consonnantes à l'harmonie universelle dont " elles tendent trop à se séparer, à s'isoler? comment