LIVRE SEPTIÈME.. 3yi
«ont créé, disait Thot, la plupart des tropes des « langues des peuples.
« Ne sois pas effarouché, Thamyris, de quelques ^ « uns de nos tableaux ou de nos discours. Les ima- « ges les plus sérieuses, quelquefois sont obscènes « pour les yeux, quelquefois même pour les oreilles. ^ " Il faut que tu en sois prévenu, la représentation •^« du corps nu est la représentation de l'ame accom- « plissant telle ou telle action. Dans nos peintures, « le vêtement, c'est le corps; le corps nu, c'est lame. «L'homme habillé, c'est l'homme revêtu de son «corps mortel, de son corps qu'il doit laisser à la « terre.
-jl^ « Nos anciens prêtres n'emploient jamais d'ima- « ges qui ne soient consacrées par l'adoption dans " la langue des dieux. La langue des dieux est celle « des songes envoyés par Jupiter, comme disent les « successeurs des Pélasges, ou plutôt celle des sym- « boles , comme nous te l'avons déjà dit. Thamyris, « cultive en toi la vision , la vision de ce qui est réel- «lement, et non la vision des nuages de la fantaisie. '< Tu trouveras ici une école dévoyants, car voir <' malgré le voile des objets extérieurs, voir au trait vers de lillusion des sens, voir par-delà l'horizon " des faits actuels, soit dans le passé, soit dans l'a- « venir, c'est une faculté qui se développe dans ' Ihotrime par l'étude, l'éducation, l'habitude de
.lyj , in\V\\\\\L
«> nutlilcr ; (^llc se dcvelopjH; coiuinc tontes les autres « fueiillés, loiscjue d'ailleurs on en est doué. Tlia- «< niytis, pour voir il laut sur-tout avoii" uji coui' " droit.
« Tliamyris, tu as peu |)rofité de ton séjour dans lia Samothrace; il sera bon que tu y retournes i< pour consulter les fils du roi juste. "
« Les entretiens cessèrent. Evandre, je dois vous l'avouer, ce fracas de discours sans suite, de ])aroles incohérentes entre elles, de maximes dont l'enchaînement, les conséquences, le véritable sens, ni'échappaient souvent , et que je puis à peine me rappeler, me plongeait dans l'indécision de mille pensées. C'étaient des germes confus jetés en f[uelque sorte au hasard dans* mon espiit, et cependant je croyais comme à un ordre, mais à un ordre que je ne pouvais apercevoir. iS'est-ce pas ainsi (j[ue sont toutes les clartés dont les yeux de l'homme sont éblouis sur la terre? Je ne savais donc si les maîtres de la sagesse adoptaient ou créaient des tiaditionss ils produisaient ou s'ils ne faisaient (|ue consta'tei*^ les faits; s'ils donnaient le langage ou s'ils l'enrichissaient; s'ils avaient des communications directes avec la divinité, ou s'ils se bornaient à en étudier les manifestations. ,
« Un prêtre qui comprenait bien tout le bouleversement de mes idées, puisqu'il était prévu par