LOI DU SILENCE
« Roi de la colline carrée, plus j'avance dans mon récit, plus la difficulté de ni'exprimer augmente, l'rop souvent mon intelligence est restée au-dessous des choses dont j'étais témoin , des discours que j'entendais : les sphères des diverses facultés humaines, celles des différents degrés de civilisation , ayant entre elles et avec les sphères célestes de mystérieuses analogies; l'univers idéal et l'univers plastique correspondant l'un à l'autre; la pensée heurtant par-tout contre un centre universel d'où rayonne incessamment une circonférence infinie; mille notions confuses que j'ai peine à saisir moimême^ sitôt que je veux les retracer dans ma mémoire pour essayer, Évandre, de vous les transmettre...
«.le ne puis vous dire, roi pasteur, ce que j'ai
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éproiiV(^, l()is(|uc, oiicli;iîn('' pur la loi <lii sili nie, j'ai ('•(<' introduil clans rasscmhlcc des vieillards. Ils étaient assis sur des trônes d'or, dans le fond d'une salle immense, .l'étais séparé d'eux .par une balustrade cjni ne me permettait pas d'appioeliei-. lîientôt une musique d'une mélodie incomparable et continue se fit entendre; les sons en étaient purs, [jravcs, solennels; on eût dit une transformation de 1 air que nous respirions. Sur des cassolettes innombrables brûlaient les suaves parfums de l'Arabie. La musique et les parfums semblaient s'être identifiés, f
<f Un des vieillards se lève ; et , descendant du trône où il était assis, il fit la moitié du chemin qui le séparait de la balustrade. Il tenait à la main une baguette d'ivoire, sans ressembler toutefois à un magicien qui va faire des évocations. « Thamyris, me dit-il, tourne les yeux du côté de ta droite. » Je tournai les yeux. Un rideau fut soulevé; alors je vis un tableau qui, pour mes sens exaltés, avait de la profondeur, et était animé par une intelligence supérieure. Ty sentais du mouvement et de la vie, mais un autre mouvement et unfe autre vie que ceux dont nous avons la constante expérience.
« Je ne veux point te tromper, dit le vieillard ; ce « tableau merveilleux n'est autre chose qu'un ou- " vrage parfait de nos plus habiles artistes. Le jeu