LIVRE HUITIÈME. 4o
«ont illustre le régne glorieux de son père, nous « ne demandons point à un homme la sagesse . «d'un dieu. Thamyris, tu dois porter à l'oreille «des rois de grandes leçons, tu leur raconteras « un jugement des prêtres de l'Egypte ; c'est la <f première fois que nous exerçons ce ministère au- « guste. )'
« Où introduit le roi. Il était déjà embaumé, tout couvert de bandelettes imprégnées d'huiles aromati([ues, dans l'état enfin où il traversera les siècles. Il était assis sur un trône, comme dans les jours de sa gloire. Il tenait à la main un sceptre d'or. Le bandeau royal décorait son front éteint.
« L'ancien des vieillards s'incline devant la majesté royale, les autres juges restent immobiles sui leurs sièges. Ensuite l'ancien des vieillards se mit comme à interroger le roi. Et voici ce qu'il dit :
« Cet homme ne peut répondre lui-même, puis- « que la vie vient d'abandonner ses organes ter- « restres. Où est l'ami qui soit entré assez avant dans « l'intimité de sa conscience pour répondre à sa i< place? » ^
« Un autre vieillard se lève, et dit : « Nous avons « cherché l'ami que tu demandes. Tous ceux qui «furent les amis du roi ancien se sont donnés au « nouveau roi, avant même que celui-ci eût rendu « le dernier soupir. Nul n'a voulu suivre le morl
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" tlatis les souterrains. Sa sœur 'l'iu-onoé a cherche .< comme nous, et comme nous a cherché en vain. »
.. Sa mémoire n'est donc restée chère à aucun de «ses serviteurs?» dit l'ancien des vieillards.
« Un esclave seul est descendu avec son maître " dans les abymes de la mort. Il n'a point été conutraint, et ce n'est ])ns non ])lus par dévouement. '( L'indiflérence (pi il jiorte à son propre sort lui n " seule fait dédai{;ner de vouloir prolonger son sé- " jour sur la terre. Le voici. »
"Eh bien! dit l'ancien des vieillards, le livre des «actes va parler'; et toi, esclave malheureux, tu '< nous répondras lorsque nous t'interrogerons. Que « l'historien secret de l'Ejjypte lise le livre des actes. "
'< Alors l'historien parle en ces mots : « Théocly- "méne est monté sur le trône à l'âjje de vingt-un " ans. Il a exécuté de grands travaux, il a fait des " guerres importantes , il a fondé de belles colonies, i< il a bâti de grandes villes , il a donné de sages lois , « il a religieusement fait observer celles de son glo- '< rieux père. Il n'a point été législateur du nouvel '< ordre de choses; et sa pensée , mais sa pensée seule- " ment, rétrogradait vers les temps où les rois étaient a des dieux. Il n'avait pas plus d'un demi-siècle lors- « que la mort l'a frappé. » ^■
(c C'est bien , dit l'ancien des vieillards ; mais a-t-il «< été lui-même docile aux leçons de la sagesse? a-t-il