‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 140 sur 189 · LIVRE HUITIÈME. 4ii · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. 4ii

"pratique la justice? a-t-il respecté les mœurs?»

« Le livre des actes dit que le mal a été fait. Théo- '< clyméne prêta trop l'oreille aux discours de la flat- 'iterie, qui avait conservé la |ilupart des formules « des répnes antérieurs. »

« Cest bien, dit l'ancien des vieillards; et toi, "esclave malheureux, dis-nous depuis combien de « temps tu agitais les fers de la servitude au pied du '( trône de Théoclyméne. Dis-nous ce que tu sais de " ton prince. »

« Illustres vieillards , répond l'esclave , j'ai tou- « jours servi le même maître. Je n'ai mangé le pain « amer de la servitude que dans les palais de Théo- « clyméne. Son regard n'est jamais tombé sur moi ; " j'étais perdu dans la foule des esclaves. Je suis Hé- « breu. Les Hébreux n'ont pas de rois, ils ont des " chefs: s'ils avaient des rois, ils ne les jugeraient «pas après leur mort; ils leur diraient la vérité " durant leur vie éclatante. »

" Esclave, on ne t'interroge point sur les usages " de ton pays; néanmoins je loue la liberté de tes " paroles. Mais je ne dédaignerai point de te donner ' une leçonf Le peuple hébreu a vécu au milieu de ' nos symboles; ses sages ont pénétré le sens de nos •< signes sacrés. Vous avez dérobé nos vases d'or et « nos mystères. Qu'avez-vous fait de ces choses? Es- * « clave, tu ignores les événements du pays dont tes

" lirres se sont cinjinrôs. Israël, ce peuple iiiiniiiii- « rateiir, inaiiileiiaiit veiil être f;oîiv(îrn('! ])ar <les > lois. Nous venons coiniiieiiL il suj)p()ilcra le jon;; " des rois; nous verrons s'il saura toujours l(;nr dire >< la vérité durant leui- vie ('cialante! "

"Esclave malheureux, ajoute l'ancien des vieil- « lards, nous ne te demandons pas une action que « tu Jouisses réprouver. Tu éludes les réponses, uiais « sonjje que c'est ici le temple de réternelle vérité. " Dis-nous donc si ton Iront ne s'est pas quel(jue(bis «abaissé avec humiliation dans la poussière, près « de la personne de cet homme qui fut roi. Dis-nous " si toutes tes larmes ont coidé dans le silence, et si " cet homme , qui lut ton maître, etit pu t'en épar- « ffner quehju'une. »

«Vieillard, il ne faut pas jufjer d'après moi: je « n'étais pas né dans la servitude; j'étais de condition «libre; et, vous le savez, les fers sont d'autant « plus lourds (ju on est moins fait pour les porter. »

« Esclave malheureux , cet homme qui fut roi , « qui fut ton maître, savait-il que tu étais né libre? »

« Oui, il le savait; mais le trône entraîne tant de « jsoins , qu'il a pu fort bien ne point y stnjjcr. »

«Ecoute, esclave mallieureux, Théoclyméne a « étendu la f;loire de l'I^^fTypte, il a élevé des n)onu- « ments qui éterniseront la gloire de son nom , il a « fait de saf^es lois qui rép,iront son empire après

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