‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 141 sur 189 · LIVRE HUÏTIÉME. 4i.i · texte numérisé non relu

LIVRE HUÏTIÉME. 4i.i

' sa mort; mais s il n'a pas su entendre, une seule " fois, un soupir continu qui s'exhalait au pied de '< son trône, que devons-nous penser de tant de < larmes qui se répandaient au loin? Esclave mal- « heureux, tu as conserve dans la servitude le cœur «d'un sage. Mais celui-ci, ce mort illustre, tout- " à-l'heure si entouré, maintenant si délaissé, va « être ju^ifé avec sévérité à cause de toi. Esclave i< malheureux, je te touche avec cette baguette d'i- " voire. Retire-toi, va déposer les vêtements de la « servitude , et reviens ensuite parmi nous. »

«Cependant un prêtre qui, depuis le moment de la mort du roi, était resté assis à la porte du temple pour recevoir les dépositions de tous ceux qui avaient voulu s'approcher de lui , revint dans l'assemblée des vieillards. Ces dépositions furent examinées avec soin. Le bien et le mal furent dits, et les injustices furent notées, afin que l'on pût les faire réparer par le nouveau roi.

« L'esclave, qui s était retiré pour obéir à Tordre de l'ancien des vieillards , était rentré quelques instants après, revêtu de ses habits d'homme libre, et s'était placé à côtéde moi , pour assister au jugement de celui qui fut son maître. L'infortuné versait des larmes abondantes; car la plus belle moitié de sa vie s'était écoulée dans la servitude, et le bienfait de In liberté venait trop tard pour lui.

.< Homme lil)i(', dil le \ i('ill;ii<l , la place tîsf dès '< à prcsciil marcjnco ])armi les iicophytcs. Lçs jours •< il'oj)prol)r(^ ( < (le misrro (pie tii as siipjiork's soiif • des épreuves ([iii tout cUi inllijfées par la INovi- ' deiicc elle-incnic, et (pii te (lis])enscrit de celles " <pie nous aurions à te iairc subir. Sèche tes pleurs : « ce n'est pas à présent (pie le couraj^e doit te maii- ■' (pier. Si nous t'avons fait homme libre, c'est rpie '< tu 1 étais déjà. Tu l'étais par toi-même, avant de " l'être par nous. Oui , tu étais plus libre dans les « fers de la servitude que cet homme qui fut ton « maître! Juf>es équitables, ne croyez-vous pas tous, " ainsi (jue moi, que les dieux ont eu pour agréable " la vie obscure de cet homme qui fut esclave, au- " dessus de la vie tout éclatante de cet autre homme « qui fut roi , et qui ne fut pas un dieu ?»

" Les vieillards se levèrent en si(jne d'adhésion , et inclinèrent la tête en silence.

«Mais, dit l'ancien des vieillards, la royauté est « une haute mafjistrature que rien ne peut flétrir; « la royauté est une imaj^e et un reflet de la puis- « sance divine. Les dieux délaissent quelquefois « rhomme ({ui porte le sceptre, mais ils protègent « toujours le roi dépositaiie des traditions sociales , « des destinées humaines, celui qui représente l'or- « dre et lunité. Théoclyméne fut un grand roi, et " il n'a point déshonoré la mémoire du bienfaisant

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