‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 146 sur 189 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

regards que leur esprit n était eucore qu'ébloui.

« L'ancieu des vieillards se leva pour nous offrii' un faible point d'appui, le seul qu'il pût nous présenter. 11 ne voulait point concilier les systèmes qui venaient d'être exposés, il ne voulait point accorder les traditions entre elles : c était sans doute au-dessus de son pouvoir. Il se borna donc à expliquer que ces systèmes et ces traditions, tous venus d'une source commune , tous émanés de l'éternelle vérité, ne sont que des transformations, ou plutôt des formes adaptées aux génies divers des diverses familles humaines.

« Le vieillard hébreu se leva pour affirmer de nouveau son discours; les autres vieillards gardèlent le silence. . •

« Le vieillard hébreu , qui n'avait point été contredit, s'assit sur son siège.

«L'ancien des vieillards, qui était resté debout, s'adressant à l'Hébreu, lui dit: «Vieillard, vous « faites votre devoir; mais ces néophytes ne sont pas « chargés de fonder des religions. » Puis il ajouta : « Sages des pyramides, vous qui remontez sans re- « pos le fleuve des croyances, levez-vous, et dites- « nous ce que vous ont aj)pris vos méditations sur « la condition de l'être dans l'homme. Ijcvez-vous «deux à-la-fois, insensibles à ce que les discours de "l'un peuvent avoir de contradictoire avec les dis-

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«cours lie 1 autre. Vous le savez, les opinions des « boin mes diffèrent entre elles; et sans doute «jue i< les dieux ont voulu cette diversité, car cequ'il faut " c'est (j[ue lintelli^jence linniaine se déveloj)pe. » A CCS mots il s'assit.

«Alors deux vieillards se levèrent ensemble, et exposèrent, cbacun à son toui', une explication des cboses, Tun par les deux principes, et l'autre par k' système de l'unité dans la cause première. Ces deux Jurandes voies de rintclli};ence bnmaine, livrée à elle-même, ces deux liypotbèses, également revêtues des cbarmes de la poésie, semblaient contenir l'une et 1 autre la vérité.

« L'ancien^des vieillards se leva , et dit : « Chaque u bomme, borné dans ses facultés, ne peut voir « (ju un des côtés à-la-fois des objets. Voilà pourquoi « des opinions opposées peuvent être successive- « meut vraies. S'il était donné à rbomme de s'élever « assez baut pour les dominer, il saurait le point où - « des opinions opposées se toucbent, lorsqu'en effet « elles sont vraies. L'esprit humain ne voit pas tou- « tes les faces; celles qu'il voit, il les voit à mesure « qu'elles sont éclairées par le temps. Mais il se sou- « vient; et il dit à chaque bomnie qui sait l'écouter, « et lui-même apprend. Néophytes, le mal existe, « nul ne dira l'origine du mal; nul ne pourra coni^ cilier l'existence du mal avec la bonté de Dieu.

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