‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 15 sur 189 · LIVRE DEUXIÈME. i · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. i

« Puissance infinie qui {jouvernes le monde , « chante le vainqueur de la tempête ; amour qui « fécondas le chaos des éléments ; amour qui fé- « condes le chaos de l'humanité , recevez avant «tout ma prière! Les sept cordes primitives de la '< lyre sont pour les hymnes de la reconnaissance «envers les dieux immortels; deux cordes ajou- «< tées sont pour les lois des sociétés humaines , « lois qui doivent être consonnantes aux accords « des sphères célestes. Que toutes soient ébranlées « à-la-fois ! Salut , rivage hospitalier ! salut , vieil- « lard auguste qui m'as sauvé d'un naufrage cer- « tain ! car mes forces étaient épuisées , et j'allais « périr sans le chêne embrasé qui m'as montré un « asile. Salut , vierge merveilleuse , qui me appa- « rue comme une divinité dans un nuage de feu , « comme une divinité bienfaisante qui veillait sur «moi! Mais, ô vieillard augyste, et vous, vierge «merveilleuse, savez -vous celui que vous venez « d'arracher à la mort? Je suis un malheureux sans '< demeure et sans patrie. Je ne puis cueillir les «fruits d'aucun arbre, et dire : Ces fruits sont à «moi. Je ne puis enclore le plus petit espace de «terre, et dire: Ce champ m'appartient; c'est là « que sera mon tombeau. Je suis comme les ani- « maux sauvages; je nai d'autre jardin que les fo- « rets inhabitées; la solitude est mon domaine, le

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