TOM K
» ciel est mon pavillon. I^iieorc des lioinnics, iiu's (c semblables, ont-ils voulu m arracher la vie;. IN'y .' avait-il pas assez de place pour eux et pour moi « sous le soleil? Mon seul refu(][e a donc été la mer M oraj^euse. Ma route tracée dans le firmament tout-à- " coup s'est obscurcie, et la tempête m'a secouru. u On me nomme Orphée; je n'ai connu jamais ni " le père qui m'enfjendra, ni la mère qui me donna « le jour. Si je puis en croire les sonjjes qui se rap- « portent à mon enfance, j'ai été trouvé dans les «' bocages sacrés de Rhéa. Les abeilles de la Piérie « me nourrirent de leur miel , qu'elles venaient dé- « poser sur mes lèvres, l^lus tard d'autres songes « m'ont révélé que j'étais né dans les déserts de la « Scythie. Non, je ne sais rien sur ma naissance; je " ne sais si c'est le sang d'un Scythe barbare ou « d'une glorieuse divinité qui coule dans mes vei- « nés. Quoi qu'il en soit, cette lyre fut mon seul '< héritage, et c'est la lyre qui civilise les hommes. « J'ai cru à l'instinct qui était en moi , j ai cru à la «puissance fatidique de ma lyre, et j'ai été égale- « ment trompé par mon génie et par ma lyre. Jus- «« qu'à présent je n'ai trouvé que des hommes en- « traînés par une puissance ennemie à refuser les « bienfaits de la civilisation , des hommes qui , dé- « daignant l'harmonie , préfèrent la nourriture «grossière du cbêne au blé, aUment nouveau que