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•"liOs ;j{;i'ô{;jitioiis et l(\s alfiiiitrs des in(''t;Hi\ , fomiiu- liiiuo véj;(''tative des j>l;mtes^ coiimie toutes les loiees assiiiiilatriees, sont également révélées par une synthèse.
«Considérez, Évandre, une mare que couvrent des végétaux sans iiondire , une niultitude d'insectes: ces végétaux et ces insectes, en (jiii i)iill(ii( de si éblouissantes couleurs, des formes si belles, si vives, si délicates, la vie à différents degrés, ne sont-ils pas un ri(;he tissu ([ui cache la vase immonde? La marc est un abrégé du chaos produisant forganisation. Le vent qui est venu y faire pénétrer dans son temps la fécondité par la fermentation, est un hiéroglyphe grossier de l'esprit créateur répandant la vi# sur la surface des eaux primitives.
"Nous t'avons expliqué, me disaient les prêtres, " que notre initiation successive était l em])lème de « finitiation (jue fhomme subit par le spectacle de « funivers. Notre élysée est une représentation im- « parfaite du séjour céleste. Ainsi nous tâchons, par «des images sensibles, de donner une idée de la « félicité des bons.
«Mais tous doivent devenir bons, c'est-à-dire « tous doivent finir par accomplir la loi de leur " nature, sous la condition néanmoins de fimpu- « tabilité.
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" Et ccst là réjK)j)tisiiio défînitil <|iic nous ciitrc- « voyous.
« Dans ce monde, tel que l'a fait la déchéance de « 1 être intellif^ent, tout est destruction et renais- " sauce.
« Toute vie repose sur la mort.
" Le présent n'existe que sur les ruines du passé ; «et le passé, qui fut le présent, n'existe que sur les « ruines d'un passé antérieur.
« La palinf^énésie est la loi réparatrice. »
« Je ne puis vous raconter, Evandre, tout ce que j'appris sur le temps et l'éternité, sur le bien et le mal, sur l'immensité et l'espace.
« Je ne puis vous exposer le problème de l'anti- ([uité ou de l'éternité du monde; le problème, plus difficile encore de l'origine du bien et du mal, le problème terrible des religions et des superstitions, le problème enfin de la nature des âmes. N entrevoyez-vous pas déjà que les prérogatives de l'état social sont le corollaire connu de ces problèmes inconnus?
« Orphée avait lu les colonnes deSeth. Il n'a [loint eu de nom héroïque parmi les hommes; parmi les sages il fut nommé fils de Seth.
«Moi, Thamyris, je n'ai eu que la science du troisième Thot.
«Que les régnes de Protécet de Théoclymène te
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" soient un tcmoi^^najjc, iiu- fiif-il dit. Dans le iiouic «' de Sais la lorine tliéocra tique vient de finir; dans » d'autres nomes elle finira plus tard. Dans les uns '< 1 humanité commence; dans les autres elle est éta- " blie depuis lonj^-temps. L'J']}jypte, imajife et type 'de toutes les initiations sociales, comme elle est '< iniape et type de Tunivcrs , l'Ejiypte conserve '< toute la variété des institutions divines et hu- '< maines; elles y sont conteniporaines les nnos des " autres.
'«Mais autant tu asjété étonné, Tbamyris, en ' comparant TEjjypte avec les diverses contrées que •< tu as parcourues, autant tu serais étonné, et ton X étonnement serait bien plus grand encore , si tu « pouvais comparer avec cette merveilleuse Egypte « la terre mille fois plus merveilleuse où le Gange " roule ses eaux divines. L'Egypte, image du monde, " ainsi que nous te Tavons ex[)liqué, est une image '< aussi derinde, mais une iniage affaiblie. Elle la X représente par ses monuments et par ses doctri- '< nés. Mais nos conceptions, toutes gigantesques ' qu'elles te paraissent, sont loin d'avoir le caractère " d illimité et d infini qui est empreint dans toutes X les conceptions de l'Inde. Chez nous commence le " régne de la parole et du mouvement; chez nous « rhonime est un être cjui a de la réalité, qui coni- X mande, qui obéit, qui se détermine, qui résiste,
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qui se soumet, dont les pensées naissent et se développent, enfin qui use de ses facultés. Dans les royaumes de llnde, rien ne commence, rien ne (finit, rien n'est. La naissance, la vie, la mort, sont des apparences également indifférentes. L'espèce humaine n'existe point , car elle est silencieuse, passivement contemplative, sans volonté. Tout est absorbé dans l'être universel, dans l'être absolu, et l'esprit de l'homme n'est qu'une goutte d'eau perdue au sein d'un abyme immense et sans bornes. Dans les royaumes de l'Inde , les idées du temps successif sont méconnues ; le temps y a des proportions telles, qu'il est pour ainsi dire l'éternité elle-même. En un mot , la durée et les formes ne sont que des illusions. Thamyris, là tu n'aurais point pu être initié, car là l'initiation consiste à cesser d'être soi, à être anéanti. Bacchus, on te l'a dit, est allé visiter l'Inde; il est allé porter sur les bords du Gange le génie de la responsabilité et de la conscience. A-t-il pu vaincre cette cosmogonie permanente et immobile? Gomment l'aurait- il pu? La source d'où tout découle doit rester ce qu'elle est. Ge vaste océan de lumières , de croyances, de forces intelligentes, doit rester un océan éternellement calme, éternellement sans fond et sans rivage, doit rester l'aliment éternel de toutes les lumières, de toutes les croyances,
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" (le (diilcs les forces iiilelli{;(îM((!s <|iii j;(>ii\ci iiciil .. le iiioiuli; du mouvement cL tlu tcm|»s. Vous annoncez, vous antres Oiccs , <|ii<^ l'Océan est le - père des dieux et des hommes. L'Inde, cet in- " commensurablc océan de dojjuies et de doctrines, "mériterait bien mieux une telle dési{;nation. Im- <^nuiahle, il est hors de la loi des vicissitudes : il ne " peut être a{;ité par nos jîassions, par nos désirs, '< j)ar nos projets, par le tumulte de nos pensées et " de nos sentiments. Le grand symbole de l'unité « infinie avait besoin d'une expression aussi grande « que lui. Toutefois le genre humain est dans l'at- " tente d'un époptisme. Le nôtre est de savoir <|ue « ce dernier époptisme sera accordé un jour à la " race humaine.
«Thamyris, l'Egypte, telle que tu l'as vue, est « donc sur les confins des deux mondes ; elle les re- « présente tous les deux : voilà pourquoi il serait " bon que les hommes du temps et du mouvement « accourussent y recevoir l'initiation. »
«Ce que vous venez de me dire, Thamyris, re- « prit le vénérable Evandre , fait tomber une taie «de mes yeux. A présent je comprends mieux les « mystères de la contrée où je suis établi. Tha- «niyris, lorsque vous aurez achevé votre récit, il '< nous restera à comparer ces mystères avec ceux
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« ((ue vous me révélez ; car moi aussi j'ai des mer- « veilles à vous faire connaître. »
« C'est bien , dit Thamyris, je vais continuer. »
« Une lyre m est présentée, et je suis obli(;é de la briser moi-même; il faut que je me sépare entièrement de ma science ancienne. Plus tard, bêlas! la cécité devra me séparer du spectacle de la terre et des cieux.
« Ensuite on me fit étendre et gésir dans l'abandon le plus complet. L'ancien des vieillards vint poser un pied sur ma tête; et j'entendis le discours que je vais tâcher de vous transmettre , sage Evandre.
« T'es-tu représenté l'objet qui doit être l'bomme '< reposant dix lunes au sein des entrailles de la « femme, et n'ayant là d'autre vie que la vie même « de celle qui sera la mère douloureuse de l'homme? " L'enfant , pour voir le jour, fait éprouver de gran- « des souffrances à la femme , et c'est encore aux ma- ' melles de la femme qu'il doit trouver la première « nourriture, comme, sur ses genoux, la première « doctrine.
'< Cette vie en puissance, contenue dans une vie " manifestée, ce déchirement des entrailles mater- « nelles pour produire un être, cet enfant suspendu « aux mamelles ({ui lui offrent la première nourri- » turc, aux lèvres qui lui comiiiuni(jiientla première
u docliiiu', ;iu\ rcj^ards (|iii Iniit partie <ln cette cloc- « trille, toutes ces choses ne seraient -elles point , " rn]iré<';é (les événements (leVincubation rosino(;o- « iiicpie? La conception , la {gestation , renfantenient, " ne seraient-ils j)oiiit de vivants emblèmes?
« Le j';l()bc que nous habitons, en sortant du chaos « par la vertu insondable de la jiarole ordonnatrice, " était doué d'une vie universelle ; et cette vie uni- '< verselle, sans cesser d'être la (ifrande vie de tout ce '< (jui a vie, va formant toujours, par un dévelop- « pement continu , des vies individuelles, qui elles- " mêmes deviennent des sortes de vies universelles " produisant à leur tour des races, des familles.
« La grande loi du monde réalisé veut que la « raison de l'être précède l'être.
« C'est ainsi que l'essence humaine est apparue, « lorsque la raison de cette essence est sortie de la « pensée divine. Elle est apparue avec la faculté de « vouloir immédiatement se détacher de la vie uni- « verselle pour vivre de sa vie propre.
«Les animaux, privés de cette faculté, ont dû « exister avant l'homme; ils sont restés d'une or.;;a- « nisation antérieure pour être des signes et des té- '« moins de la vie universelle.
« Deux opinions existent parmi les dépositaires
« de la science, l'ancienneté et la nouveauté de la
lace humaine; pour comprendre comment lune