LIVRE iirn lÈME
« et Tautre de ces deux opinions sont vraies, il faut « savoir qu'une partie de la race humaine n a pu «parvenir à se distin|;uer de la vie universelle, et « qu'une autre a conquis la conscience.
« Les statues à gaines , et les statues qui ont les « pieds et les mains libres, sont les emblèmes de ces « deux modes d'existence.
« C'est l'Orient et l'Occident.
« Orphée , l'homme du Septentrion , voulut abo- « lir les statues à gaines , c'est-à-dire donner à tous les « hommes le mouvement et la liberté.
« Le moment où l'essence humaine commença à " se détacher de la vie universelle pour revêtir les K facultés d'une vie qui lui fût propre est un mo- < ment cosmogonique, le même que celui de la di- " vision des sexes pour l'homme.
«La division des sexes, pour l'homme primitif, « devait être le type de la division des classes, pour « les sociétés humaines primitives.
« Vouloir, ne pas vouloir, vouloir à des degrés « différents, furent les marques de cette division des « classes.
« La volonté s'essayant à se rendre indépendante « de la vie universelle serait donc la véritable ori- '< gine du mal. Le lait de la mère, le regard de ses « yeux, la parole de ses lèvres, sont les antiques tra- « ditions trop tôt oubliées par l'homme. Telle est,
.<(lii moins aiiiMiil ({u il est permis de reiitrevoir, '« rori{;ine ilu iiiiil dans la sj)li<r(' de lliomme; la «cause du mal est impénétial)le. ()r|)liee nous a « enseijpie (jue le mal est conditionnel, ([iie le l)it;n " seul est absolu.
i< Ltait-il nécessaire ((n(> riioninu; sortît de l'unité « j^énérale pour parvenir à la responsabilité, pour «conquérir Tattrihution de ses actes, la faculté tie «mériter ou de démériter? Grande question (pii « s'agite sans fin parmi les sages des Pyramides!
« Dieu est tri-un; Thomnie est triple, et doit as- « pircr à devenir tri-un. Auparavant il faut à l'iioni- « me un guérisseur.
«Tout ceci est une loi éternelle, incessamment « évolutive : voilà j)Ourquoi il est vrai que Vessence « humaine non seulement est tout à-la-fois ancienne «et nouvelle, mais, de j^lus, (juelle est aussi, en «même temps, manifestée et en puissance d'être. « Elle est, et pourtant elle-même doit contribuer à « sa raison d'être.
« C'est à ce point sans doute que l'on découvrirait « ce que fut la fiiute, ce que furent la promesse et «le pardon. Toutes les traditions mêlées et confon- «dues forment, sur ce point où elles aboutissent, «un nuage que notre intelligence est inhabile à " pénétrer; attendons d'autres lumières.
« Thamyris, tu ne sais pas encore quel est le génie
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«que tu dois transporter dans le Latium. Sera-ce « celui de rimmobilité ou celui du mouvement? Ce « n'est pas à toi à décider. On te le dira lorsque tu '< auras subi une autre épreuve, qui sera la dernière.
« Barbaria est le nom sacré de la contrée qui s ap- " pelle Euxonie, lieu de Tbospitalité , Hespérie, lieu « du coucbant, et que dès aujourd hui nous nom- '< nions d'un nom nouveau , Italie.
« L'Étrurie imposerait à l'Italie l'immobilité de " l'Orient. Le temps n'est-il point venu d'affaiblir le « j«énie stationnaire de l'Etrurie?
« Tu as pu le voir, Tbamyris, l'immobilité com- « menée à être ébranlée en Egypte... «
« Oui , s'écrie une voix terrible ; mais n'est-ce pas « là un grand signe, le commencement de la ruine «de rÉg^^pte? Prêtres des saints mystères, gardez- « vous de sanctionner une loi qui est la loi même « de la dissolution des empires. Un jour donc ces « grands monuments , qui font la gloire de l'Egypte, «c seront isolés au milieu des sables du désert. »
« Eh bien! dit le prêtre (jui me tenait captif sous «ses pieds, avons-nous reçu le pouvoir de nous «opposer à une loi immuable et successive? Est-ce «à nous à rendre stérile fincubation de l'Orient? « est-ce à nous à faire avorter la vie naissante de « l'Occident? »
« A ces mots , il ôtc ses pieds de dessus mon cou ;
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(M. nrordoiinant tU\ me relever, il iwc dil d'iillcr rerevoir m;i dciuièiv ('iJieiive, j)iii.s de reveiiii- nie sonmetlre ;ui\ ordres (jiii doivent uietre dcliiiitiveiiu'iit. don liés.
« J'obéis, et je ([iiittai I E};yj)te. .le devais y reloiiriier, mais il ne me sera j)as doniK' de la re\oir. "
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ORPHÉE