‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 165 sur 189 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

« grès de rintelligencc aident au progrès moral. » Il comparait ensemble la vie des sociétés humaines et la vie de Fliomme lui-même, toutes les deux, étranges et mystérieuses, avec des périodes analogues; toutes les deux finissant par la mort, qui n'est qu'une transformation. Il s'exprimait avec une vive ardeur sur toutes les législations locales, si insuffisantes, et qui, pour justifier la Providence, doivent faire place un jour à une législation générale, à une législation qui puisse embrasser tous les ordres, toutes les classes, toutes les familles, alors que l'essence humaine commencera son retour vers l'unité. Il indiquait sa mort prochaine, et il laissait échapper quelques notions indécises sur ce qu'il entrevoyait des destinées futures du genre humain, s'appropriant la terre, de ses destinées définitives dans une autre vie.

«Bientôt je me persuadai que le vieillard avait pu rencontrer Orphée, avoir des entretiens avec lui; car, même au travers de ses expressions les plus décourageantes, je sentais je ne sais quoi qui me reportait à une inspiration détournée et affaiblie. Je me mis donc à lui en parler, à signaler avec enthousiasme les profondes empreintes dont ce génie élevé a marqué tous ses pas, du grand nom ([u il a laissé dans les Pyramides. « Noble étranger, »ajontai-je, vos découragements me paraissent le

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fniit Jaitlil «le l>icn des cspônniccs f rouipres , do bien des oi)iiii()ns dc(;MCs. INlais eu dclaissoiiiciil des tentatives hmnaines n'est point intime en vous; néanmoins, s'il se communif[uait, il empêcherait tout mouvement vers la perfection. Ainsi ne fat point Orphée; sa confiance était |)leine, constante, inébranlable. Jamais le sort de Promcthée ne l'épouvanta. »

« Le vieillard sourit avec tristesse. « Thamyris, nie dit-il, tu le vois, je ne cherche point à communiquer les funestes égarements d'un esprit qui s'est brisé contre la borne de l'humanité; je me suis confiné dans la solitude, et c'est toi qui es venu me surprendre l'aveu de mes tourments. J'ai fait comme Prométhée dont tu parles, car la Scythie où il fut exilé est la région du silence. Sans doute, ce que j'éprouve est quehjue chose de si pénible, de si douloureux, que je suis trop disposé à aller encore au-delà du sentiment de mes souffrances. Oui , je crois que, pour soi-même et pour les autres, il est des pensées qu'il faut étouffer, qu'il faut éviter de réaliser par la parole. Retiens cette leçon. 8i l'homme individuel excite toute ma pitié, si je ne suis point rassuré sur l'homme collectif... Ah! n'outrageons pas davantage la Providence éternelle. Que la mort refroidisse graduellement toutes mes facultés, une puissance vit (!ii

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