LIVRE NEUVIÈME. 48i
« tu t'es levé devant lui ! voilà que son regard s'a- « breuve de toutes les splendeurs célestes !
«Quant à moi, infortuné, ce rideau brillant « n'existe plus pour mes yeux éteints, et cependant « je ne suis pas en présence des splendeurs célestes! 'Mais je ne me plains point; assez de clartés pé- « nétrent mon intelligence pour que je puisse me « consoler de ne plus voir le soleil , et attendre avec « calme la fin de mon obscur voyage sur la terre ! »
" Après quelques jours passés dans les larmes , le cœur serré de tristesse, je me décide à retourner en Egypte, pour faire aux maîtres de la sagesse le récit que vous venez d'entendre , ô vous , le dernier des rois pasteurs.
« Une femme daigna guider mes pas jusqu'au lieu où je devais trouver un navire. Je ne pouvais voir celle qui se dévouait ainsi à conduire un pauvre aveugle ; mais le son harmonieux de sa voix m'apprit combien elle était belle. La vive perception que j'eus de sa beauté me transporta dans la répion sublime où résident le bien , le beau , la vertu , la vérité. Je sentis la forme extérieure évanouie, et, a sa place, la forme idéale.
u Alors, Évandre, j'eus des notions moins confuses sur les objets les plus élevés; alors je conçus le temps faisant partie de l'éternité, identique avec elle. Le temps, en quel([ue sorte continu et immo-