S2 (MIPIII'K
bile, rendu ii|i|M('(i;il)l(' |>;ir hi siirccssioii de nos idées, |);ir les sij^fiiosquc nous attaclions aux idées, est indépendant de tontes ees elioscs. \jC eonis deK astres, les eyclcs astrononii(|nes iniafifinés par l'iionime, sont la mesure du temps, et ne sont pas le temps. L'éternité sans limite me Taisait comprendre Tesjiaee également sans limite. L éternité est le lieu du temps variable et successif en apparence, comme l'espace est le lieu des corps perpétuellement transmuables et palinfjénésiques. Les modes du temps et des corps n'ont de réalité que par nos sens fra^jiles et fugitifs ; mais nous-mêmes, nous ne sommes que par nos pensées et nos sentiments. Ainsi ma cécité m'apprenait les merveilles du monde où nous n'avons plus besoin de nos sens pour connaître; ainsi je comprenais comment, pour l'intelligence dégagée des organes, le passé, le présent, l'avenir, sont contemporains; ainsi enfin commen(^ait à se lever devant moi le rideau brillant des êtres, des éléments, de la nature variée, et infinie dans son admirable variété. « Ma cécité devenait donc une véritable initiation. Toutefois je ne pouvais être parvenu à cette lumière intellectuelle qu'après avoir connu celle qui colore tout sur la terre et dans les airs, celle qui fait nos jours et nos nuits. Mais cela même m'expliquait la vie actuelle comme une préparation à la vie future. Toutefois encore, souffie embaumé du