LIVRE NEUVIÈME
zéphyr, tu te jouais toujours dans mes cheveux, autoui- de mes tempes ; sons majestueux des oraf^es, murmures des fontaines, je pouvais toujours vous entendre; clarté des cieux, tu frôlais toujours légèrement les bords de ma paupière. J'étais toujours à moitié dans les songes du temps. Rideau brillant des êtres, des éléments, de la nature variée, et infinie dans son admirable variété, tu n'étais pas entièrement levé devant moi.
K C'est au milieu de ces tumultes de mon esprit que j'arrivai en Egypte, où je racontai les prodiges qui ont signalé la fin d'Orphée.
«Tu l'as vu, Thamyris, me dit l'hiérophante, «c Orphée, le grand Orphée a été sur le point de sucu comber à l'importunité de son ennui. La douleur «l'a précipité dans la solitude, et la solitude avait « presque éteint en lui le flambeau du sentiment « social. INIalheur à qui fuit les hommes ! malheur « à qui veut être seul ! Que l'exemple d'Orphée te « profite! Mais à lui du moins sa mission était finie. « Tout le bien qui devait être accompli par son gé- « nie était accompli. Et toi, Thamyris, tu as été « sur le point de te laisser aller au découragement, « quoique tu sois loin encore d'être quitte envers « les dieux et envers les hommes. Nous te l'avons « déjà dit, les dieux se sont réservé linitiation d Or- " phée. L'état de misère et d'affaissement où tu l'as
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<• trouve, sansdtmtcrliiif la (h'iiiii'jc «'piciivc qui lui •' fût réscM'vôe sur la terre, et les dieux out voulu le « secourir, car les forts cux-nicuies out besoin traj)- '< pui , pour ne pas être vaincus dans une lutte aussi " terri])le. I/liislorien des actes écrira dans les dij»- «' ti([ues des Pyramides la pensée (pii fut poui- ()r- " phée l'inspiration de sa mort prochaine, parce- «< qu'elle avait été l'inspiration de toute sa généreuse « vie, qui survécut à ses autres ])eusées, parcequ'eile «les contenait toutes, la grande et noble pensée « d'une législation morale, universelle pour le genre « humain. ï^t maintenant que fliomme divin a subi " la dernière, la vraie initiation , celle dont la nôtre « n'est qu'une image imparfaite, celle qu'il lui a été « donné d'entrevoir à son moment suprême, l'initia- « tien de la mort, vie véritable, procédons à son «apothéose, signe sacré pour les peuples. Qu'il « prenne place dans les rituels égyptiens avec Osi- « ris , Brahma , Triptolème , rilercule thébain , «Bacchus, Thot, l'éloquent Ogmius, Garanus, « qui est FHercule latin. »
«Puis, élevant la voix, riiiérophantc ajouta: " Sages de l'Egypte , sages des Pyramides , vous "VOUS êtes investis du droit de juger vos rois, de «juger les grands hommes; mais vos jugements «sont pour l'instruction des peuples, et vous les «prononcez à la mort seulement de ceux qui eu