‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 173 sur 189 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

« sont l'objet. La haute safjesse dont vous vous êtes «' rendus les orj'anes vous donne bien d'autres «droits encore. Il vous appartient aussi de jujjer « même les rois étrangers, dont la main vivante ne «s'est pas dessaisie du sceptre, attribut redoutable " du pouvoir ; il vous appartient enfin de juger les « dynasties royales de toutes les contrées de la terre. « Sages des Pyramides , je le dis en présence du «vieillard hébreu, il est assis parmi nous, pour « nous entendre, pour nous communiquer ses lu- « mières ; mais, nous le reconnaissons, nous n'avons « aucune direction sur son peuple, qui fut notre «esclave, qui a vécu parmi nos hiéroglyphes; ses « destinées , même dans ce temps , étaient restées « indépendantes de nous. Dieu s'est déclaré le chef « de son peuple, et nous n'avons point à examiner « la conduite d'un tel chef. Lorsque ce peuple aura «voulu être gouverné comme les autres nations, « alors peut-être nous nous reconnaîtrons le droit « de juger aussi ses rois. Hérauts de nos jugements, « que les dynasties royales soient citées à notre « tribunal auguste. Condamnons celles qui ont mé- « connu l'énigme de l'homme, méconnu les progrès « de l'intelligence humaine , méconnu les trans- « formations sociales. Sa{jes des Pyramides, vous le « savez , nos sentences idéales restent enfermées « dans nos souterrains. Nous ne faisons que voir,

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'< nous irapjissoiis j)()int. Notre arrêt n'est donc .■ (iniine inanitestation de ce <[ui est, la pensée réa- .' Usée par la |)arole. Nous cherchons avoir la pen- «« sée avant (pidlc soit devenue un acte; et voilà " toute notre science de l'avenir. Nous n'arrachons « point le sceptre à des mains Liop laibles p(mr le " porter; seulement nous le saisissons au moment '( où il est jirès de leur échapper, et nous élisons "d'avance celui en qui réside la force, celui ((ui a .. le sentiment des destinées nouvelles. Faibles dy- .' nasties, nous ne pouvons vous soutenir, nous vous '< laissons tomber. Qu'un prêtre lise le livre de Thot, '«où sont contenus les devoirs des rois, où sont " expliquées les éminentes prérogatives des dynas- •< ties royales. »

'< Un prêtre lut le livre de Thot. A chaque maxime du livre, le prêtre s'arrêtait un instant, et l'ancien des vieillards prononçait l'anathème contre le roi dont la conduite n'était pas conforme à la maxime. Il en fut de même pour les dynasties : à leur égard, les jugements sont de deux sortes. Les uns portent contre les dynasties dont la sève est épuisée connue les vieux chênes de Dodone lorsqu'ils n'ont plus la vigueur fatidique; les autres, contre celles qui ont cessé d'être en harmonie avec leurs peuples, car une dynastie est le principe social lui-même individualisé et personnifié; dès que le j)rincipe social

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