‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 186 sur 189 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Ue plus, aussi, la propriété, chose morale et sacrée, qui n'est pas le prix de la force, mais un don de Dieu, et ceci est une loi tout-à-fait primitive, la propriété est soumise à la même classification.

De plus, enfin, les mœurs {générales, dans chaque temps et dans chaque lieu, lorsqu'elles existent, sont formées sur cette échelle, qui devient en quelque sorte une échelle d'organisations distinctes entre elles. Dans cet état, on aperçoit à peine, au bas de l'échelle, des créatures humaines que l'on ne compte pas, parcequ'elles sont absolument en dehors des mœurs générales.

Voilà pourquoi la grande promotion , la promotion successive et graduelle, est la conquête de la responsabilité, de la connaissance de soi-même, de la conscience.

De là femblème du miroir dans les sanctuaires de l'Egypte.

De là encore la célèbre maxime du temple de Delphes : « Connais-toi toi-même. »

L introduction dans les mœurs générales de ceux qui en étaient exclus par la loi impitoyable des castes ou des classes finit par produire le droit commun.

Les barrières des castes, des classes, des ordres, s'abaissent, la propriété s'affranchit.

Quoi qu'il en soit, la faute avait fait riuslitiiliou

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(les classes; et la r<'(lciii|)ti<)ii , <|iii est coiitciiiporaim* de la Faute, produisis riiiitiatioii des classes, les iiiu's par les autres. C'est là \raiuieut le christianisuie que j'oserais iiommci cnsirio{;onic]uc.

L'abolition des classes et rafliauchisseuient de la propriété sont le résultat du christianisme évolutir.

Le christianisme antérieur a vu ses prophètes dans la fjentilité.

Orj)hée, d'après ma fable, serait ops et inojîs, initiateur et initiable , c'est-à-dire réunissant les deux natures que la déchéance et la réhabilitation avaient fait séparer dans rorif^ine.

Lorsque Orphée fut en pleine possession delà responsabilité, il fut sur le point de succomber. Telle est la cause de ses éblouissemcnts sui* la montafjnc de Dia, où il d('>posa sa dépouille mortelle: le temps était venu pour lui d'une autre lumière. Il fut abymé un instant au sein de l'universalité des choses : dans les idées des anciens, la folie était sœur de Ja divination.

Je vais continuer à suivre la chaîne uKif^nétique des traditions; je la suivrai non dans la série des événements extérieurs du genre humain , mais dans la série des événements secrets de l'esprit huniain. Ces deux séries sont toujours parallèles l'une à l'autre.

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Le fait cosmoj^oniqiie romain sans doute n'a pas été complètement mis en évidence par moi: mais j'ai peut-être montré de loin le nuajje mystérieux dont toutes les origines restent enveloppées.

Nous le verrons mieux lorsque nous pourrons le suivre dans son évolution successive et gigantesque. Les conséquences aperçues aident à deviner les principes inaperçus.

Nous nous sommes approchés de la région idéale où le mythe et l'histoire sont choses identiques. Nous allons faire quelques pas de plus dans cette carrière; et nous verrons, sans nous décourager, l'horizon des origines se reculer devant nous.

Nous pouvons soupçonner à présent corajuent est née cette constitution patricienne, si forte, si énergique, si puissante. Elle n'a point été importée par la conquête, ni imposée par la force; c'est quelque chose de bien plus irrésistible, et en même temps quelque chose de bien majestueux : c'est un décret divin.

Remarquons, pour notre haute instruction, que nous retrouvons ici un témoignage de la déchéance de l'homme, de cette déchéance antique, racontée dans toutes les annales poétiques et histori((ues. Nous en poursuivrons la preuve dans les replis les plus profonds de l'institution romaine primitive.

Oui, par- tout l'humanité se présente à nous

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comme ayani sii])i, dans sou ossencc niônic, une {jraiidc altcrafioii.

CiCttc altération ininicnse nt intime fnt considérée, par la croyance nnaniniedes j^enj^les, comme une maladie (|ni devait avoir ini ternu;, et])OUf laquelle iIsnOnt jamais cessé d invo(|uer des fjnérisseurs.

Orphée lut un de ces f>uérisseurs; et, dans les catacombes des piemiers chrétiens, Jésus-Christ lui-même fnt représenté queUfuefois avec les attributs d'Orphée.

Caton écrivait que les lois furent d'abord dites morès.

La loi-mos que la sibylle voyafjeuse cliantc devant Thamyris et Évandre est l'aïeule de la loi des XII Tables.

Un jour cette loi des xii Tables nous fournira des textes analoo^nes. Le mot siremps, expression solennelle, quoi([ue détournée de son sens antique, nous racontera l'espérance, jamais perdue, du retour à la santé, du retour à l'unité d'essence; la pensée de la restitution de l'être a été cachée sons différents voiles, jusqu'au moment où elle a paru dans sa ma{ynifique réalité.

Prométhée et Orphée, dès les temps les plus reculés, ont eu chacun une statue sur les collines de Rome. On eût dit que les imaj^es de ces deux

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emblèmes de l'émancipation devaient assister aux développements du germe fécond dont ils furent crus dépositaires.

Prométliée, c'est le {jénie personnifié de l'OcciTdent : le Gapitole redeviendra le Caucase.

Parviendrons-nous à voir plus tard les destinées du peuple romain, comme celles d'un seul homme, se développer dans une série d'épreuves et d'initiations, n'arriver à un def;ré qu'après avoir franchi le degré précédent, rétrograder lorsque l'épreuve aura été au-dessus des forces de l'adepte?

Comment Rome a-t-elle été élevée dès l'origine au rang de ville éternelle , car ce nom est celui d'un grade? Les villes éternelles, qui étaient les villes sacrées, pouvaient seules avoir un asile.

Ogygie fut le nom sacré de Thébes, comme Romula ou Valentia fut le nom sacré de Rome.

Remarquons toutefois qu'Ogygie fut uu nom générique. Orphée a dit dans ses hymnes : La loi est céleste ; Ogygie est le sceau du juste.

Montesquieu s'étonne du rare bonheur qu'eut Rome d'avoir été gouvernée d'abord par sept rois qui , dit-il , furent tous de grands hommes.

Ils sont bien plus que des grands hommes, puisqu'ils sont des personnifications.

Plusieurs empires anciens eurent également sept personnifications pour premiers^i'ois. Rome, tlu

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iiioiîis rcl.i me pnrnît ainsi, Rome csf la dernière \illc (II- I .mcicMi iiioikK; civil (|iii ait revêtu cette loniic primitive, si semi)lnble à une loi {générale. Aussi, pour elle, ces ])crsonniHca lions sont-elles eu même temps liistori([ues et mytliicpies.

Le caleniliier contient toujours l'histoire f^énésia(|ue duu peuple; et cette histoire génésiaque finit par être le calendrier lui-même.

La Théséide fut un poëme astronomique.

Toutes les Arfjonautiques furent des poëmes du

même [^enre.

Cest que les emblèmes religieux et les emblèmes sociaux sont unis dans le ciel.

IjC christianisme, loi générale du genre humain , n'a fait que revêtir cette forme générale de l'humanité ; le savant Dupuis aurait dû reconnaître à ce signe la vérité du christianisme.

Au point où nous sommes parvenus, il est permis de dire que l'institution romaine primitive est en même temps le dernier anneau de fOrient et le premier anneau de l'Occident.

Mais hâtons-nous de voir que, dans cette institution aussi , tout est en puissance d'être avant de se manifester en acte, que tout existe cosmogoniquement avant d'exister historiquement. Nous savons déjà que sept tertres hiéroglyphiques ont précédé les sept collines; nous savons encore que les sept

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