LIVRE DEUXIÈME. i
inents devenus de doiiloii relises étreintes, parce- ([u ils semblaient toujours devoir être les derniers. « Le courage élevé du vieillard ne le mettait pas à l'abri de toute inquiétude. Son front calme déguisait des soucis cuisants. Sans doute une raison , qui est restée mystérieuse, dirigeait sa conduite. Lorsqu'il était seul avec Orpbée, il cherchait à pénétrer dans les profondeurs de cette ame formée pour de si grandes choses ; il cherchait à y pénétrer par les analogies de ses propres pensées, par 1 identité de ses propres sentiments. « Orphée, lui disait-il « un jour, je ne sais quel secret est dans ton nom ; « c'est comme un secret de mort. Tu as appris à me «connaître, poëte inspiré, et tu dois savoir que je « ne suis point de ces mortels pusillanimes qui re- « culent devant le malheur; mais je suis père, et «j'ai besoin de m'éclairer sur l'avenir de ma fille. " Dis-moi tout ce que tu sais de ton origine ; peiit- « être parviendrons-nous à expliquer ce qu il y a " d'obscur dans tes destinées. J'ai cru lire sur ton « front le sacré caractère dont les dieux marquent « ceux qui sont nés pour commander aux hommes , «pour leur donner des lois, pour fonder parmi « eux des institutions durables. La lyre est la pro- « priété aux confins célestes; les cordes de la lyre « sont les lois religieuses et civiles ; le serment par la « corde de la lyre lie les hommes entre eux , et les