LIVRE TROISIEME
(le la Saiiiothrace. « Aux hommes épars, qui errent « sur la surface de cette île, sans demeure et sans "loi, il faut, dit Orphée, un nom collectif qui les « fasse être un peuple, et qui ensuite les distingue " des autres peuples , lors([u'ils seront réunis par le " même lien social, par le même lien religieux. Qu'ils « soient dès à présent les Pélasges ! race puissante et «civilisatrice, dont l'unité forte et typique se trans- « mettra bientôt à des nations nombreuses , toutes •< semblables entre elles! » Ce nom de Pélasges, roi pasteur, est déjà un nom illustre pour vous. Les Pélasges n ont-ils pas laissé d'ineffaçables empreintes sur le Palatin où nous sommes à présent? N'ontils pas habité i'Arcadie, votre ancienne demeure? Ainsi leurs brillants essaims dès l'origine semblent se confondre avec l'origine des choses. On dirait qu'ils sont un peuple cosmogonicjue comme les Titans.
« Orphée voulut commencer sa paisible conquête par les doux accents de la musi([ue. Aussitôt donc il prit sa lyre, et se mit à en tirer les accords les plus propres à émouvoir. Eurydice y joignit les sons de sa voix ravissante. Elle chantait les bienlaits des dieux immortels, Tordre naissant du chaos, lliarmonie dés cieux et de la terre, l'homme destiné à sentir et à reproduire cette harmonie, le charme des affections domesti(pics, des sympathies