‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 63 sur 189 · LIVRE QUATRIÈME. l'^i · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. l'^i

"lieux, où je vous ai surpris, étaient -ils autre « chose qu'une première secousse donnée à vos fa- « cultes jusqu'alors ignorées de vous-mêmes? Vous « ne tarderez pas de savoir que le commerce et la « guerre sont des voies de civilisation. L'état social « manifestant les besoins de l'homme , et partageant « les moyens de les satisfaire entre ceux qui sont " réunis dans l'association , il en résulte un échange « nécessaire pour répartir les fruits des travaux di- « vers dans la même contrée. De là le commerce « dans Tintérieur d'un pays. Cette cause, et celle qui « résulte de la variété des productions qu'offrent les " différents climats de la terre, formeront bientôt le " commerce extérieur. L'Asie et l'Europe commen- « cent à se mêler. Il viendra un temps où nul cli- « mat ne sera étranger l'un à l'autre, où toutes les « mers se communiqueront entre elles. La guerre « elle-même, qui semble être le résultat de la bar- « barie d'où vous sortez , est quelquefois un effet « terrible de la civilisation, et sert à ses progrès. Elle « produit des circonstances qui obligent l'homme à « connaître, à déployer des sentiments d'un autre «ordre, à braver les dangers, à faire le généreux « sacrifice de sa vie, non par dédain pour l'existence, « mais par vertu. La guerre aussi est un échange de « facultés et de sentiments. Mais il sortira de la «guerre une autre sorte de justice; clic sera sou-

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«( inisi' à dos rê{;k;s; les dieux seront pris à (CMiioiii «avant de la coniiiiciicer; elle se déclarcr;i |i;ii des << hérauts invi«)l;il)k's; hi paix (pii la suivra sera ci- « uieutéc j)ar des allianecs, ])ar la foi jurée; lluMua- « nité triomphera d un courage hrutal; le vaincu ne « sera point misérablement égorgé ; enfin il y aura « un droit de paix et de guerre, uti droit fjui régira « les peuples entre eux, connue dans cha<|ue ])eu- « pie il y aura un droit qui régira les rap|)orts des «< hommes d'une même association ; et cette asso- « ciation sera la patrie. La propriété, la famille, la « patrie , le pouvoir , l'obéissance , sont créés en « même temps; et toutes ces choses contiennent à-la- « fois mille douceurs et mille amertumes , sont des «gages tour-à-tour d'agitation et de tranrjuillité. " Ceci , je vous le dis dès à présent, pour ne pas vous « laisser ignorer (jue le calme dont vous vous ré- « jouissez avec raison ne j)eut être durable. L'état «social n'est point un état de repos; c'est le plus « souvent un état d'orage et de grande souffrance; « c'est un moyen employé par la providence des « dieux pour perfectionner l'homme. Le bonheur « n'est pas le but de la race humaine. »

«Pendant rpie le poëte prophète me dévoilait de "telles destinées, il ne me semblait point rpi'il me «racontât des choses nouvelles, mais bien plutôt « qu'il réveillât en moi des souvenirs profl^nds qui

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