‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 70 sur 189 · TOME IV. iG · texte numérisé non relu

TOME IV. iG

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liii loncontrc des deux armc(!s (ïit comme la iciicoiitre de deux pliénoiiiéiies épouvanta hies, de deux trombes inanimées. Le désordre des éléments \^ut ajouter à l'illusion terrible d'un tel souvenir. La tempête parcourait Tbori/.on sur son cliar de feu. Mille tonnerres retentissaient au loin sur le lUiodope et sur l'Hémus. Des nuages noirs d'épouvante semblaient ramper le long de l'Hébre. Mille fîintômes sortaient des vallées silencieuses. Des voix couraient en gémissa,nt; on ne savait si c'étaient les voix des dieux de la peur, ou celle des bétes affamées. Les cris des barbares dominaient tous ces bruits effroyables. Jamais on ne vit un tel dédain de la vie. T^a vie en effet ne pouvait avoir rien (pie d'odieux pour des peuples sans avenir, sans espérance, sans lien social. Après la première mêlée, lorscpie les Thraces eurent épuisé leurs flèches, ou brisé leurs lances et leurs javelots, et que le combat devint un combat corps à corps, l'infériorité se déclara pour le peuple qui apprenait à estimer la vie, car il n'Y avait encore rien de généreux et d'élevé dans des hommes si nouvellement appelés à l'état social. Le sentiment de l'amour de la patrie, le sentiment de la gloire, nolile compensation du danger, ne seront développés que dans l'âge suivant. Dans ^ l'âge suivant, pour la première fois, les poètes tresseront des couronnes immortelles, mais il faut au-

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