‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 74 sur 189 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

telle sera la grande divinité des peuples divers de la Thrace ; et leurs banquets seront encore de funestes images de la guerre. Mais leurs batailles ne seront plus un aveugle carnage, sans renommée, d hommes sans noms, proie obscure de vils animaux. «

«Roi de la colline carrée, qui m'avez accueilli dans, votre cour, continua Thamyris, vous connaissez maintenant les choses que j'avais à vous faire remarquer sur cette partie de mon récit. Sans doute le peu de bien que j'ai pu faire en Thrace sur les pas d'Orphée, et avec le secours de sa lyre fatidique, a été cause que je ne vous ai point été complètement étranger lorsque les dieux m'ont conduit devant vous. C'est aussi ce qui vous a fait croire que j'étais né dans la Thrace. Enfin c'est la même raison encore pour laquelle j'ai pu être considéré comme un disciple d'Orphée luimême. Ma naissance au reste est peu importante, et je ne suis rien par moi. Ma destinée est .dans mon nom, qui signifie voix harmonieuse. Mes inspirations ne sont pas puisées au fond de ma pensée; les dietix ne m'ont pas accordé un don si magnifique, et je ne suis qu'un reflet de la lumière.

«Musée vous en apprendrait davantage; Musée

2JO OKIMIEE.

« vous réciterait les chants crOrphée; mais il ne i< subsiste do lui <|nc son nom. "

Lvanche remerciait son hôte illustre des Ijeaux récits dont il enrichissait sa nicmoire; il lui demandait des explications nouvelles que Thamyris s'empressait de lui donner toutes les fois que sa propre science n'était pas en défaut, car il n'avait pas l'intention de rien celer au roi pasteur. C'est pour([uoi il crut devoir revenir sur une circonstance extraordinaire qui avait si(}nalé la première bataille des Thraces, le peuple de Mars. Évandre eût voulu savoir si la Voluspa qui s'éleva du milieu de cette bataille, et qui, pour ces nouveaux guerriers encore à l'état d'arimaspes, fut comme une apparition fantastique, était ou une mimallone soudainement illuminée par l'inspiration de la lyre, et transformée^ l'instant même en sibylle, ou l'une des suivantes de Bacchus, déjà depuis long-tenqjs sortie des rangs des profanes par quelque initiation antérieure, ou enfin si les barbares avaient été trompés par une illusion. Œagrius n'avait pu dire plus qu il n'avait dit, et Thamyris se trouvait dans la nécessité de ne donner aucune explication à ce sujet; seulement il priait Évandre de remarquer que la Providence, et non la sagesse humaine, préside aux commencements des peuples. «Les barbares, " ajoutait-il, ont toujours (jueUpie chose de sacré et

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