‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 75 sur 189 · LIVRE QUATRIÈME. 25i · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. 25i

« d'obscur dans leurs traditions, dans les premiers « événements de leur histoire, et d'ailleurs, soyez-en « certain , les merveilles et les prodiges ne man- «quent jamais pour Taccomplissement d'un décret « divin. »

Le poète ne pouvait pas parler sans cesse d'Orphée; le roi l'interrogeait aussi sur Hercule, autre bienfaiteur du monde. « Hercule, répondait Tha- « myris , n'avait point reçu des dieux le pouvoir de « façonner l'homme ; il dut attaquer par la force « intelligente les forces non intelligentes de la na- « ture, pour les rendre plus dociles à la volonté et « aux travaux de celui qui était appelé à recueillir « l'héritage des Titans détrônés. Les serpents et les « lions furent des jouets pour les robustes mains « d'Hercule enfant. Il luttait corps à corps contre « les fleuves , pour les obliger à répandre la fécon- ' dite et non les ravages sur leurs bords. Les cent "tètes de l'hydre furent abattues par lui; c'est-à- " dire qu'il livra à la culture les marais de Lerne, «d'où s'échappaient des vapeurs pestilentielles, et « ([ue le laboureur n'aurait pu remuer sans mou- <• rir. Il vainquit Antée et les brigands. Vous ap- <i prendrez plus tard par moi, sage Évandre, que il l'homme est condamné à faire la terre où il veut « habiter, à faire l'air et le climat. Ce Vélabre, roi u modeste, marais stagnant qui baigne vos colli-

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« lies, sera de même un jour comblé; car, vous le » savez, il en soil (|iul»|uelois de ftiuesles émana- " tious. Les troupeaux et les j)asteurs jiérisscnt; cl " ce sol, si admiiablement riche et beau , ne peut « être habité sans danp,er. Evaudie, les dieux n'ont « pas livié .{gratuitement la terre à son noble p(js- «< sesseur. Oui, c'est avec raison, excellent prince, « que vous avez élevé des autels à Hercule , puis- « ([u'il a enseipjUé à riiomme ([ue sa vie est une vie « de combat, de combat sans relâche. Le p^éant An- « tée ne peut être étouffé qu'en le soulevant de «< dessus le sol, toujours rebelle à la culture. Iler- '< cule a traversé rimmense forêt de la terre inculte, «riche dune sauvage fécondité, et a ouvert parie tout un large sillon de défrichements. Allons donc '< au grand autel d'Ilcrcule; allons aussi à l'autel non « moins sacré deFéronia, déesse généreuse de ceux « qui, guéris de leur infériorité originelle, devien- '< nent des hommes libres a[)rès avoir acquis la « capacité du bien et du mal, de ceux qui sont par- « venus à la dignité humaine, et dont les enfants

" seront nigenus.

«Je vous ai dit, Évandre, que les jaloux patri- " ciats avaient succédé à l'empire des Titans. Les « travaux imposés par Eurysthéc à Hercule sont « l'emblème admirable de cette initiation sévère. « Eurvsthée est le grand patricien du monde civil

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