‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 95 sur 189 · DU LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

DU LIVRE SIXIÈME

Ici encore lutte de l'épopée et de l'histoire.

Les puissances cabiriques , c'est-à-dire les facultés industrielles primitives , en d'autres termes , les forces humaines appliquées soit à Fessartement , par le feu, de la grande forêt de la terre , soit à la première extraction des métaux ; ces puissances , ces facultés , ces forces , tantôt agents cosmogoniques , tantôt génies magiques, selon qu'il s'agit d'organiser la surface du globe ou d'en pénétrer l'intérieur; ces puissances, ces facultés, ces forces divinisées par la poésie , rendues à l'hmnanité par l'histoire. Dans cette spithèse, lieu véritable de la lutte, la muse de l'épopée et la muse de l'histoire échangent et confondent leurs attributions : c'est alors que l'on voit les profondeurs de l'horizon de l'humanité rapprochées par les merveilles réunies de la perspective poétique et du symbole.

Ainsi s'expliquent les gi^andes épopées indiennes.

Ainsi M. le baron d'Eckstein vient d'expliquer les époj)ées du moyen âge , celles qui ont précédé les épopées héroïques et chevaleresques. {Catholique, n° 4^' ^^" cembre 1829.) Il est bien remarquable en effet que ces épopées aient, comme les poëmes antiques, pour dernière hraite de leur horizon les mêmes puissances cabiriques.

C'est que, par une loi de l'esprit humain, à chaque éj)oque, l'homme veut reconquérir tout son passé, pour

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SI' l'assiinilcr (1(> nomcau. Sa pciiséc; et son iiiiaj;iiiali()ii , t<>ii|ours i(l('nti(|ii('.s à t'ilcs-niêmcs, soiil l()ii|()urs occiijK'es à peindre ou à scriiler ses ()n(;iiies.

Sans (loule M. Fabre-d'01iv(;t avait j)ris dans le Hainayana l'idco de cet empire universel d(! Ram , par lequel il a foit conmiencer riiistoire de l'iinmanité; el cette idée, il voulut l'ajuster à la ehr()n()i()f;i(; de Manetlion. Mais ce n'est |)oint ainsi <]ue l'on transforme l'Iiistoiic idéale en histoire positive. Peut-être M. Fabre-d'C )li\('f avait-il des documents scientifiques qu'il se proposai l de nous faire connaître plus tard.

Nonnus s'est servi de la personnification tc^lUî <|n elh; lui a été fournie, sans s'inquiéter de lui restituer sa forme réelle : au contraire il a exa^jéré le syml)ole.

Le plus beau monument d'mi des plus beaux jjenies qui aient jamais honoré la nature humaine, l'Atlantide de Platon, devait être dans une domiée analofjue à celle qui est la mienne. Mais que signifie cette fable des Atlantes menaçant d'envahir l'ancien monde, et dont les ancêtres des Athéniens arrêtèrent les progrès? Platon voulut-il flatter la démocratie d'Athènes, comme Virgile plus tard voulut flatter l'empereur Auguste?

Quoi qu'il en soit, au temps de Plutarque, la plus grande partie de cet admirable poëme en prose était déya perdue.

Dans ma fable, l'Egypte ne représente pas rOrient, mais le remplace.

Que le lecteur ne soit donc pas étonné si les créations cyclopéennes de la Grèce et de l'Italie se trouvent presque effacées, et comme perdues au sein de cette sorte d'horizon oriental.

ORPHÉE

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LTYRE SIXIÈME.

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