LIVRE 81X1ÈME. 3o
vous ai dit Je la Gadniée, de ces enceintes sacrées, dont le sulcùs jjrimipeniùs forme la limite inviolable, et qui enferment à-la-fois la Thébes profane, rOgyj^ie mystique. Pour TËjoypte, les Titans n'ont point brisé de rochers, nont point éteint de flammes souterraines ; il n'a point fallu essarter .graduellement de vastes forêts , pou r y faire pénétrer le jour ; le sol tout entier a dû être créé par l'homme avant qu'il pût s'y établir. Au-delà ne sont pas des bois, séjour de l'antique obscurité , du terrible silence, mais ou les sables du désert, ou les flots des mers orageuses. Roi pasteur, ne soyez donc pas étonné si tout mon être, si toutes mes facultés, ont été bouleversés par l'aspect seul de l'Egypte.
•«Sans doute, vénérable Evandre, lorsque vous êtes arrivé dans ces lieux, vous avez été tout surpris de heurter des débris à chaque pas. Vous vous attendiez peu à ces traces encore subsistantes de générations successives qui vous eussent précédé. L'exilé de la région anté-lunaire ne devait pas croire en effet à ces ouvrages des hommes qui, avant lui, avaient succombé dans une lutte inégale contre les ravages des volcans. Je vous ai raconté que j avais éprouvé le même étonnement dans la Samothrace, lorsque je voulus interroger la sibylle du vieux monde.
'•Mais ces monuments, qui nous ont paru si
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considéra Mis à nous cl à moi, et (| ni nous oiif (Iollll(• mu• U'ilo iilcc (le puissance , <|iic scraiciit-ils comparés à ceux dont IM'jiyptc est couverte? Ces citadelles phéaciennes, ces nids d'ai(',les sui- les rochers, c[iic seraient-ils devant ces masses imposantes, ces édifices };i[;antesqucs, (jui étalent tant de niafinificencc à l'intérieur comme à l'extérieur?
« Yous avez souvent ouï ])ar!cr, roi pasteur, des pyramides (pii surcbar|;ent cette terre limoneuse, devenue la terre des merveilles, contrée sounjise à des dynasties de dieux avant d'avoir fléchi sous des dynasties de rois; on vous a parlé de ces temples, de ces obéliscpies, de ces palais, de mille prodif>es qui ne laissent jamais reposer l'admiration. Mais ce qui étonne le plus, c'est que tout est symbolique, cl qu'on a de suite un «Sentiment indéfinissable de ces créations symboliques, manjue véritable d'une intelli{Tence peut-être divine en effet. La lan^rue présente un sens mystérieux et un sens littéral, un sens cacbé et un sens découvert, un sens profond et un sens superficiel ; les monuments sont euxmêmes toute une langue emblématique. Les ap])arences voilent toujours des réalités. Le Nil aussi, père nourricier de TÉgypte, par le secret dont il couvre sa source ignorée, paraît être une image rapide et vivante des traditions qui se perdent dans la nuit des temps. On dirait qu'avec sa vase féconde