PREMIÈRE PARTIE
tl'iiii roi rôservé au supplice, au nom d'un roi qui n'avait plus à répandre que des malheurs pour grâces! Hommes dignes de tous nos respects, quavez-vous à dire aux bourreaux de I^ouis XVI ? Qu'y a-t-il de commun entre vous et eux? Ah! vos discours seront simples et modestes comme il convient lorsqu'on remplit une mission du juste qui n'est plus roi, mais qui est le premier des mortels, et dont la place est toute prête dans le ciel. Ils ne se plaindront point; ils ne protesteront point contre l'iniquité de l'arrêt ; ils ne déposeront point l'amertume de leurs accusations au pied du trône éternel de celui qui juge les justices: toutes paroles qui eussent été vaines et triviales dans de pareils moments! Les consciences savaient plus de choses qu'on ne pouvait leur en révéler.
«Quelques jours auparavant, Louis XVI avait interdit à ses défenseurs la faculté d'employer les ressources de l'éloquence ; moyens qui sortaient naturellement d'une telle cause, si c'eût été en effet une cause, s'il se fût agi du triomphe ordinaire de l'innocence et de la justice momentanément voilées de quelques nuages. Il leur avait fait supprimer la péroraison de sa défense, parcequ'elle était trop pathétique et trop touchante. Il n'eût pas voulu descendre à attendrir les juges que le crime lui avait donnés. Lors donc que les défenseurs de
M\G Î.IIOMME SANS NOM.
[iOiiis XVI se picsentciit pour la dernière fois, ils contiennent encore leur ame clans les limites du ne simple discussion : toujours fidèles aux instructions de leur auguste client, ils se bornent à remarquer la faible majorité qui a suffi pour le condamner, et l'incertitude même de quelques uns des votes; ils se bornent à remar([uer de plus que les formes admises pour les jufifements criminels exi^jentun plus {^raïul nombre de voix contre un accusé; et ils concluent de toutes ces remarques la convenance plutôt que la justice de Tappel au peuple. Quehjues lijjjnes écrites par Louis XVI lui-même contiennent cette demande exprimée avec les termes du barreau, comme aurait fait un simple particulier devant des ju^res communs à tous, pour en appeler lé^jalement à un tribunal supérieur. Cet acte est terminé par lexpression noble et pure de sa persévérante confiance dans les anciennes affections d'un peuple que le malheureux monarque a aimé jusqu'à la fin. Mais cet écrit ne contient ni plainte, ni regret, ni pensée de ce qui fut, ni retour vers le passé, ni recours à l'avenir. Cet acte enfin ne semblait avoir été écrit par lui que dans un sentiment tout-à-fait désintéressé de ses propres infortunes , seulement pour décharger la nation d'une si redoutable solidarité, et la faire peser tout entière sur l'assemblée coupable, i'iicore eût-il voulu , en la couvrant elle-même de